• Mercredi 

     Gunther se rendit tout de suite compte de la difficulté de son état le lendemain matin. Dans la nuit, son ventre avait encore augmenté de volume et il se traîna quelque peu pour aller travailler. Il se jura également , quand il retournerait dans leur propre dimension, de ne plus faire aucune plaisanterie sur les femmes enceintes....  

    Jour 11 et jour 12

     Au retour de son travail d'artiste, Macha reçu un appel d'Aélie. Elle l'informait de la réunion de son Convent chez eux. Ah aussi de préparer à manger. Et pas de viande merci. 

    - Non, mais elle me prend pour qui, là ? Sa bonniche ? 

    Après cette explosion de colère, Macha redevint inquiète. Elle se demandait bien ce que présageait cette réunion à leur demeure. Ce n'était certainement pas par amabilité. 

    Jour 11 et jour 12

     Heureusement que son contrat avait permis de renflouer un peu le compte. Elle put ainsi acheter une table pour manger dehors. Ils ne rentreraient certainement pas tous dans le cabanon.  

    Jour 11 et jour 12

     Les membres du Convent d'Oaz arrivèrent vers 19 h. Macha fut surprise de ne voir quasiment que de jeunes adultes, il n'y avait pas du tout de personnes âgées. Mais pour autant, du peu qu'elle put leur parler, ils avaient l'air compétent, enfin c'est l'impression qu'ils donnaient. Aélie lui expliqua le pourquoi de cette réunion ici. 

    - Nous venons vérifier l'état de santé de Gunther ainsi que celui du bébé, savoir si tout ce passe bien. Vous n'êtes pas de notre monde, nous devons surveiller cela au mieux.

    - Et veiller également que nous partions pas à la sauvette ? 

    - Il y a un peu de cela aussi... 

    - Cela fait plaisir.

    - On est jamais trop prudent. 

    Jour 11 et jour 12

    Aélie rentra dans le cabanon pour voir Gunther. Celui-ci était en grande conversation avec celui qui était préposé aux Archives du Convent dans ce monde. 

    - Nous avons récupéré les archives des Convents fermés. Cela ne se passe pas ainsi chez vous ? 

    - Plus vraiment non. Nous sommes le dernier Convent de ce continent. Le reste des Archives a disparu avec les catastrophes naturelles. Nous n'avons rien pu sauver et c'est bien dommage. 

    - Ah je vois que vous avez sympathisé avec Aubel. La grossesse se passe bien à ce que vois. Le bébé devrait arriver d'ici deux jours. Vu le ventre que vous avez, c'est un bébé costaud, c'est bien. Il faut être fort pour vivre ici.

    Le visage de Gunther se ferma à ses évocations. Il avait du mal déjà avec le fait de porter un enfant et de penser à l'accouchement le traumatisait... 

    Jour 11 et jour 12

    Cela le tracassa tellement qu'il se releva dans la nuit pendant que Macha dormait  pour manger un petit bout et en espérant que cela apaiserait également ses pensées incessantes. 

    - Mon enfant... Que vas-tu devenir ?...  

    Jour 11 et jour 12

     

    ***********************************

    Emplois 

    Macha : Carrière artiste - 1/3 jours - jeudi/vendredi

    Gunther : 3/4 jours - Vendredi

    Evènement  : 17 - Fête des voisins - Raté.

    Fonds du foyer : 264 simflouzes.

     

    Jeudi 

    Une nouvelle journée qui était jour de repos pour Gunther et il était bien content car il n'en pouvait plus.

    - Non, mais comment vous faites vous les femmes pour supporter ça ?

    - On a pas le choix, Gunther, à ce niveau-là. Allez, d'après ce qu'a dit Aélie, demain c'est fini. 

    - Mais je ne sais pas m'occuper d'un bébé moi ! 

    - Hé, ne t'inquiètes pas, je suis là. je ne suis pas une sage-femme pour rien non plus. 

    Jour 11 et jour 12

    Sur ces dernières paroles, Macha s'en alla pour sa journée de travail et laissa Gunther seul. Celui-ci en profita pour faire un peu de ménage dans la cabane. 

    Jour 11 et jour 12

    Mais il s'arrêta bien vite car le mal de dos se fit vite sentir. 

    - Ouille, ça fait mal. 

    Jour 11 et jour 12

     Le son de son téléphone le fit sursauter. C'était Aubel, l'Archiviste du Convent qui tenait à le voir. Il lui donnait rendez-vous au café du quartier. 

    Jour 11 et jour 12

    Et là surprise, Aubel lui donna de l'argent pour l'achat d'un berceau. 

    - Nous savons que c'est compliqué pour vous ici. On vous aide un peu pour accueillir au mieux ce petit. 

    - Et ensuite, vous allez nous le prendre ? 

    - S'il a un Don, oui. C'est nécessaire pour nous, vous comprenez ? Peu de personnes naissent ici maintenant avec un Don. Ce qui est logique puisque nous avons perdu notre Esprit Planétaire. Il reste très peu d'énergies pour nous. 

    - Mais comment allez vous faire pour retrouver un Esprit ? 

    - Votre enfant sera un catalyseur. Nous mettrons en commun tous nos Dons pour qu'il les reçoive. Nous espérons que le signal soit assez fort pour nous faire entendre à travers le cosmos... De toute façon, il ne nous reste plus que ça... 

    - Mmmm... 

    Jour 11 et jour 12

    Gunther resta un instant songeur. Ce qui se vivait ici n'était finalement pas si éloigné de ce qui se passait dans leur monde. Ils n'avaient certes pas perdu l'Esprit de la Terre, mais il y a bien longtemps qu'ils n'avaient plus aucun contact avec Gaïa. Ce qui n'était pas mieux.

    Avant de prendre congés, Aubel souhaita toucher le ventre de Gunther. Il eut un sourire émerveillé. 

    - Cela fait tellement longtemps qu'il n'y a pas eu de naissances ici. Moi-même, je n'ai jamais pu en avoir. Mais je sens que ce bébé a plein d'énergie, c'est fascinant ! 

    Jour 11 et jour 12

    Gunther revint à la maison, bien silencieux et songeur. Il fit un vague signe de tête à Macha puis se coucha, très fatigué. 

    Jour 11 et jour 12

    D'un côté, il voulait se débarrasser de son fardeau mais de l'autre, il avait peur de laisser ce petit ici. Car il sentait qu'il n'aurait pas trop le choix à ce niveau. Et en même temps, n'était-ce pas leur mission de protéger la planète ? 

    Et sur ces dernières pensées, il s'endormit. 

     

    ***********************************

    Emplois 

    Macha : Carrière artiste - 2/3 jours - vendredi

    Gunther : 3/4 jours - Vendredi

    Chance  : 9 - Vieille dette : rajouter 100 simflouzes au foyer 

    Fonds du foyer : 431 Simflouzes

     

     


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  • Fin août – Maison Steiner

    La cérémonie débuta à l’aube, au moment où le soleil se levait, symbole d’une nouvelle vie.

    Lucrèce et Aurèle se trouvaient dans le jardin, en tenue de cérémonie et pieds nus afin de garder le contact avec la Terre-Mère. Ils se tenaient les mains, attendant que Macha, la Grande-Maître finalise leur union.

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

     Ils avaient auparavant effectué le rituel des quatre éléments : une gorgée d’eau pour se lier à l’élément terre, effleurer une mèche de bougie pour l’élément feu, manger un morceau de légume -racine pour l’élément terre et enfin, se soumettre au « baiser » des abeilles pour l’élément air.

    Aurèle releva la tête vers Lucrèce et lui jeta un bref regard. Elle était si belle avec ses cheveux relevés en un chignon et qui dévoilait son visage énergique et franc. Oui, Lucrèce était une belle personne. Mais pourtant… Pourtant son cœur battait pour une autre.

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

    Et alors, qu’il serrait tendrement ses mains, son esprit revint vers sa deuxième rencontre avec Amanda. Car ils s’étaient revus. Malgré eux. Parce que cette attirance était trop forte.

