• Chapitre 1 : L'évanouissement

    Chapitre 1 : L'évanouissement

    Le jour se lève doucement à Mont Komorebi, dans le quartier Wakaba, les oiseaux commencent à se réveiller et à chanter. Mais, ils sont aussitôt interrompus par une porte qui claque et des pas qui se précipitent dans la rue. 

    Chapitre 1 : L'évanouissement

    Chapitre 1 : L'évanouissement

    C'est Shimizu Oniri qui sort de chez elle pour attraper le train qui l'emmènera vers son lieu de travail, la Société Osheia S.A., entrerpise spécialisée en appareils de massages électroniques. Shimizu y est employée depuis cinq ans en tant qu'assistante des ressources humaines. C'est une bonne employée discrète et compétente, toujours ponctuelle et assidue sur les tâches qu'on lui donne, jamais absente et ne prenant quasiment pas de jours de congés. Une employée modèle. Sa journée se terminera tard et elle ne reviendra chez elle qu'une fois la nuit tombée. 

    Mais, cette belle mécanique est en train de s'enrayer et montrer des signes de fatigue. Cela fait un petit moment maintenant que la jeune fille a du mal à se lever le matin et que son esprit est pleine d'une mélancolie qu'elle ne s'explique pas. Elle n'a pas encore fait le rapprochement mais la date du premier anniversaire de la mort de sa grand-mère approche à grand pas... 

    Chapitre 1 : L'évanouissement

    Le plus dur pour Shimizu, c'est le soir, quand elle mange sur le kotatsu, à la place de sa grand-mère. Elle a le souvenir d'elle, à cette même place, toujours flanquée de Mitsou, leur chatte adorée, qui aimait toujours s'endormir contre la vieille femme. 

    Chapitre 1 : L'évanouissement

    Chapitre 1 : L'évanouissement

    Mitsou aussi manque à Shimizu, car la chatte âgée, s'est éteinte peu de temps après le décès de Sanaé Oniri, comme si elle ne pouvait pas laisser sa maîtresse seule dans le monde des esprits. 

    Oui, Shimizu a de la peine, de la peine et de la culpabilité. Car elle ne se sent pas à la hauteur des aspirations qu'avait pour elle sa grand-mère : " Soit toujours honorable envers le nom des Oniri, Shimizu. Ne faillis jamais, soit intègre et continue la lignée des Oniri". 

    Chapitre 1 : L'évanouissement

    Chapitre 1 : L'évanouissement

    Et tout ce que lui a demandé sa grand-mère, Shimizu a l'impression de le rater. Que deviens donc le grand nom de sa famille dans son poste de petite employée de bureau ? Ho, certes, elle est intègre et honnête, mais cela ne suffit pas. Elle sait qu'elle devrait participer aux manifestations du Mont Komorebi, montrer le sceau de la famille lors des célébrations pour honorer les esprits, participer aux festivals... Mais tout cela, elle n'en a pas la force, le travail lui prend déjà toute son énergie. 

    Quand à continuer la lignée des Oniri, encore faudrait-il qu'elle ait un mari pour cela. Pourtant, sa grand-mère avait rencontré une marieuse et Shimizu avait été présenté à un homme bien sous tout rapport et qui semblait très intéressé par la jeune fille. Mais, peu de temps après le décès de Sanaé, celui-ci avait indiqué qu'il ne souhaitait plus se lier avec la famille Oniri, sans en expliquer les raisons et avait rompu tout contact avec elle. La jeune fille en avait été profondément blessée et humilié. Elle se sentait également coupable de cette rupture. Là aussi, on ne voulait pas d'elle. 

    Depuis, elle était seule. Au travail, la politesse était toujours de mise avec ses collègues mais elle n'était jamais invitée pour déjeuner ou à sortir après le bureau. Et cela la faisait sombrer encore plus.

    Le seul lien social qu'elle avait était sa voisine, Akari Matsuba, une vieille dame très dynamique et toujours très gaie. Quand elle arrivait à trouver le temps, Shimizu venait la voir et retrouvait le temps de quelques heures un peu d'allégresse et de légereté. 

    Chapitre 1 : L'évanouissement

    Voilà où en était Shimizu Oniri. Elle faisait des efforts de plus en plus grand pour maintenir un semblant de vie en elle mais elle n'agissait plus que comme un robot : elle se levait, s'habillait et allait travailler. Elle mangeait quand elle y pensait et quand cela ne lui demandait pas un effort trop grand après sa journée de travail. Elle faisait tout pour ne plus rien ressentir, ni dans son coeur, ni dans sa tête. 

    Chapitre 1 : L'évanouissement

    Jusqu'au jour où le dernier jour de printemps, le jour anniversaire de la mort de sa grand-mère, Shimizu, rentrant du travail, s'évanouit devant le portail de sa maison... 

