• Chapitre 8 : Origines maternelles

    Je m’avançais vers ma mère et mon frère en haussant les sourcils.

    - Bonsoir Terry… Bonsoir Maman. Je ne m’attendais pas à te voir ce soir. Qu’est-ce qu’il se passe ?

    Ce fut mon frère qui répondit à la place de ma mère qui me regardait toujours sans mot dire.

    - En fait, j’ai dit à maman que je passais te voir ce soir et elle a voulu venir avec moi. Apparemment, elle aurait des choses à nous dire…

    Nous nous retournâmes vers maman avec des expressions interrogatives. Même si, en mon for intérieur, je me doutais un peu de quoi Maman voulait nous parler. Elle tourna son regard vers moi et me sourit doucement.

    Chapitre 8 : Origines maternelles

    - Dis-moi, Allie… Après ce que je t’ai dit hier, as-tu essayé de faire quelques recherches ?

    - … Pas encore.

    - Voilà. C’est ce « pas encore » que j’ai préféré devancer . Je n'ai pas envie que tu déterres quoi que se soit que tu pourrais mal interpréter. Mes chéris, je vais vous parler de ma famille maternelle... votre famille aussi.

    Maman caressa doucement l'épaule de mon frère. Celui-ci se retourna vers moi avec une moue encore plus perplexe qu'avant. Ah, maman ! Tu n'avais  rien dit, à aucun de nous deux.

    Je les fis entrer dans la maison et les invitais à s'asseoir à la table. Histoire de se donner une contenance, et peut-être aussi pour calmer sa nervosité, maman me demanda un thé. Assise à la table, elle resta un instant pensive devant la volute de fumée qui s'élevait de sa tasse. Puis elle releva la tête et nous regarda avec une expression résolue.

     

    - Bien.. Terrence, Aliénor. Je crois qu'il est temps que je vous parle de votre famille maternelle. C'est un oubli tout à fait volontaire de ma part, j'en conviens. J'avoue ne pas avoir envie d'en parler, car ce n'est pas la période la plus heureuse de ma vie et c'est difficile pour moi de m'y replonger. Mais le retour d'Allie à Newborn m' a fait comprendre que je ne pouvais pas rester silencieuse plus longtemps... J'ai fait des erreurs envers toi, ma fille et j'en suis désolée...

    Maman me regarda la mine attristée et je hochais la tête, mais ne cherchait point à prendre la parole. J'avais vraiment envie de savoir.

    Chapitre 8 : Origines maternelles

    - ... Par où commencer ?.... Par les origines, bien sûr... Tout a commencé en Ecosse dans les années 1930. Vos arrières grands-parents, Duncan et Moïra MacBairn. Oui, MacBairn est mon nom de jeune fille... Duncan et Moïra étaient d'humbles ouvriers, assez pauvres qui vivaient du mieux qu'ils pouvaient dans la campagne aux alentours d'Edimbourg.

    Chapitre 8 : Origines maternelles

    Et puis, un jour, Duncan en eut assez de cette vie de misère et décida de tenter sa chance à Londres. Le problème, c'est qu'il ne trouva pas un travail honnête dans une des nombreuses manufactures de la ville, mais dans une branche de la mafia... Pourquoi, comment, mon père ne m'en a jamais dit plus à ce sujet et le fin mot de cette histoire c'est définitivement perdu.

    Toujours est-il que leur vie de misère, à Moïra et à Duncan fut quelque peu terminée et ils eurent le "luxe" de pouvoir agrandir leur famille de cinq enfants. Mais seuls deux survécurent à la petite enfance. L'hygiène et la médecine n'était évidemment pas la même qu'à notre époque.  Il y eut donc Anietta, une fille qui plus tard devint nonne et qui perdit contact ensuite avec ses parents ; et ensuite, Bruce, mon père...

    Chapitre 8 : Origines maternelles

     

    "Comme je l'ai déjà indiqué à Aliénor, et comme je pense savoir ce qui te préoccupe en ce moment Terry, il y a une particularité qui se perpétue dans notre famille, que vous appelez maintenant "la Douance".  Ma grand-mère, Moïra, était une douée et avait une mémoire phénoménale. Puis ce fut Bruce, mon père qui hérita de la Douance avec une facilité dans les chiffres et autres problèmes compliqués. Le patron de Duncan en vint à l'apprendre et surveilla plus attentivement mon père quand celui-ci devint un adolescent. Il fut alors embauché par la mafia dans la partie Casino  et autres magouilles en tout genre. Bien sûr, mon grand-père n'y trouva rien à redire puisqu'il travaillait déjà pour eux. Quand à ce que pensait ma grand-mère... Qui s'occupait de ce que pensaient les femmes à cette époque-là, hein ?.... "

    Chapitre 8 : Origines maternelles

    "Bref. Bruce était tellement doué qu'il monta très vite dans la hiérarchie et seconda bientôt un parrain à New York. Et c'est là qu'il rencontra la jeune femme qui allait devenir ma mère, Lucy Harvest... Comme tout début en amour, il y eu les rendez-vous, les fiançailles, puis le mariage. Il n'avait pas besoin de mentir sur son travail car ma mère faisait partie prenante du milieu... Elle était la nièce d'un des parrains mafieux..."