     

     ....

     

     Ils s’étaient retrouvés dans un petit bar, loin de Lenzasen et s’étaient réfugiés dans le coin le plus discret pour discuter. Ils ne pouvaient s’empêcher de se regarder, de se manger du visage, sans se toucher, car toucher signifiait succomber. C’est Amanda qui fut la plus pragmatique.

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

    - Ce n’est vraiment pas bien ce que nous faisons, Aurèle.

    - Quoi ? Quel mal faisons-nous actuellement ? Nous n’avons rien fait.

    - … Oui, mais dans ma tête, j’ai déjà trompé cent fois mon mari…

    - Amanda…

    Aurèle tendit la main vers elle, mais la jeune femme se recula aussitôt au fond de sa chaise.

    - Ne me touche pas !

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

     

    Le jeune homme poussa un soupir et se passa la main dans les cheveux, désemparé. Puis il reporta son regard vers celle qui hantait ses pensées depuis leur rencontre dans le Verger.

    - C’est quand même dingue cette histoire ! Je n’aurai jamais pensé avoir une attirance si forte envers une femme…

    - Cela arrive parfois entre Enfants. Je me souviens d’une histoire que m’avait raconté ma grand-mère : deux êtres que tout opposait et qui pourtant s’aimaient. Ils ont sacrifié famille et travail pour se retrouver ensemble. Résultat : ils ont fondé un nouveau Convent en Amérique du Sud. Mais ça, c’est la jolie histoire. Il y en a eu d’autres où cela s’est finit dans le sang… Je t’avoue que moi non plus, je ne pensais pas que cela m’arriverait cette… attirance. Il est dommage que cela ne soit pas arriver trois ans en arrière.

    Amanda eut une moue amère et ses yeux se firent vague. Il y a 3 ans, elle s’unissait avec Hendrick. Si elle avait eu une attirance aussi forte à ce moment-là, elle aurait envoyé valser ce mariage et au diable les conséquences. Elle n’aurait pas eu l’impression à cet instant que sa vie était un formidable gâchis.

    - Que va-t-on faire ?

    La question d’Aurèle fit revenir Amanda à la réalité et elle poussa un petit cri de dépit.

    - Rien. On ne va rien faire, Aurèle. Qu’espérais-tu ? Que d’un coup je dise à mon mari « non je ne veux plus de toi, Hendrick, je divorce » ? Et que l’on se mette ensemble ensuite ? Et tu dirais la même chose à Lucrèce ?

    - Et pourquoi pas ?

    - Allons, sois réaliste. Nous avons des obligations dans le Convent, des devoirs envers la Communauté.

    - Au détriment de notre vie personnelle ?

    - Bienvenu dans le monde réel, mon petit. Aurèle… Tu n’es plus un enfant. Tu sais bien comment cela marche entre nous, entre les Enfants. Pour le bien de tous, pour le bien de la planète, nous devons parfois effacer nos désirs personnels. Et puis… Tu es peut-être le futur père de La Source.

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

    Aurèle grogna d’agacement à cette dernière phrase.

    - La Source, la Source !!! J’en ai un peu assez qu’on la remette toujours sur le tapis. On ne sait pas si c’est la panacée La Source. Et qui dit que nous allons avoir une fille, Lucrèce et moi ? Peut-être que nous aurons un autre garçon. Et puis peut-être que l’Esprit de Gaïa n’existe pas non plus !

    - Mais enfin… Tu ne peux quand même pas penser cela !

    - Et pourquoi pas ?

    - Et nos Affinités alors ? D’où crois-tu qu’elles viennent ?

    - Je ne sais pas. Une sélection naturelle ?

    - Ah, franchement, t’abuses, Aurèle. Je vais te faire voir moi d’où il vient le pouvoir…

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

     

    De colère, Amanda lui prit le poignet sans crier gare et d’une secousse elle l’immergea dans le courant tellurique qu’elle sentait sous ses pieds. Il eut un sursaut mais elle le maintint plus fort et l’entraîna dans le courant pour finalement s’arrêter un peu plus loin, sentant un élémentaire à proximité. Et elle plongea dans le cœur de la créature, Aurèle à sa suite, touchant du doigt une particule de Gaïa.

    Puis ils reprirent leurs esprits, là où ils étaient. Commotionné, Aurèle regarda Amanda avec respect et un peu de peur. Elle le regarda dans les yeux et leva le menton, le défiant de dire quoi que ce soit. Mais ses mains tremblaient. Elle savait qu’elle avait abusé du peu de pouvoir qu’il lui restait et elle en paierait le prix demain en vomissant tripes et boyaux.

    - Alors, toujours sceptique ?

    - Je… Amanda… Qu’as-tu fait ?

    - Je t’ai simplement montré la présence de Gaïa.

    - Je ne connaissais pas cette façon de faire…

    - Il serait temps que tu grandisses, Aurèle. Et que tu t’intéresses plus à ce que nous sommes et à nos particularités. Tu ne peux pas tout le temps mettre des œillères.

    - Je… Alors, toi et moi, il n’y aura jamais rien ?

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

    Amanda poussa un soupir et le regarda franchement.

    - Aurèle… Notre attirance a moins d’importance que nos responsabilités dans la Communauté. Bien sûr que c’est triste, bien sûr que cela me désole moi aussi. Mais qui te dis qu’une fois la passion assouvie, cela ne soit pas un feu de paille ?

    Aurèle eut une légère grimace et voulut répondre mais Amanda leva la main.

    - Non, je ne veux pas t’entendre. Le mieux maintenant serait que nous nous évitions au maximum. Je te souhaite un beau mariage, Aurèle. Sois heureux.

    La voix d’Amanda avait légèrement tremblé mais elle était quand même résolue dans sa décision. Elle se leva ensuite et sortit du bar sans se retourner. 

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

     

     ....

     

    Aurèle revint au moment présent et à son mariage. Il serra plus fortement les mains de Lucrèce. Son avenir était ici, avec elle, avec son fils Donatello. Il devait y croire. Il devait se montrer digne de ses ancêtres et de son nom. 

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

    Macha paracheva la cérémonie et les déclara officiellement mariés.

     Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

    Ernesto, qui s’était tenu en retrait depuis le début de la cérémonie, vint vers eux et les enlaça tour à tour, heureux de voir son fils prendre enfin ses responsabilités et d’avoir une belle-fille aussi talentueuse que Lucrèce. Ce fut ensuite au tour de Gunther de féliciter les mariés.

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

     Le reste de la journée fut, pour Lucrèce et Aurèle, consacré à accueillir les personnes qui venaient les féliciter. Un buffet avait été dressé à occasion dans le jardin. Personne n’était tenu de rester toute la journée, contrairement à un mariage « normal », mais chaque membre de la communauté adressait un petit mot aux mariés et apportait également un petit présent. C’était le plus souvent un cadeau qui avait trait au don de chacun : Véra et sa mère Dora leur apportèrent des onguents à base d’herbes médicinales et Viviane leur apporta le miel du Verger.

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

     Il n’y eut qu’Hendrick Gotshein qui ne leur apporta rien. En voyant le couple, Aurèle se raidit quelque peu et se força à ne pas regarder Amanda. Il se pencha plutôt vers la petite Moïra qui accompagnait ses parents, habillée d’une jolie robe de fête.

    - Eh bien ma jolie, comme tu es mignonne dis donc. Cela te dirait de voir mon petit garçon ? C’est encore un bébé tu sais.

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

     Il guetta un regard d’approbation auprès des parents qui hochèrent la tête de concert. Il remarqua alors que Lucrèce était également mal à l’aise et affichait un sourire crispé devant Hendrick. Commençant à connaître la jeune femme, il se doutait qu’il y avait un contentieux entre elle et le médecin. Il se promettait de l’interroger plus tard.

