Chapitre 7 : "Devoirs"
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Les deux mois qui suivirent furent un enchantement pour Shimizu. Comme une fleur qui s’épanouit sous le soleil, Shimizu rayonnait grâce à la présence de Moé à ses côtés. Elle n’était plus la jeune femme éteinte arrivée au tout début mais une femme pleine de vie et qui profitait de tout ce que l’île pouvait lui apporter comme divertissement. Alors, certes, elle se ménageait encore car elle n’était pas encore arrivée au summum de sa forme. Mais elle n’avait plus le moral au plus bas et avait une vision de la vie un peu plus optimiste. Et puis avec Moé qui la câlinait, l’aimait, lui susurrait des mots doux tout le long de la journée, elle se sentait encore plus soutenue.
Pour autant, il y avait quand même un petit quelque chose qui tracassait Shimizu. Une petite horloge qui tournait dans sa tête et qui lui disait que cette parenthèse paradisiaque prendrait bientôt fin et qu’il lui faudrait revenir à la réalité de son existence. Elle essayait de passer outre et de penser à autre chose. Mais c’était quand même bien là, dans un coin de son esprit.
Et puis un jour, elle eut un appel d’Akari. Celle-ci lui indiqua que la croisière avec son collègue touchait à sa fin et elle allait bientôt retourner à Sulani. Elle resterait à l’hôtel Ohan’ali où elle l’attendrait pour embarquer à l’aéroport.
Shimizu reposa son téléphone et eut envie d’aller se réfugier en boule dans son lit. Mais cela ne résoudrait rien. Il allait bien falloir qu’elle parle avec Moé. Et c’est ce qu’elle fit en fin d'après-midi.
- Moé... J’ai eu des nouvelles d’Akari. Elle arrivera dans deux jours.
- Ah ! J’espère que sa croisière s’est bien passée. Veut-elle venir ici ?
- Non. Elle va s’arrêter à l’hôtel. Elle m’attendra pour partir à l’aéroport.
A ces mots, le visage de Moé se ferma un peu. Il refusait d’envisager le départ de Shimizu. Il reporta son regard sur elle.
- Déjà ? J’ai l’impression que c’était hier ton arrivée ici. Mais bon, ce n’est pas grave. On profitera de tes prochaines vacances pour se retrouver, même si je t’avoue que cela va me sembler long.
- Heu… non.
- Comment ça non ?
Moé regardait celle qui partageait ses journées et ses nuits depuis deux mois avec un air choqué. Shimizu eut une grimace. La conversation n’allait pas être aussi simple qu’elle ne le pensait.
- Moé… Soyons honnêtes, tous les deux. C’est de merveilleux moments que j’ai passé avec toi pendant ces trois mois, mais je crois que cela s’arrête là. Nous avons chacun une vie différente. Et moi, je dois retourner à mon existence à Mont Komorebi. J’ai des devoirs…
- Ah oui, des devoirs ! Comme ceux qui t’ont finalement amené ici pour te reposer !
- Moé…
- Quoi, Moé ? Je ne suis pas assez bien pour toi, c’est ça ? C’était juste une petite aventure exotique, histoire de mettre un peu de piment dans ta vie insipide ?
- Non, Moé.. Ce n’est pas ça.
- Et c’est quoi alors ?
- … Nous ne sommes pas du même monde, ni de la même culture. A long terme, cela ne pourra pas marcher.
- Tu ne veux même pas essayer !
Shimizu grimaça sous la colère du jeune homme. Elle n’aimait pas du tout les conflits mais Moé n’avait pas l’intention de lui faciliter la tâche. Il était furieux et déçu de voir que leur amour ne comptait finalement si peu pour la jeune femme.
- En fait, tu es une lâche, Shimizu ! Tu te caches derrière des prétextes pour éviter d’avoir à vivre une vie qui te ressemble vraiment et tu obéis à des préceptes anciens. Ce que tu as vécu en terme de maladie recommencera si tu ne t’écoutes pas. Mais soit ! Si c’est ainsi que tu désires vivre ta vie, je ne t’en empêcherais pas. Sur ce, je vais travailler. Bonne soirée.
Et le jeune homme sortit sans un regard en arrière. Ce fut la dernière fois que Shimizu vit Moé avant son départ de l’île. Car après cette scène, elle ne souhaitait pas rester dans la demeure et le côtoyer alors que tout était fini entre eux. Elle alla à l’hôtel et attendit le retour d’Akari.
Shimizu passa sa dernière nuit à regarder l’océan, se gorgeant du spectacle avant de partir. Dans ses valises, elle avait rangé les coquillages qu’elle avait trouvé avec Moé, des souvenirs qui resteraient doux-amers.