    Chapitre 8 : Origines maternelles

    Moi et mon frère nous nous regardâmes, la stupeur dans notre regard. Jamais nous n'aurions imaginé ce pan de l'histoire familiale.  Et, je commençais à me douter, intuitivement, de ce que notre mère allait raconter par la suite... Vu comment elle avait réagi dimanche...

    " ... Les années passèrent et mes parents eurent des jumeaux, Conrad et Grégoire. Et moi ensuite. Mon père prenait de plus en plus d'importance au sein du clan. Seulement, le parrain vieillissait et il allait bientôt passer la  main. Le problème était qu'il avait deux fils. Lequel des deux prendrait donc le pouvoir ? Mon père crut tout naturellement que cela serait l'aîné qui reprendrait la succession et il s'engagea envers lui plus que la prudence ne lui aurait conseillé... Et, évidemment, fatalement, ce fut le fils cadet qui reprit les rênes de l'organisation. Et, ce fils cadet, Alberto de son prénom était... quelque peu sanguin... et rancunier. Il fit abattre son frère et élimina tous ceux qui avaient pris parti contre lui. "Si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi", telle était sa philosophie... Il aurait donc dû abattre mon père, n'est-ce pas ? Mais ses dons en faisaient quelqu'un de précieux pour l'organisation. Alors, pour le punir, et pour l'obliger à lui obéir, il élimina... ma mère..."

    La voix de maman devint chevrotante et elle ferma quelques instants les yeux, laissant écouler une larme qui glissa silencieusement sur sa joue. J'allais faire un geste, mais elle rouvrit les yeux et m'arrêta d'un regard. Certaines choses devaient être dites sans interruption.

    "... J'avais cinq ans. J'étais à la maison à ce moment-là. Maman a eut le temps de me cacher dans le placard avant que les tueurs ne la trouvent.... Je n'ai pas pleuré, je n'ai pas crié.... Mais qu'il a été difficile de l'entendre hurler sans rien pouvoir faire... Cinquante ans après, cela me hante encore... "

    Chapitre 8 : Origines maternelles

     

     

    Chapitre 8 : Origines maternelles

     La mort de maman commença à changer mon père. Lucy  avait été tout pour lui, c'était son seul et unique amour. Il échafauda un plan pour s'enfuir de la mafia, non sans au préalable préparer une vengeance envers le nouveau parrain…. Nous nous enfuîmes une nuit, laissant à jamais notre ancienne maison, l’endroit où j’avais grandi… Mais avant de partir à tout jamais de New York, mon père avait vendu Alberto, le nouveau parrain à la Police…. Ce qui n’a pas été bien pris par la Pègre et un contrat fut mis sur sa tête…. Et sur les nôtres, tant qu’à faire…. Nous vécûmes ainsi pendant une dizaine d’années. J’ai passé toute mon enfance à fuir au moindre bruit, à la moindre menace… Malheureusement, malgré toutes les précautions que prit mon père, cela ne suffit pas. Il fut tué un soir avec Grégoire, alors qu’ils rentraient de faire des courses et revenaient dans notre petit logement, dans un endroit de seconde zone… Heureusement pour moi, Conrad avait tout de suite réagi et nous partîmes avant qu’ils puissent nous repérer…. Mon frère était un adolescent qui n’a jamais eu d’enfance mais qui s’occupa du mieux qu’il pouvait de moi. Nous ne restions jamais longtemps au même endroit, juste le temps que Conrad puisse trouver un petit boulot qui nous permettre de vivre un tant soi peu. Autant vous dire qu’au niveau éducation, cela n’a pas vraiment été ça… Même si mon frère faisait du mieux qu’il pouvait. Et puis, nous arrivâmes à Newcrest, la ville qui se trouve à quelques kilomètres de Newborn. Et là, nous pûmes enfin nous poser quelque peu. Conrad réussit à trouver un travail stable, je repris une scolarité un tant soi peu normale, me mis au sport…. Et rencontrai votre père… La suite, vous la connaissez… »

    Maman s’arrêta de parler et le silence se fit dans la pièce. La digestion de toute cette information allait être difficile, à moi et à mon frère également. Mais ce fut lui, qui en premier réagit. Il se leva et étreignit ma mère, fortement.