    Le jeune homme entra dans la maison en tenant Moïra par la main et l’emmena devant le berceau de Don. La petite fille se hissa sur la pointe des pieds et eut un grand sourire en voyant le bébé. Aurèle voulut discuter un peu avec la toute petite fille mais il fut soudain interrompu par son père qui cherchait quelque chose. Il sortit donc de la pièce et ne remarqua pas la présence d’Ulrike et d’Audren assises dans le canapé. Celles-ci observaient attentivement Don et Moïra.

    La toute petite fille gazouillait et bavardait auprès du bébé. Don avait ouvert de grands yeux et observait attentivement Moïra. Elle lui toucha alors la main et il y eut un petit éclair. Moïra eut un hoquet puis se mit à rire. Elle tourna soudain la tête car sa maman l’appelait. Elle se détourna de Don et partit. 

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

     Audren et Ulrike se levèrent et s’approchèrent du berceau.

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

    - Le Chaos…

    - Comment ça le Chaos, Ulrike ?

    -  Je vois le chaos dans cette petite fille. Elle est innocente et pourtant que d’obscurité autour d’elle… Et puis cette attirance pour Don… Qu’ont donc les hommes Lothario pour inspirer autant d’amour ?

    - C’est peut-être à cause de Donatello 1er du nom qui a engendré le charme dans sa lignée. Pour ma part, je vois que Don sera une compagnie essentielle pour Moïra.

    - Alors, laquelle de nous deux aura raison ?

    - Ah ça… Nous le verrons bien, ma sœur. En attendant, revenons à la fête. Il y a des gâteaux au miel de Viviane et ils sont super bons.

    - Ah oui !

    Les jumelles quittèrent la pièce et laissèrent le bébé tout seul. Il gazouillait et tendait les mains en direction d’un rayon de lumière, absorbé par quelque chose que lui seul voyait…

    Chapitre 12 : Un mariage en demi-teinte

     

    Fin de la première période


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  • Début août – Demeure de Gunther Kessler

    Ce matin-là, Lucrèce s’était installée chez son parrain pour profiter de son accès internet car le branchement n’avait pas encore été fait dans la maison de ses parents. La jeune femme trépignait d’impatience devant la page qu’elle rafraichissait toutes les deux minutes. Son avenir se jouait aux résultats qui allaient apparaître ou non sur le site.

    Chapitre 11 : Troubles

     De l’autre côté, dans le salon, Gunther était tranquillement assis sur le canapé et buvait son thé. De temps en temps, il jetait un coup d’œil vers la porte où derrière se trouvait sa filleule. Il attendait lui aussi.

    Chapitre 11 : Troubles

     Et puis, il y eut un grand cri de joie et Gunther se permit un léger sourire. Lucrèce sortit en trombe de son ancienne chambre et enlaça vivement Gunther qui s’était levé.

    Chapitre 11 : Troubles

    - Je suis admise, je suis admise !

    - Félicitations ma chérie. Mais je n’en doutais aucunement tu sais.

    Gunther l’embrassa légèrement sur la joue et l’invita à s’asseoir sur le canapé à côté de lui. Lucrèce s’exécuta mais la joie qui l’habitait la faisait tressauter sur place. Elle accepta en souriant la tasse de thé que lui servit son parrain. Le regard de Gunther, toujours empreint de fierté, se fit un peu plus grave.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - Je suis vraiment content et fier de toi, Lucrèce. J’espère que ces 7 ans d’études te seront gratifiantes.

    - Je l’espère aussi, Gunther. Mon premier objectif est d’arriver à avoir le diplôme d’aide-vétérinaire dans quatre ans. Ensuite, je verrais.

    - Tu sais aussi que tu vas devoir faire un effort de discrétion quand tu seras à Strasbourg…

    Gunther haussa un sourcil en la regardant et elle se mordit la lèvre. Elle savait que c’était son point faible : elle avait beaucoup de mal à retenir son affinité en présence des animaux, même s’il y avait des êtres humains normaux à proximité. Mais elle sentait tellement de souffrances animales qu’elle ne pouvait s’empêcher de réagir. S’en était suivi dans son enfance quelques scènes pénibles et gênantes dont Gunther avait fait au mieux pour la protéger.

     

    - Je le sais bien Gunther. Mais c’est tellement dur parfois. Je me demande comment faisaient mes parents.

    - En fait, si tes parents sont souvent partis en Afrique, c’est pour cette raison. Car là-bas, ils ont trouvé des personnes qui sont plus enclins à accepter nos particularités qui sortent de l’ordinaire que dans nos pays occidentaux. Et puis, ils étaient un peu plus vieux que toi et plus enclins à l’auto-discipline.

    Lucrèce hocha la tête mais son esprit était ailleurs. A l’énoncer du mot « Afrique », elle s’était tout de suite mise à rêvasser.

    Chapitre 11 : Troubles

    - Dis, Gunther, tu crois que moi aussi je pourrais aller en Afrique ?

    Gunther fixa sévèrement sa filleule du regard.

    - Ne te disperses pas, Lucrèce. Tu es utile ici, à Lenzasen. Pas là-bas. Qu’espères-tu donc y trouver ?

    Une trace de mes parents aurait-elle voulu dire. Mais il n’y avait pas que cela qui trottait dans la tête de la jeune femme. Une autre pensée avait pris son importance depuis bien longtemps. Depuis qu’on avait pressenti son rôle dans la prophétie…

    - Je ne sais pas… Une trace de Gaïa peut-être…

    - Gaïa n’est pas plus en Afrique qu’elle n’est ici. L’Esprit est endormi, tu le sais bien.

    - Arriverons-nous à le réveiller un jour ? Crois-tu que je sois la Mère de celle qui le réveillera ?

    Lucrèce s’était tournée vers Gunther, fébrile. Un désespoir transparaissait dans sa voix et ses lèvres formaient un pli amer.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - En vérité, je n’en sais rien, ma chérie. Ce n’est qu’une légende. Je n’ai jamais vraiment fait confiance aux Augures des jumelles là-dessus. Je préfèrerai que tu te concentres sur autre chose. Et puis, tu n’as peut-être pas de fille, mais tu as un fils, Donatello. Et bien vivant, lui.

    Lucrèce hocha la tête puis se coula dans les bras affectueux de son parrain pour un câlin dont elle avait bien besoin. Elle avait beau être une jeune femme, elle avait toujours autant besoin d’affection. Il lui caressa doucement les cheveux et l’embrassa sur le front, un rituel qui avait pris racine dans son enfance.

    La jeune femme profita un instant de ce moment puis se ressaisit et se leva du canapé.

    - En parlant de Don, il faut que j’y ailles. Aurèle veut travailler au Verger aujourd’hui. Moi, j’en profiterai pour commencer l’inscription à l’Ecole Vétérinaire. C’est fou ce qu’il faut comme paperasse…

    - A propos d’Aurèle… Comment cela se passe avec lui ?

    Chapitre 11 : Troubles

     Lucrèce était arrivée à la porte d’entrée. Elle retourna vers son parrain en fronçant légèrement les sourcils.

    - ça va… Il s’occupe bien de Don et prend son rôle de père à cœur. Plus que je ne le pensais.

    - Mais avec toi je voulais dire…

    - … Ha ! Eh bien, honnêtement, nous avons du mal à reprendre notre relation d’avant, lorsque j’étais à Padoue. En même temps, les enjeux ne sont pas les mêmes…

    - Tu peux encore dire non à cette union. Tu ne dois rien à Macha ni à personne d’autre. Je m’arrangerais avec la Grande-Maître au besoin.

    - Non, Gunther. Ce n’est pas la peine. Cela va aller. Il nous faut juste du temps.

    - Lucrèce, je ne veux que ton bonheur.

    - Je le sais bien Gunther. Mais laisses-nous une chance.

    - Si tu le dis…

    Lucrèce eut une petite moue puis fit un petit geste de la main et sortit de la maison. Gunther poussa un léger soupir et se renfonça dans le canapé. Les Enfants de Gaïa étaient décidément très doués pour saborder leur propre bonheur.