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  • Commentaires

    1
    Lundi 6 Septembre à 17:54

    Je me demande si la fatigue et le chagrin sont les seules causes de l'évanouissement de Shumizu ?!?

    J'espère qu'un événement ou la rencontre d'une nouvelle personne va la sortir de cette espèce de léthargie où elle s'est réfugiée...

    Je me demande où tu nous emmènes ?

    En tout cas, c'était une entrée en matière toute en douceur et délicatesse... ♥♥

      • Lundi 6 Septembre à 21:10

        Parthenia,

        Si, si, c'est bien un épuisement qui l'a fait s'évanouir. Tu la retrouveras d'ailleurs à l'hôpital dans le chapitre 2. 

        Et tu en sauras un peu plus aussi sur ce qui va arriver dans sa vie après cet évènement. 

        C'est une petite histoire que j'avais envie de raconter (c'est grâce à Eulaline et à ses images de Sulani qui m'ont donné envie d'écrire quelque chose ^^) et je vous posterais un chapitre chaque dimanche. Cela devrait durer tout septembre et un peu au delà smile. J'ai déjà écrit quelques chapitres et j'ai un peu de matière pour le moment. Il me reste à prendre les images en jeu. Et une semaine cela sera juste assez pour faire tout cela. Car oui, la rentrée est là et bien là ! arf

        J'espère en tout cas que cela te plaira. C'est une petite histoire sans grande envergure et sans surnaturel, ni SF mais avec un peu de romance. Il faut croire que je n'aime que le format court pour la romance, puisque j'avais également écrit l'Amazone apprivoisée dans ce même format he

        Merci pour ta présence ici et ton intérêt pour mes écrits ♥♥♥

    2
    Heidi
    Mardi 7 Septembre à 00:51
    Que sa vie est triste, on verra si le soleil se lèvera, assez vite sur sa vie du vide. C'est très joli comme histoire et joliment raconté... Hâte de lire la suite et de connaître son futur, bisous Agathe, merci pour ce joli moment de lecture
      • Mardi 7 Septembre à 09:27

        Heidi, 

        On ne peut pas dire que la vie de Shimizu est empreinte de bonheur en effet. Mais on va espérer que cet évanouissement annonce un changement positif dans sa vie.

        Je suis contente si ce début te plaît. J'espère que la suite te plaira tout autant.

        Merci pour ton commentaire ♥♥♥

    3
    Mardi 7 Septembre à 18:23

    Pourquoi Shimi a-t-elle tant de difficultés à s'intégrer auprès des autres?  Elle a l'air gentille et compétente, ses collègues lui reprochent quoi au juste?  Ou alors c'est Shimi qui ne s'intéresse pas aux autres?

      • Mercredi 8 Septembre à 08:17

        Eulaline,

        Je pense que c'est le fait d'avoir été élevé par sa grand-mère qui la fait se sentir différente des autres. Et peut-être est-elle trop effacée pour que les autres la prennent en considération. Et puis parfois on ne sait pas à quoi cela tient mais certaines personnes sont ignorées des autres. Shimizu en fait partie. 

        Mais peut-être que cela changer à l'avenir... sarcastic

        Merci pour ton commentaire :)

      • Mercredi 8 Septembre à 08:38

        Je l'espère parce que, m'est avis, que bien plus que tout le reste, c'est la solitude dans laquelle elle s'est enfermée (la peur de décevoir? les relations sociales fantasmées qui ne peuvent que décevoir?  Et finalement le cercle vicieux où la vie, les autres donnent raison à la jeune fille?) qui mine Shimi :/  
        Je regarde Shimi avec curiosité, elle est absolument à l'inverse de tout ce que je connais dans la vraie vie.  C'est chouette même si j'aurais préféré qu'elle se sente bien dans son éducation et sa solitude; que pour le moins, cela lui permettrait d'avoir au moins un petit quelque chose de sympa dans sa petite vie.  Mais c'est loin d'être le cas :o  

      • Mercredi 8 Septembre à 09:44

        Eulaline, 

        Ceci était la situation initiale dans la vie de Shimizu. Et, comme l'a indiqué Arcaluce sur twitter, l'évanouissement est un signal fort que le corps de Shimizu lui envoie. Elle ne va plus pouvoir continuer à vivre de cette façon. Maintenant, à savoir si cela va évoluer en pire ou en mieux, je ne peux pas le dire pour le moment. 

        par contre, moi, j'en connais dans la vraie vie des personnes comme cela, j'en fais même plus ou moins partie (même si cela change un peu en vieillissant ^^). C'est même plus facile pour moi d'écrire sur une personne introvertie qu'une personne extravertie. intello

        On verra ce qui attend Shimizu dans le chapitre suivant. Si tu le veux bien, bien évidemment ^^.