    Chapitre 8 : Origines maternelles

     

    Elle se mit à pleurer à gros sanglots. C’était assez effrayant d’entendre sa propre mère pleurer ainsi. La culpabilité m’étouffait : pourquoi n’avais-je donc pas tenu ma langue ? Car au final, je regrettais fort d’en savoir plus sur la famille de maman. L’ignorance avait été bien plus rassurante. Tant de souffrances et de chagrins.

    Mais, parce que c’était moi, et que ma curiosité était éveillée, il fallait que j’en sache plus encore. Je me levais à mon tour et posais une caresse sur l’épaule de maman.

    - Je suis désolée Maman de t'avoir obligée à te rappeler ces moments douloureux.

    - Non, ma chérie, ne sois pas désolée... Il était temps que vous sachiez ce morceau d'histoire qui vous appartient également... Mais j'avoue que je ne renouvellerai pas l'expérience, c'est trop éprouvant.

    - Sinon, il y a une question que je me pose.... Qu'est devenu ton frère Conrad, notre oncle donc ? Je ne crois pas qu’on ne l’ait jamais vu à la maison...

    - Ha Conrad... Il était bien installé à Newcrest en effet et était content lorsque je me suis mis en ménage avec Alexander.... Une maladie foudroyante l'a emporté alors que Terry n'avait même pas deux ans.  Je crois qu'il a lâché l'affaire quand il a vu que je m'en sortais bien. Et puis la mort de son jumeau l’avait fortement atteint, et il n'en s'est jamais remis...

    Nous restâmes tous les trois silencieux. J'étais horrifiée de tout ce que maman avait vécu. Elle avait perdu toute sa famille proche et de manière effroyable. Et pourtant, elle nous avait élevé somme toute assez normalement. Terry et moi n'avions pas eu l'impression qu'elle eut subi un traumatisme aussi important.  je regardais maintenant maman d'un œil neuf. J'étais admirative quant à sa façon d'avoir pu gérer tout ça, alors qu'elle avait un ménage à faire tourner et deux petits enfants à élever. Ou alors, est-ce que cela avait été un refuge pour elle ? Et puis une pensée me vint, assez absurde.

    - ... Dis-moi, maman, La famille Raven, celle de papa, est-elle aussi rasante que ce qu'on voit ou est-ce qu'elle a des choses à nous cacher elle aussi ?

    Chapitre 8 : Origines maternelles

     

    Maman resta un instant interdite puis éclata de rire devant l'incongruité de la question. Cela permit au moins de détendre l'atmosphère.

    - Ho non, non ma chérie. La famille de votre père est aussi rasante qu’elle nous le montre. Il n’y a pas de squelettes dans le placard chez eux !

    Je souris aussi devant le trait d’esprit de ma mère puis me tournait vers mon frère. Celui-ci fronçait les sourcils, en proie à une réflexion qu’il nous fît partager aussitôt.

    - Maman… Donc, toi et ton frère vous avez pu échapper à des tueurs de la Mafia… Mais, est-ce que ce contrat est toujours actif ? Est-ce que nous, tes enfants (et ta petite-fille) sommes en danger ?

    Maman resta un instant silencieuse. Pourquoi n’y avais-je pas pensé moi aussi ? Alors que Terry avait tout de suite vu les implications. Pour lui, sa femme et sa fille.

    - Mon chéri…. J’ai 60 ans. Et depuis que nous nous sommes installés Conrad et moi à Newcrest, alors que je n’avais même pas vingt ans, personne n’est venu. Tueur de la Mafia ou autre. Conrad avait bien réussi à les semer. Et puis j’ai suivi les informations : le réseau mafieux d’Alberto a été démantelé très rapidement par les juges et la police. Donc, plus personne ne doit se rappeler de l’ancienne vindicte contre la famille Mac Bairn…. Par contre, là où j’ai eu le plus peur c’est quand Allie a fait sa bêtise…

    Chapitre 8 : Origines maternelles

     

    Ils se retournèrent tous les deux vers moi, maman avec un regard chagrin et Terry perplexe et interrogatif. Bon. C’est vrai qu’il n’avait jamais vraiment su. Allez, pour moi aussi, c’était le grand déballage.

    - Allie… Je n’ai jamais vraiment compris cette histoire… Et que tu sois partie si vite à San José… Qu’as-tu donc fait exactement sœurette ?

    - Hum…. Je me suis infiltrée dans les bases de données de la Banque Fédérale de Newborn et… J’ai subtilisée sur plusieurs comptes environ 10 millions de dollars...

    - QUOI ?!!!