    Un tintement se fit soudain entendre derrière lui. Il se retourna et trouva Audren en train de fouiller dans son frigidaire.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - Audren ! Combien de fois t’ai-je dit d’entrer par la porte comme tout le monde ?

    - Ho, plein de fois, plein de fois. Mais c’est plus drôle de te voir sursauter.

    La petite blonde sortit sa tête du frigidaire et eut un sourire malicieux envers le vieil homme. Puis elle referma la porte, un morceau de gâteau à la main. Gunther fronça les sourcils.

    - Tu sais que tu peux demander avant de te servir…

    Chapitre 11 : Troubles

     

    Audren haussa les épaules en finissant de manger le gâteau et en s’installant tranquillement à côté de lui. Ce n’était pas la première fois qu’il réagissait ainsi vis-à-vis des jumelles mais elles n’en faisaient qu’à leur tête. Gunther remarqua alors qu’Audren ne portait plus son sempiternel costume masculin démodé mais un tee-shirt à motifs et un short de tout ce qu’il y a de plus actuel.

    - Tiens, tu as changé de vêtements ?

    - Ouaip ! Comme nous allons grandir, je me suis dis qu’un petit changement de look ne ferait pas de mal.

    - Ah oui… Au fait, pourquoi es-tu ici ? Certainement pas pour venir manger le gâteau au chocolat que j’avais préparé, hein ?

    - Cela aurait pu. Tu cuisines bien. Aussi bien que Macha.

    - J’ai été à bonne école…. Bon alors ?

    Audren avala sa bouchée puis reporta son regard vers Gunther, un air plus sérieux sur le visage.

    - Tu ne devrais pas essayer de dissuader Lucrèce d’épouser Aurèle, Gunther. Cette union doit être consommée.

    Gunther ne dit rien mais son visage se ferma brusquement.

    - Je ne peux donc rien dire ? Encore une fois ?

    - Tu ne peux pas rendre les gens heureux malgré eux, malgré leur destin, Gunther. Il faut que tu apprennes à lâcher prise à ce sujet.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    Audren le regarda sérieusement, mais une pointe d’inquiétude avait surgi dans son regard. Elle posa sa main sur la sienne en un geste de réconfort. Elle savait combien le vieil homme aspirait à une tranquillité et à une vie sereine après ce qu’il avait vécu étant enfant. Mais pour autant, il ne pouvait pas aller contre ce qui devait être.

    - Cela veut donc dire que Lucrèce ne sera pas heureuse avec Aurèle, c’est cela ? Alors, je m’y oppose sérieusement.

    Audren eut un geste d’agacement.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - Ce n’est pas ça ! Je ne sais pas si Lucrèce sera heureuse avec ce jeune homme. Et pour tout te dire, je m’en fiche un peu. Le bonheur ! Vous n’avez que ce mot à la bouche, vous les humains. Mais c’est si fugace comme sensation, cela ne reste pas. Mais ce que je peux te dire, c’est que Lucrèce doit avoir un autre enfant avec Aurèle…

    - La Source !

    Gunther avait craché ce mot avec dégoût. Mais Audren haussa les épaules, révélant ainsi son incertitude.

    -  On ne sait pas vraiment.  Mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il y a un fort  potentiel, un faisceau de possibilités dans le fruit de cette union.

    - Cela fait quand même beaucoup d’incertitude tout cela et vous jouez avec l’avenir de ma filleule.

    - Gunther !

    Audren se rapprocha du vieil homme et lui prit le visage entre les mains.

    - Je t’en prie ! Nous devons au moins essayer ! Ne sens-tu pas qu’il faut agir maintenant ? Gaïa s’est tellement plongée sous la terre que nous ne la sentons plus. Oui. MÊME NOUS ! C’est désastreux pour l’avenir de la planète. NE LE SENS TU PAS ?

    Chapitre 11 : Troubles

    Audren avait crié ses mots et ses yeux étaient remplis de larmes. Gunther sentit que qu’elle était à bout. Et malgré lui, des larmes coulèrent sur ses joues.

    Car lui aussi avait senti le changement. Dans le chant des courants telluriques, dans le murmure des Elémentaires. La biodiversité de la planète était en train de changer en quelque chose d’instable…

    Il posa sa main sur l’épaule de la « petite fille » et la serra fortement.

    - Pardon : J’oublie à chaque fois que vous êtes plus que votre apparence. Et combien l’absence de l’Esprit-Mère vous pèse. Très bien. Qu’il en soit ainsi et que cette union soit célébrée.

     Audren opina de la tête et se blottit dans les bras du vieil homme pour obtenir un peu de réconfort.

    Après le départ d’Audren, Gunther resta un instant songeur puis il alla vers le buffet de son salon et une sortit une Ménorah. Il la posa sur la table basse et l’alluma. Il ferma les yeux et se pencha d’avant en arrière, en un geste mécanique et ancien. Des paroles lointaines et presque oubliées refirent surface au bout de ses lèvres. Gunther priait. Il priait un Dieu lointain. Il priait parce qu’il n’avait plus que ça.

     

    Chapitre 11 : Troubles

    Demeure Steiner – L’après-midi.

    Le soleil caressait le dos d’Aurèle pendant qu’il berçait tendrement son fils. Les grands yeux verts de Don l’observaient avec attention et confiance. A cet instant, Aurèle se sentait heureux. Sa place était là, avec son fils dans les bras.

    Chapitre 11 : Troubles

     Mais cet instant ne dura pas et il reposa tendrement le bébé qui s’endormait doucement. Il resta là un instant à le regarder puis sortit de la chambre. Lucrèce se trouvait en bas, en train de s’occuper des papiers pour son admission à l’Ecole Vétérinaire de Strasbourg. Cela ne lui plaisait toujours pas mais il n’avait aucun choix là-dedans non plus. Sauf à refuser son union avec Lucrèce et il en avait vaguement caressé l’idée. Après tout, son père et lui étaient maintenant citoyens de Lenzasen, son but depuis le début. Mais un reste de conscience avait chassé cette idée. Et puis, Lucrèce était une belle femme, malgré un caractère rigide sur certaines choses, la vie serait quand même agréable à ses côtés, non ?

    Le jeune homme descendit et vint la retrouver au salon. Elle leva la tête vers lui.

    Chapitre 11 : Troubles

    - Il s’est endormi. Il avait juste besoin d’un petit câlin en fait.

    Lucrèce sourit.

    - Tu vois que tu ne te débrouilles pas si mal en tant que père.

    - Ho heu. Oui. Hum, je peux te laisser maintenant ? Je dois retourner au Verger, il y a une tâche que je n’ai pas fini ce matin.

    - Mais bien sûr, Aurèle, pas de soucis. Je n’avais pas l’intention de bouger de la maison cet après-midi.

    - Ok alors. A ce soir.

    Chapitre 11 : Troubles

     Aurèle déposa un léger baiser sur la joue de Lucrèce puis sorti. Dix minutes plus tard, le bus le déposait à l’entrée du Verger. Il resta là un instant, savourant le calme ambiant ainsi que l’énergie de la végétation qui se dégageait alentour. Puis il entra. Il savait qu’à cette heure-ci, il y aurait peu de monde. Le plus souvent, Les Enfants travaillaient les matins avant d’aller à d’autres occupations l’après-midi, tel que le couple Muller qui s’occupait également de la pharmacie-herboristerie de la ville. Cela convenait à Aurèle, cette solitude. Il pouvait ainsi se connecter davantage à son Affinité et sentir le murmure et le bruissement de la végétation entre les paumes de ses mains.

    Le jeune homme se dirigea vers l’entrepôt où étaient stockées les semences qui devaient partir dans d’autres Convents. Il revenait parce qu’il avait oublié de mettre les pousses de bambou dans la caisse en partance pour la Chine. Il avait encore été distrait par les Elémentaires. Il faudrait qu’il fasse attention la prochaine fois. Il ne tenait pas à ce que son travail soit dénigré.