        Merci en tout cas pour ton intérêt sur cette petite histoire ♥♥♥

      • Mercredi 8 Septembre à 10:08

        Pardon, ce que je voulais dire c'est que je ne connais pas de personnes IRL qui sont imprégnées de la culture: culte des ancêtres, être respectable, consulter des marieuses ... ce sont des notions très vagues pour moi.
        Pour moi, ce n'est pas être juste extravertie ou introvertie.  C'est vouloir se prendre en compte ou non, changer ce qui nous empêche d'être heureuse ou non.  Mais bon, quand on a toujours dû se battre pour exister et ne pas sombrer, comme moi, on ne peut pas comprendre qu'une personne se laisse porter par les événements, c'est normal, je pense; d'où mon intérêt, intérêt renforcé encore par le fait que Shimi ait un job dans les ressources humaines et ne parvienne pas au moins à aller déjeuner avec des collègues, attendent que celles-ci l'invitent, alors que la force d'une équipe réside aussi dans les relations perso qui sont créées par l'équipe et cela une employée en ressources humaines ne peut l'ignorer.  D'ailleurs, je ne comprends pas que le chef d''équipe ne voit pas le problème.  Et ce qui me turlupine aussi c'est que Shimi semble être débordée de travail, n'ait plus le temps pour rien et pourtant, elle regrette de ne pas faire de sortie avec les collègues.  Bref, j'adore tous les paradoxes qui font ce personnage très original de mon point de vue et très complexe aussi.  Tout ce que j'adore.

      • Mercredi 8 Septembre à 10:53

        En ce qui concerne la "culture" de Mont Komorebi, c'est vraiment assez léger ce que j'ai indiqué (la notion d'honneur pour le nom de famille, la marieuse, etc... ) et cela n'a pas une profondeur très importante. C'est surtout pour indiquer la situation et le vécu de Shimizu. 

        Pareil pour le travail, je n'ai pas été aussi loin dans la complexité car ce n'est pas vraiment là que va évoluer l'histoire wink2. Mais tu m'as donné quelques idées de réflexions et je rajouterais peut-être certains éléments dans les prochains chapitres. 

        Tes commentaires sont toujours très instructifs :D

    4
    Nathalie986
    Lundi 13 Septembre à 15:01

    Elle est bien triste la vie de Shimizu. Elle travaille jusqu'à épuisement et n'a aucune distraction. Rien qui puisse la rendre heureuse.

    J'espère qu'il va vote y avoir dans sa vie un évènement déclencheur qui va changer tout cela.

    En attendant, je me demande si ce n'est que la fatigue qui est responsable de son évanouissement ou si elle couve une maladie quelconque... 

      • Lundi 13 Septembre à 21:03

        Nathalie,

        Oui, la vie de Shimizu n'est pas très gaie. Il faut dire qu'elle a été élevé par une grand-mère quelque peu traditionnelle (je reviendrais d'ailleurs dans un prochain chapitre sur l'enfance de la jeune femme) où ne comptait que le mot devoir. Cela marque un peu. Mais elle aimait sa grand-mère et sa mort l'a beaucoup plus touché qu'elle ne le pensait. 

        L'évènement déclencheur dans sa vie, c'est sa maladie. On va voir comment cette perturbation va secouer la vie de Shimizu...

        Merci pour ton commentaire et ta lecture. C'est toujours très agréable d'avoir de nouveaux lecteurs ♥♥♥

    5
    GGO
    Mercredi 29 Septembre à 14:27

    La pauvre m'a tout l'air dépressive, et ça ne date pas d'hier si je lis entre les lignes. On peut supposer que la disparition des parents n'y est pas étrangère, c'est une première piste en tout cas. Livrée à elle-même, je pense qu'elle a décompensé. Sans penser à quelque chose de catastrophique tout de suite, je me dis que de fortes crises d'angoisse peuvent tout à fait faire perdre connaissance. C'est un signal d'alarme, c'est bien, il faut qu'il soit pris en compte maintenant.

      • Jeudi 30 Septembre à 08:52

        GGO, 

        Sans trop entrer dans les détails car il y a certaines éléments qui seront révélés vers la fin de l'histoire, Shimizu se reposait beaucoup sur sa grand-mère. Du fait de sa disparition et de l'absence de ligne directive, elle s'est sentie un peu perdue. Et oui, c'est plutôt une dépression en effet. 

        Alors, non, ce n'était pas une crise d'angoisse l'évanouissement mais bel et bien l'épuisement. Elle ne s'est pas écouté et a été jusqu'au bout de ses forces.

        Mais oui, maintenant, Shimizu va bien devoir s'écouter un tant soi peu. 

        Merci pour ton commentaire et ravie de l'intérêt que tu portes à cette histoire ♥♥♥

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