    - Oui…. Enfin… Je les ais rendus assez vite hein… C’était surtout histoire de fanfaronner et leur indiquer que leur système n’était pas protégé du tout, puisque j’y suis rentrée très facilement…. Bon, c’est sûr, qu’à postériori, ce n’était pas très malin de ma part. Toute cette histoire aurait pu tourner très mal. Heureusement pour moi, Louis Sarren est intervenu très vite pour me repêcher avant que les autorités judiciaires entrent en jeu. Il a trouvé cela assez drôle et en même temps, cette histoire lui a bien servi, car son entreprise a eu un contrat exclusif avec la banque pour la mise en place d’un logiciel ultra-sécuritaire…. Voilà, tu sais toute l’histoire, Terry.

    Bon, en fait, non. Maman et Terry ne savaient pas tout. Il y avait une petite partie de l’argent qui n’est pas revenue tout de suite sur les comptes. Cette partie a transité et fait maints détours avant de revenir dans le giron de la banque. Et, depuis, quelque part, sur un compte domicilié aux Iles Caïmans, une somme d’argent grossissait chaque année. C’était une assurance pour l’avenir. Un petit bas de laine « au cas-où ». Bien évidemment, je savais très bien que cet argent était quelque peu illégal. Mais, en même temps, cet argent, je ne l’avais pas pris sur n’importe quel compte. Et celui où je l’avais pris n’était pas blanc comme neige. Personne ne s’était plaint du petit retard de transfert.

    Finalement, je me demandais si le sang MacBairn du côté de maman ne coulait pas un peu trop fort en moi..

    Mon frère me regarda avec un autre regard que celui dont il avait l’habitude : un peu amusé, un peu moqueur. Là, il y avait comme un certain respect.

    - Eh bien ! Je ne me m’attendais pas à ça. Tu ne fais jamais les choses à moitié, Sœurette. Au fait, pour en revenir au but de ma visite…Hum, Pattie et moi nous nous doutions de quelque chose concernant Annabelle. Nous avons été chez la psychologue la semaine dernière qui lui a fait passer des tests. Notre fille est également une douée.

    Je haussais les sourcils de surprise et maman poussa un soupir. Oui. Encore une. Apparemment, notre famille n’échappait pas à son destin. J’espérais pour ma nièce que sa qualification de « haut potentiel » ne lui enlèverait pas sa part au bonheur.

    - Allie. Ce que je voulais te demander, c’est, si tu pouvais faire des recherches sur l’institution « Constellation » qui n’est pas très loin d’ici. Je veux le meilleur pour ma fille quant à ses capacités, mais pas sans savoir où je mets les pieds.

    - Pourquoi veux-tu que je fasse des recherches ? Tu n’as pas confiance dans cette institution ? C’est Louis Sarren qui l’a fondé…

    - Cofondé ! Avec le couple Bassington. Et, on ne peut pas dire que je les porte dans mon cœur ces gens-là, vu comment ils ont élevé leurs enfants. Mais tu en sais quelque chose, hein ?... Enfin, tu peux faire ça pour moi ?

    - Bien sûr !

    - Et légalement, hein !

    - Rhooo, Terry ! Bon, je pense que je devrais arriver à trouver facilement des informations. Elle doit avoir quand même pas mal de publicités.

    Sur mes dernières paroles, Maman et Terry se levèrent. Il était temps pour eux de me laisser. Une dernière accolade et je me retrouvais seule, digérant toutes ces informations que je venais de recevoir.

    Chapitre 8 : Origines maternelles

     

    Et là, malgré tout, malgré cette vérité enfin apprise, il y avait une partie de moi qui se demandait pourquoi j’étais revenue ici. L’insouciance avait du bon aussi…

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 23 Juillet 2017 à 11:35

    Dis donc... Une lignée de criminels... La famille d'Aliénor n'en finit pas avec les secrets!

      • Lundi 7 Août 2017 à 10:28

        Et oui, on y aurait pas cru au premier abord. Mais Karine a toujours essayé de protéger au maximum ses enfants et puis surtout, penser le moins possible à cette période de sa vie si sombre et si douloureuse.

        Merci de ton passage par ici PrincesseSey :)

    2
    Jeudi 3 Août 2017 à 11:12

    Au final, heureusement qu'elle est revenue... Bon d'une part parce qu'il n'y aurait aucune histoire à raconter mais aussi parce qu'enfin elle va pouvoir changer son regard sur sa famille. J'espère juste qu'elle pourra protéger sa nièce de ce qui l'attend car quelque chose de louche est derrière tout ça, je le sens!

      • Lundi 7 Août 2017 à 10:32

        Revenir à Newborn permet à Aliénor, finalement, de grandir un peu et de comprendre un peu mieux sa mère et les attentes qu'elle a eu envers sa fille. je pense que les relations seront maintenant un peu plus apaisées. Reste plus que le père, quoi !^^

        Quelque chose de louche ? Ah bon ? ;)

        La nièce nous la reverrons dans un prochain chapitre.

        Et merci de ton commentaire. J'espère que la suite te plaira.

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