    Il s’émerveillait à chaque fois de l’influence de Lenzasen vis-à-vis des autres Convents. Il ne pensait pas avant de venir ici que son importance était aussi grande et aussi essentielle pour tous les Enfants de Gaïa. Mais, en même temps cette importance était inquiétante : il avait appris, en côtoyant les autres Enfants dans le Verger, qu’il y avait de moins en moins de Convents fonctionnels à travers le globe. Et, de moins en moins d’Enfants de Gaïa avec une Affinité fonctionnelle ou une Affinité tout court. Est-ce que cela était lié au changement climatique, la pollution ou l’éloignement de Gaïa ? Ils n’en savaient rien mais ils continuaient quand même car il n’y avait que cela à faire. Aurèle se demandait jusqu’à quand Lenzasen pourrait supporter cette charge aussi considérable avant de s’effondrer. Mais lui aussi apportait sa part. Parce qu’il était un Enfant qui respectait le Pacte.

    Aurèle prit les pousses de bambous et s’assura que tout était en ordre. Il effleura une feuille et sentit que la plante n’était pas très forte. Il mit sa main sur la tige et ferma les yeux. Son esprit plongea au cœur de la plante et il recalibra quelques cellules végétales afin d’apporter un surcroît de résistance à la plante.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    Voilà l’essentiel de leur travail au Verger : semer, faire pousser et s’assurer que les végétaux soient assez forts et résistants à toutes sortes de contraintes. C’était souvent juste un petit coup de pouce qu’ils donnaient mais cela était d’une importance capitale lorsque ces végétaux étaient plantés dans un écosystème perturbé. Et on pouvait dire qu’actuellement le travail ne manquait pas.

    Une fois qu’Aurèle eut tout vérifié et mis les végétaux dans le container, il passa au potager et s’assura qu’aucune plante n’avait besoin de ses soins.

    Puis, il s’octroya une petite pause dans un coin un peu reculé du Verger. Aurèle n’avait pas envie de rentrer trop tôt à la maison. Il appréciait le calme de l’endroit et la présence des Elémentaires. Cela lui permettait de se ressourcer et également d’être plus en paix avec lui-même.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    Un bruissement soudain à ses côtés lui fit tourner la tête. Une jeune femme brune s’était assise sur le banc et tenait un mouchoir devant sa figure et ses épaules tressautaient à chaque sanglot. Elle sentit alors qu’elle n’était pas seule et tourna la tête vers lui. Elle eut un sursaut en voyant Aurèle.

    - Ho pardon ! Je pensais qu’il n’y avait personne.

    - Il n’y a pas de mal. Voulez-vous que je m’en aille ?

    - Heu.. Ho, non, non. Restez. Je suis désolée que vous me voyiez ainsi. Ce n’est pas mon genre d’habitude.

    - Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ?

    Chapitre 11 : Troubles

     

    La jeune femme resta silencieuse un instant tout en le jaugeant du regard. Aurèle put l’observer tout à loisir. De grands yeux noisette, une bouche pulpeuse qui attirait les baisers, un teint mat, des cheveux noir brillant, une silhouette voluptueuse… Mais une expression très triste sur le visage.

    - Non vous ne pouvez rien faire… Mais, j’oublie tout, je ne me suis pas présentée. Je m’appelle Amanda Mayf… Amanda Gotshein.

    - Aurèle Lothario !

    - Ha ! Vous êtes le nouveau membre qui vient d’Italie ! Enchantée !

    Amanda se leva pour lui serrer la main, Aurèle fit de même. Au moment où le bout de leurs doigts se touchèrent, ils ressentirent comme une décharge électrique. Ils sursautèrent tout les deux puis se regardèrent. Il y eut comme une évidence, une sensation de retrouver une partie de soi-même, une complétude. Aurèle et Amanda se rapprochèrent sans vraiment réfléchir et s’enlacèrent. Mais au moment où les lèvres d’Aurèle allaient toucher celles de la jeune femme, celle-ci eut un sursaut et se dégagea.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - Non, non ! On ne peut pas ! …  Je suis mariée !

    En disant cela, Amanda porta la main à sa bouche et se mit à pleurer. Aurèle lui tendit la main mais elle se détourna et se mit à courir en direction de l’entrée du Verger. Elle se retourna un instant vers lui, un dernier regard qui fit chavirer le cœur du jeune homme. Puis elle disparut.

    Il resta là, sans mot dire, laissant le bruit léger des abeilles parvenir jusqu’à lui. Et puis, il se ressaisit et se leva non sans avoir donner un coup de pied rageur dans une motte de terre.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - BORDEL !!! Pourquoi maintenant ? !!!


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  • Coucou à vous !

    J'ai crée la nouvelle rubrique pour parler un peu de tout et rien. Et aussi pour pouvoir discuter quand j'enlève twitter à cause d'un prochain pack de jeu he.

    Alors, oui, je ne m'attendais pas vraiment à cet EP sur les îles tropicales, mais après avoir vu le trailer je suis sous le charme. Et comme j'en avais parlé il y a quelque temps, j'ai déjà le sim tout trouvé pour aller sur cette île, à savoir Ludwig Faust-La Louve. Mais il faut attendre qu'il soit jeune adulte ^^. En attendant, ma simself Agathe ira tester pour moi les nouveautés. 

    Tout me plaît dans ce que j'ai vu : des maisons aux métiers qui ont l'air assez sympathique à faire. J'ai vu qu'il y avait le petit job de pêcheur. Je me demande si c'est reservé à cette map ou si on pourra faire également le job sur d'autres map. Cela serait intéressant mais sinon tant pis, on fera avec.

    Quand aux sirènes, ce n'est pas du tout ma créature préférée mais j'arriverai bien à en faire quelque chose.

    bon, par contre, là où j'ai le plus hâte, c'est le prochain Gamepack, "le royaume de la magie". j'aimerai qu'ils nous montrent au moins une image, pour nous faire saliver et avoir une idée de ce qui nous attend. Mais je ne me fais pas d'illusions, il est encore trop tôt pour avoir des infos là-dessus. 

    Et le kit Moschino ?... Beeeeehhhh, tant que je n'ai rien vu, je n'ai pas d'avis. La carrière me rend curieuse par contre (et ce n'est certainement pas anodin qu'ils aient rajouté une carrière dans un kit intello). Et si elle est bien foutue, je pense que je prendrai le kit rien que pour elle. Car je n'ai jamais assez de carrières pour mes sims^^.

    Bon, et vous, vous en pensez quoi de tout cela ? Venez donc papoter smile


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  • Quelques semaines après – Fin juillet – Maison de la Veuve Becker

    La route avait été longue : ils étaient partis aux aurores de Padoue et arrivaient enfin à Lenzasen en cet fin d’après-midi. Aurèle, qui avait conduit toute la journée, poussa un soupir de soulagement en s’arrêtant devant la maison qui leur était concédée. Ernesto, lui, sortit de la voiture avec un grand sourire émerveillé.

    - Cette verdure ! Tous ces arbres… Quelle splendeur ! Cela va être un vrai bonheur de vivre ici.

    - Papa… Je crois que l’on nous attend…

    En effet, devant la maison se tenaient Macha Goetz et Gunther Kessler. Ils se dirigèrent donc vers eux et se présentèrent. Macha leva un léger sourcil ironique devant Aurèle puis se départit d’un sourire chaleureux en serrant la main d’Ernesto.

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    - Bienvenu à Lenzasen, Messieurs. J’espère que vous vous sentirez bien ici. Ce n’est certes pas votre foyer en Italie, mais je pense qu’avec le temps vous arriverez à apprécier cet endroit.

    - Nous vous remercions déjà d’avoir bien voulu nous accueillir dans votre Convent.

    - C’était tout à fait normal. En ces temps compliqués, les Enfants de Gaïa doivent rester soudés. Et de plus, votre Affinité à tous les deux avec les plantes nous est très précieuse. Viviane sera très contente de vous intégrer à l’équipe qui travaille dans le Verger. Il n’y a jamais assez de bras pour le travail à accomplir. Mais bon… Venez, je vous invite à entrer dans votre nouvelle maison.

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    La maison était simple mais chaleureuse et les deux hommes sentirent tout de suite que c’était un endroit où il ferait bon vivre. Les meubles n’étaient certes pas aussi luxueux que leur ancienne demeure, mais ils étaient robustes et fonctionnels. Et puis, Ernesto aurait bien vite de la place dans la maison car Aurèle avait l’intention d’habiter avec Lucrèce d’ici quelque temps.

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    La visite faite, Ernesto papota un peu avec Gunther. Il le trouva tout de suite sympathique et chaleureux. Comme il était convenu, il lui remit les Archives du Convent de Padoue que lui avait confié Vésuvio. Il se tourna ensuite vers la Grande-Maître qui avait été plutôt mutique depuis leur entrée dans la maison et fit allusion à la Relique et au grimoire. Mais celle-ci l’arrêta net.

    - Je ne souhaite pas en entendre parler. Vous voudrez bien remettre ces… objets à Viviane Fydren. Ils seront plus en sécurité dans sa maison… Bien, nous allons vous laisser vous installer tranquillement. Un repas vous attend dans le réfrigérateur. Demain, Viviane passera vous chercher pour vous emmener au Verger. C’est elle qui verra comment utiliser vos capacités au mieux pour le Convent.

     

     

    Ernesto et Aurèle hochèrent la tête de concert et Macha eut un sourire satisfait. Avoir encore plus d’Enfants dans le Convent n’était pas pour lui déplaire. Et elle avait senti que l'Affinité d'Ernesto était plus importante qu'il n'en laissait paraître. 

    - Bien. Bonne nuit messieurs. A bientôt.

    Gunther leur souhaita aussi bonne nuit puis le père et le fils se retrouvèrent seuls. Ils se regardèrent un instant. Aurèle s’approcha de son père et lui serra tendrement l’épaule.

    - Cela va aller papa ? Tu penses arriver à t’y faire ici ?

    - Il le faudra bien, mon garçon, non ? … Enfin, le plus important, c’est que j’ai ramené les cendres de ta mère avec nous.

    - Que… Quoi ?!!! Mais pourquoi ?

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    - Je n’allais certainement pas les laisser là-bas. Sa tombe aurait sûrement été profanée après notre départ. Et puis, j’ai juré à Maria de reposer auprès d’elle à ma mort.

    Ernesto prit un air buté et Aurèle sut qu’il ne fallait pas insister. Dès qu’il s’agissait de sa femme, Ernesto n’entendait plus raison. Aurèle trouvait cela aussi touchant qu’agaçant. S’il y avait bien eu un couple, dans les Enfants de Gaïa, qui avait été heureux, c’était bien ses parents. Il se souvenait encore dans son enfance, de leurs câlins et de leurs embrassades. Il poussa un léger soupir. Ce n’était certes pas ce genre de sentiments qu’il y avait entre lui et Lucrèce. Du désir, oui. Une légère affection. Mais certainement pas le grand amour. Et il ne le vivrait sûrement jamais. Mais à quoi bon se morfondre ? C’est lui qui avait voulu cela, il devrait en supporter la responsabilité. 

    Ils dînèrent tranquillement puis après s’être souhaité bonne nuit, les deux hommes gagnèrent leur chambre respective. Si Aurèle s’endormit rapidement du fait de sa fatigue, ce ne fut pas le cas d’Ernesto. Celui-ci avait sorti la Relique et le grimoire de sa valise et les avait posés sur la commode de sa chambre, à côté de l'urne de sa femme.  Il les contemplait d’un air soucieux. La dernière conversation qu’il avait eue avec Vésuvio, son Grand-Maître, lui revint en mémoire… 

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    - Faut-il absolument que je les emmène, Vésuvio ? Ne peut-on pas faire autrement ?

    - Nous en avons déjà parlé, Ernesto. Oui, il faut que tu les prennes avec toi. Il est important que Le Convent de Lenzasen les garde…. Mais, dis-moi, mon ami, pourquoi es-tu si mal à l’aise avec ces objets ? Serait-ce à cause de Maria ?

    - En partie… Ce genre d’objets me rappelle qu’elle n’est plus et c’est toujours une grande souffrance pour moi comme tu le sais. Mais il n’y a pas que cela…. J’ai toujours été une personne très terre à terre. L’Affinité que m’a octroyé Gaïa n’y est pas pour rien d’ailleurs. Cultiver, faire pousser les plantes, remuer la terre, tout cela m’enchante totalement…. Mais quand je vois ce grimoire et cette relique, cela me dérange. Ce genre de force me dépasse et je n’y comprends rien. Cela me fait peur aussi...

    - Et pourtant, tu étais uni à Maria, une des Enfants de Gaïa qui était le plus douée dans les Arts Ésotériques.

    - Oui, mais Maria a toujours été discrète sur l’usage de ses pouvoirs… Elle ne les a jamais étalés en ma présence car elle savait que je n’aimais pas cela.

    - Et pourtant, il va te falloir les emmener à Lenzasen. T’en sens-tu capable ou souhaites-tu que je confie cette tâche à Aurèle ?

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    - Non !!! …. Ah ! Je te prie d’excuser ma véhémence. J’ai beau adoré mon fils, je sais combien il peut être nonchalant, même pour les tâches les plus importantes.

    - Tu sais, un peu plus de responsabilités ne lui ferait pas de mal non plus. Je trouve que tu es parfois trop derrière lui. Lâche-lui un peu la bride…

     - Certes, certes… Mais pas sur cela. Je préférerai qu’il ne sache rien de ce savoir-là. C’est tellement facile d’être tenté par l’Obscurité…

    - Hmmm… Il est vrai que nous avons eu quelques sorciers noirs, ici autrefois…

    Vésuvio le regarda d’un air scrutateur et pénétrant. Oui, le nom des Lothario n’avait pas toujours été synonyme de gloire et de puissance, mais aussi de peur et de souffrance. En cela, Ernesto aimerait l’oublier. Il baissa le regard vers le sol.

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    Le silence se fait quelques instants entre les deux vieux amis, chacun perdu dans ses pensées, dans un passé plus sombre mais aussi plus mouvementé qu'actuellement.  Puis finalement, Ernesto relève la tête, une question se bouscule soudain derrière ses lèvres.

    - Vésuvio, une question me vient… Que vas-tu faire, une fois que le Convent sera scellé ?

    - Tu t’inquiètes encore de cela ?

    - Je t’en prie, mon ami. Cela m’importe beaucoup. J’ai du mal à t’imaginer ici tout seul, alors que nous savons tous les deux que les villageois ne nous aiment guère. Je ne supporte pas de partir et de savoir qu’en restant ici, tu risques le bûcher !

    - Ha ! Oui, c’est vrai que c’est une chose qui pourrait arriver. Mais je te rassure tout de suite. Une fois que le Convent sera scellé, j’irai finir mes vieux jours dans un monastère au nord de l’Italie. Je sais déjà qu’ils seront heureux de m’accueillir avec tous mes savoirs. Certes, il faudra que je me conforme à la règle religieuse, mais cela n’est pas un problème en soi. Je peux tout à fait prier Dieu et être un Enfant de Gaïa.

    Ernesto se détendit d’un coup. Savoir son ami à l’abri et entouré lui enlevait un poids des épaules. Il se leva et se permit de l’étreindre amicalement.

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    Le vieil homme revint au moment présent et eut une petite grimace amère. Tout quitter à son âge et recommencer à zéro, c’était un peu dur au niveau du moral. Et puis il se rappela une phrase de sa femme chérie : « Arrête de dire que tu es trop vieux ! Tout est dans la tête mon chéri…. Et puis quand tu seras tout ridé et tout avachi, je t’aimerai quand même. Reste optimiste, Ernesto. Je serai toujours à tes côtés. » Il sourit malgré lui. Il se rappelait encore de sa voix chaude et rauque, de son parfum, de des baisers.

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    Il était tellement amoureux de sa femme. Mais le cancer avait tout ravagé. Et Maria n’avait pu adopter le positivisme qu’elle prônait tant et s'était suicidé , ne pouvant supporter la douleur et la dégradation de son corps. Elle les avait laissés, lui et Aurèle, à leur immense peine.Il reposa son regard sur l’urne qui trônait sur la commode.

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    - Ma chérie, j’aurai vraiment souhaité que tu restes avec nous un peu plus longtemps. J’aurai vraiment besoin de tes conseils et de ta sagesse en ces temps troublés. Enfin, nous ferons avec ce que Gaïa nous donne, comme nous l’avons toujours fait… 

    Il posa tendrement ses doigts sur l’urne comme il le faisait chaque soir. Puis il se déshabilla, se mit en pyjama et se coucha dans son nouveau lit avec un soupir de contentement. La journée avait été longue pour lui aussi.

    Le lendemain, après un réveil tardif mais régénérateur, les deux hommes prirent tranquillement leur petit déjeuner. Et ensuite, ils firent le tour du jardin qu’ils n’avaient pas eu le temps de voir hier soir. Ils sentirent tout de suite que la précédente occupante était une Enfant de Gaïa douée pour la flore.

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    - Hmmm, je crois que cette personne aimait beaucoup les carottes. Il y a encore quelques plants qui restent en terre. On pourrait s’en f

    aire un petit plat, qu’en dis-tu papa ?

    - Pourquoi pas ? Tu es meilleur cuisinier que moi. Dis-moi, ne trouves-tu pas étonnant qu’il y ait autant d’Enfants de Gaïa qui aient le Don de la Flore, ici ?

    - Je… Je ne sais pas. Cela te parait bizarre à toi ?

     - Pas vraiment bizarre mais j’ai l’impression qu’il y a une sorte de convergence ici. D’abord le fait que notre Convent ne soit plus viable et notre arrivée ici à Lenzasen, un lieu qui prend de plus en plus d’importance depuis quelques années…

    - Bah, l’important, c’est qu’on puisse avoir un autre endroit où vivre…

    Ernesto fit la grimace devant la réponse encore une fois, nonchalante, de son fils.

    - Il y a des fois où j’aimerai vraiment que tu réfléchisses un peu plus mon garçon… Je crois qu’on n’aurait jamais dû t’appeler Aurèle...

    - Papa…

    - Hello, hello. Il y a quelqu’un ?

    Ils se tournèrent vers la voix qui venait de se faire entendre. Une femme rousse d’une quarantaine d’années, vêtue d'un veste et d'un pantalon en jean, fit son apparition et leur sourit. C’était évidemment Viviane Fydren qui venait les saluer. Elle leur serra la main à tous les deux et Ernesto apprécia la poignée de main ferme et énergique de Viviane.

    - Alors, êtes-vous bien installés ? Cela ne sent pas trop la poussière ? Nous avons fait le ménage mais pas aussi à fond que nous l’aurions voulu.

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    - Non, non c’est très bien. Nous allons prendre nos marques au fur et à mesure. Enfin, cela sera moi surtout. Puisque Aurèle  ne devrait pas tarder à s’installer avec Lucrèce.

    Viviane tourna son regard vers le jeune homme et le fixa dans les yeux.

    - Je compte sur vous, Aurèle, pour prendre soin de ma petite Lucrèce.

    - « Votre petite Lucrèce ? »

    - Oui, je suis sa marraine.

    Aurèle retint une grimace. Il n’avait point pensé à ce détail : les liens familiaux et amicaux de Lucrèce à Lenzasen. Et, vu comment le regardait Viviane, il n’avait pas vraiment sa sympathie. Mais, elle tourna rapidement son attention vers son père.

    - Bien. Pensez-vous être disponible cet après-midi pour venir voir le Verger ?

    - Oui, bien sûr. J’ai hâte de voir l’endroit où nous allons travailler. Je souhaite être utile à la Communauté de Gaïa.

    - C’est tout à votre honneur… Vous aviez la même occupation à Padoue, j’imagine ?

    - Eh bien… Oui. Enfin, plus pour être autosuffisant finalement que pour aider les territoires voisins… Notre Convent a vu son influence fortement baissée depuis de nombreuses décennies.

    - J’ai cru comprendre cela… Donc aucune aide n’était apportée aux habitants qui n’appartenait pas à votre Convent ?

    Viviane haussa un sourcil perplexe et Ernesto fut quelque peu mal à l’aise quand il dut répondre.

    - Non. La bienveillance dont faisaient preuve les villages alentour à notre égard a très rapidement diminué… Il faut dire aussi qu’il y eut quelques incidents dans notre Convent qui ont terni l’image extérieure…. Je suppose bien évidemment que ce n’est pas le cas ici.

    - Non, en effet. Mais Lenzasen a toujours eu une aura particulière. Tout comme le Convent de Quafzeh d’ailleurs… Bon, je vais vous laisser. Et je vous attends donc cet après-midi au Verger.

    Un dernier sourire, un geste de la main et Viviane était partie. Aurèle et Ernesto se jetèrent un coup d’œil puis reprirent leurs occupations.

    Après leur déjeuner, Ernesto et Aurèle partirent donc voir le Verger de Viviane. Il se trouvait en pleine campagne mais ils n’eurent aucun mal à trouver le chemin car ils sentirent tous les deux l’énergie assez importante des plantes qui les attiraient. C’était une sensation qu’ils n’arrivaient pas à décrire, mais ils savaient reconnaître tout de suite les végétaux qui avaient été touchés ou plantés par un Enfant de Gaïa. Il y avait une vibration particulière. Et du fait de cette particularité, ils sentirent le Verger bien avant d’y arriver.

    Ils arrivèrent bientôt devant une clôture en bois qui longeait la route. Ils étaient arrivés à destination. La première chose qu’ils remarquèrent ce furent les grands arbres qui se tenaient aux deux bouts du terrain. Ils étaient plus « verts », plus « brillants » que les autres arbres et ils avaient une énergie si puissante qu’ils en sentaient le picotement sur le visage. Aurèle pressa son père à l’épaule .

    - Papa. Ces arbres…

    - Oui, j’ai vu et senti… On dirait qu'il y a un Elémentaire...

    - Des Elémentaires ? Mais c’est très rare !

    - Je le sais bien… Allez, viens. Nous en saurons plus en y entrant.

    Dès qu’ils eurent franchis le portail du Verger, Aurèle et Ernesto furent accueillis par Viviane, qui les attendait. Elle leur sourit avec bienveillance.

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    - Bienvenue au Verger de Lenzasen. Si cela ne te fait rien, Aurèle, tu vas directement commencer à travailler avec Helen Bergshein qui œuvre aussi ici. Elle va te faire voir les semences à récolter ainsi que ce qu’il y a à entretenir. Quand à moi, je me charge de ton père.

    Aurèle eut un sourire un peu crispé sur cet accueil un peu cavalier mais ne dit rien et suivit donc la femme blonde, typée scandinave, au visage un peu triste qui lui montra un côté de potager. Quant à Viviane, elle entraîna Ernesto un peu plus loin à l’intérieur du verger, près d’un alignement d’arbres. Il remarqua alors les ruches à leur base.

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    - Vous avez également des abeilles !

    - Oui. Nous ne pouvons guère travailler sans elle. Elles nous assurent la pollinisation de la plupart de nos plantes. Lucrèce m’est d’une grande aide pour maintenir les ruches en bonne santé.

    - Lucrèce ?... Ha oui, elle a l’Affinité avec les animaux. Mais… Les Abeilles ?... C’est quand même assez rare.

    - Oui. Mais Lucrèce est une Enfant prometteuse. La plupart des Enfants qui ont l’Affinité avec la faune ne vont pas sentir les insectes. Lucrèce, si. Comme son père…. Vous avez une belle-fille qui a un grand pouvoir.

    - Hmmmm. J’avoue qu’en contrepartie, mon fils n’est pas aussi doué.

    - Chacun a ses limites, Ernesto. Et Gaïa ne donne que ce qui peut être supporté. Venez, je vais vous montrer quelque chose.

    Viviane l’entraîna vers un coin du muret là où se tenait l’arbre gigantesque qu’il avait vu en arrivant.

    - Touchez le tronc s’il vous plait, Ernesto.

    Le vieil homme s’exécuta et posa sa main sur l’écorce. Aussitôt un doux murmure et une sensation de fraîcheur l’envahit. Il retira sa main et eut un regard interrogateur vers Viviane. Elle eut un petit rire.

    - Devinez-donc ce que c’est...

    - Je... Un élémentaire ? Un Élémentaire de la Flore ?

    - Oui. Et pas seulement un. Mais également trois autres. Ils protègent le Verger.

    Viviane se retourna et pointa le doigt sur chaque arbre-gardien qui se tenaient à chaque coin du terrain. Ernesto eut un sifflement admiratif.

    - 4 Élémentaires dans un même lieu, vous avez vraiment fait fort. Je ne sais pas comment vous y êtes parvenus.

    - Avec de la patience et des personnes exceptionnelles. Ces Élémentaires sont là depuis très longtemps. Je pense qu’on les a fait venir au tout début de la Renaissance, mais les Archives ne sont pas très claires là-dessus.

    Ernesto regarda le Verger et Viviane avec un respect renouvelé ainsi qu’un peu de crainte. Tout cela était bien au-dessus de ce qu’il pouvait faire et de ce qu’il pouvait imaginer.

    - Et vous arrivez à leur parler ?

    - Parfois. Pas toujours. Je suis douée dans mon Affinité, mais ceci est un cran au-dessus. L’important est de savoir qu’ils sont là et qu’ils protègent le Verger.

    - Hmmm, que de choses exceptionnelles ici, j'en suis impressionné… Au fait, j’ai 2 choses à vous remettre. Votre Grande-Maître, Macha Goetz, a du vous en parler, non ?

    Viviane regarda Ernesto en fronçant les sourcils avec une expression plus sombre mais opina de la tête.

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    - Oui. Macha m’en a parlé en effet. Pour tout vous avouer, je ne suis pas très contente d’avoir ces « objets » en ma possession. Ce n’est pas ma tasse de thé non plus les savoirs ésotériques.

    - Je ne comprends pas… Pourquoi devez-vous les garder alors ?

    - Ha ! C’est compliqué… Parce que je descends d’une lignée très ancienne. Et cette lignée a engendré des « sorcières » dans le sens que les humains l’entendent. Donc, même si je suis réticente à tous ces savoirs, j’ai quand même quelques expériences là-dessus. Et puis ma maison a toujours été protégé contre des attaques autant physiques que « mentales ». C’est donc l’endroit idéal pour garder ces objets. Enfin… Ces objets sont chez vous ?

    - Non, ils sont dans le sac que j’ai apporté avec moi.

    - Bien. Je les prendrai avec moi tout à l’heure. Bon, je vais vous présenter à Helen Bergshein, la femme avec qui j’ai laissé votre fils. Elle saura vous épauler pour vos débuts ici.

    Viviane l’emmena donc dans le coin potager et le laissa aux bons soins d’Helen, qui sourit gentiment à Ernesto. Il se sentit tout de suite à l’aise avec elle et il apprit bien vite ce qu’il y avait à faire. Il se sentait tout à fait dans son élément, et il découvrit avec étonnement, que même en si peu de temps, il était mieux qu’à Padoue. Il est vrai que la ville de Lenzasen avait plus de moyens que leur pauvre Convent moribond. Et, tout en passant son après-midi à trier des graines de plantes potagères pour d’autres Convents, il papota avec Helen. Il apprit qu’elle était arrivée ici depuis une vingtaine d’années, lors de son mariage avec Piotr. Ils venaient tous les deux de Hongrie, un Convent scellé, lui aussi. Et, derrière le sourire placide d’Helen, il apprit également qu’un grand drame avait bouleversé sa vie, à savoir le décès de son fils aîné, celui qui aurait dû épouser Lucrèce. Mais il vit dans ses yeux qu’elle refusait toute compassion. Son respect pour elle n’en fut que plus fort. 

    Chapitre 10 : Installations

     

    Il fit également la connaissance de Dora et Joseph Muller qui participaient eux aussi aux bons soins du Verger. Dora lui proposa même la tisane qu’elle avait préparé et il fut agréablement surpris par le goût ainsi que par le souvenir qui se révéla à lui. La tisane avait l’odeur de celles que prenaient Maria avant de se coucher.

    Et puis, il fut temps de rentrer. Le sourire d’Aurèle le réchauffa. Il avait l’air à sa place ici et il avait même l’air content du travail qu’il venait d’effectuer. Finalement, malgré ses réticences, c’était une bonne chose leur départ de Padoue.

     

    Domaine Fydren – le soir

    De retour dans sa maison, Viviane poussa un soupir et posa son sac sur la table basse et le fixa du regard. Elle avait senti le poids des objets, leurs présences et leurs auras pendant tout le trajet qu’elle avait fait jusqu’à chez elle. Et elle n’aimait pas ça.

    Elle les sortit doucement du sac. La Relique. Le Grimoire.

    Viviane ouvrit en premier le livre et fit la grimace. Des mots lui sautèrent aux yeux : Vampires. Sortilèges. Ombre. Malédiction. Elle sut tout de suite que ce livre n’avait pas sa place dans cette maison. C’était risqué de le laisser ici. Elle savait que ses deux filles, Siobhan et Morwenna, étaient sensibles à ces savoirs ésotériques. Ce n’était donc pas la peine de tenter le diable. Viviane décida d’emmener le grimoire au Domaine Lormont. De toute façon, plus personne ne connaissait l’endroit, ni ne savait ce qu’il y avait dans cette vallée encaissée. Elle reposa le livre puis prit la relique entre les mains.

    - Eh bien ! Tu as l’air de venir de loin, toi…. Je me demande quelle est ton histoire…

    Viviane l’observa plus attentivement et s’aperçut alors que la relique n’était pas complète. Il manquait un élément.

    - C’et bizarre… Pourquoi garder cette relique si elle n’est pas entière ? Et où est l’autre morceau ?... Bon, j’en parlerai à Ernesto. Peut-être pourra t’il me dire pourquoi elle est ainsi. Bon, en tout cas, tu vas aller dans ma bibliothèque en attendant. Tu y seras à l’abri.

    La bibliothèque de Viviane se trouvait au sous-sol de la maison et elle seule y avait accès. C’était l’endroit où elle entreposait ce qui lui avait été légué par ses ancêtres. Et certains objets remontaient à très loin dans le temps. Un livre d’Heures de l’époque médiévale était même supposé avoir appartenu à Loreilei, leur ancêtre. Même si Viviane avait  de gros doutes sur ce point.  Elle posa la relique sur une étagère. Au moment où elle s'avançait vers l'escalier elle cru voir du coin de l’œil une silhouette d’un homme, mais quand elle se retourna franchement, il n’ y avait rien.

    Chapitre 10 : Installations

    Elle resta un instant sur le qui-vive puis secoua la tête et referma la porte à clé.

    Dans les ténèbres de la bibliothèque un son tenu et rauque se fit entendre :

    - Gaïa…

    Chapitre 10 : Installations

     

     

    ****************************************

     

    Sinon, j'ai pris le parti de ne pas tout montrer en image, parce que certaines scènes ne sont pas possibles à jouer avec des sims et, aussi parce qu'ils m'ont énervé à d'autres moments :mrgreen: . On en parle des cos(tumes qui ne sont pas raccord ? Ou de l'envie subite de s'asseoir alors que je ne l'ai pas demandé ? Bref...
    J'espère que ce chapitre vous plaira quand même. A bientôt pour un nouveau chapitre :kissing_heart:

    (ah aussi : par rapport au forum sim, ll y a une phrase que j'ai modifié. Cela ne porte pas à conséquence, mais cela vous donne une explication supplémentaire sur les personnage). 

     


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