• Samedi soir – Maison d’Hendrick et Amanda

     Chapitre 9 : Des courants contraires

     Au pas lourd qu’Hendrik fit peser sur le plancher en rentrant dans la maison, Amanda sut qu’il était contrarié. La jeune femme brune poussa un soupir. Cela allait sûrement lui retomber dessus. Comme tous ces derniers jours. Elle finit quand même de mettre la table et se retourna avec un sourire forcé quand son mari entra dans la pièce.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     - Bonsoir Hendrick. La journée s’est bien passée ?

     

    Il la toisa un instant, silencieux, le regard noir puis il posa sa sacoche sur un fauteuil. Il vint lentement jusqu’à elle, la mine de plus en plus revêche. Amanda se tordit les mains, nerveuses. Finalement, il s’arrêta devant elle et eut un bref ricanement sec.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    - Tu allais me le dire quand ?

    - Heu… Te dire quoi ?

    - Ne fais pas l’innocente ! Ta fonction auprès de Gunther !

    - Ho ! …. Cela a donc été accepté ?

    - Bien sûr que cela a été accepté !!! Je suis passé pour le dernier des imbéciles en ne sachant pas ce qui se passe dans ma propre maison…

    - Mais… Je … Je ne pensais pas du tout que cela se ferait… J’en avais juste parlé comme cela avec Gunther…

    - Et cela fait combien de temps d’ailleurs que tu le fréquentes ainsi, Gunther ?

    - … Depuis deux ou trois mois. Je m’ennuie un peu maintenant que Moïra est moins dépendante de moi et qu’elle marche. Je lui avais juste proposé de l’aider à trier ses papiers..

    - Et cette histoire de courants telluriques ?

    - J’en suis la première étonnée, Hendrick ! Crois-moi ! … Mais c’est fascinant de sentir l’énergie  circuler ainsi en dessous de la ville.

    - Et donc, tu es finalement plus puissante que tu ne me l’as dit ? De quoi m’as-tu menti encore ?

    - Mais non ! Sentir les courants n’a rien à voir avec mon pouvoir. Ce n’est pas la même chose. Je suis toujours au même point avec mon « pouvoir », mon  Affinité de Séduction…

    - Ouais, ouais… Et ce fils, quand est-ce que nous allons le faire ?

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     Amanda se figea et devint pâle. Elle eut un sourire hésitant.

     

    - Je… Pas maintenant, Hendrick. Je suis dans ma période…

    - Il y a toujours quelque chose qui ne va pas… Là, c’est tes règles, la dernière fois c’était la migraine. Je vais finir par perdre patience, Amanda.

     

    Il se rapprocha d’elle et lui prit le menton d’un geste brusque, la fixant dans les yeux. Elle déglutit nerveusement.

     

    - Moïra a maintenant un an et demi. Il est temps de mettre en route notre héritier !

    - Mais, et Moïra, cela ne peut pas être ton héritière ?

    - Non ! Les filles ne comptent pas…. La prochaine fois, je n’accepterai pas de refus de ta part, tu as compris ?

    Sa main était descendue contre son bras et le serrait fortement, très fortement. Amanda grimaça sous la douleur. Ses yeux dérivèrent soudain vers la porte et elle vit que Moïra se tenait là et les regardait fixement. Depuis combien de temps se tenait-elle là ? Et qu’avait-elle entendu ? … Et compris ?

     

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      - Ho Moïra ! Ma chérie. Tu as besoin de quelque chose ?

    - Papa fâché ?

     

     La toute petite fille avait parlé d’une voix tremblante et craintive et regardait son père d’un air apeuré. Amanda se dégagea des bras d’Hendrick et vint prendre Moïra dans ses bras. 

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     - Mais non ma chérie. Papa parlait juste un peu fort.

    - Hmmfff !

     

    Hendrick renifla dédaigneusement puis prit sa sacoche et sortit de la pièce non sans un dernier regard froid vers sa femme. Elle savait que la conversation n'était pas terminée et qu'ils la reprendraient bientôt. Elle reposa son regard sur sa fille et sourit doucement. Leur union lui avait quand même apporté un point satisfaisant : la naissance de Moïra.

     

    - Tu as faim ma chérie ?

    - Oui !!!

     

    Amanda porta sa fille dans la chaise haute puis lui donna à manger.

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    Elle s'assit à côté d'elle et laissa son regard dériver dans la pièce. Cela faisait deux ans et demi qu'elle était arrivée ici maintenant, mais cela était encore bien difficile pour elle. Le choc entre la culture américaine et la culture française avait été rude. Elle n'avait que peu d'amis ici, à part Gunther Kessler et Helen Bergshein. Mais il faut dire que c'était également un choix de sa part. Elle ne souhaitait pas qu'on la connaisse trop intimement. Derrière son apparence fade et lisse, le feu couvait encore.

     

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    La jeune femme secoua la tête pour chasser les pensées qui menaçaient de l'envahir et se tourna vers Moïra qui était en train de se laver les mains dans la purée.

     

    - Holà, holà petite coquine ! On va arrêter là, je crois !

     

    Elle eut un petit rire et sortit sa fille de la chaise haute. Il était temps de la mettre au lit. Amanda la prit dans ses bras et monta à l'étage. Une fois lavée, déshabillée et mise en pyjama, la petite fille fit un gros câlin à sa maman.

     

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    - Que veux-tu que je te raconte comme histoire ce soir, ma puce ?

    - D'agon, D'agon !!

    - Encore ? Mais nous l'avons déjà lu hier !

    - Si, si ! En'ore, En'ore !

     

    Amanda haussa les épaules et sourît. La fascination de sa fille pour les histoires de dragons et de dinosaures l'amusait. Elle prit sa place sur le petit lit bleu et commença à lire l'histoire. Cinq minutes plus tard, sa fille dormait à poings fermés. Amanda resta un instant à regarder son visage paisible et innocent, vierge de tout tracas.

     

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    Elle espérait que la vie lui épargnerait bien des chagrins et qu'elle aurait son lot de bonheur. Elle poussa un soupir puis se leva  et regagna sa chambre. Elle savait qu'Hendrick était dans son bureau et qu'il en aurait sûrement pour longtemps avant qu'il la rejoigne. C'était toujours du temps de gagné. Elle entreprit de se déshabiller puis une fois devant sa coiffeuse et démaquillée, elle plongea son regard dans le reflet de son visage nu.

     

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    Ce n'était pas l'avenir qu'elle avait espéré étant plus jeune, cela en était même bien loin. Elle n'avait pas rencontré le grand amour tant espéré. Et son rôle influent dans la communauté de la Nouvelle-Orléans n'existerait jamais. Elle ne serait jamais une Matriarche.  A cette dernière pensée elle eut envie d'appeler sa mère. Elle regarda sa montre. Il devait être le matin outre-Atlantique. Sa mère décrocha à la troisième sonnerie.

     

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     - Bonjour ma fille. Ou plutôt, bonsoir.

    - Bonjour maman. Comment vas-tu ?

     

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    - Très bien, très bien. Comme d'habitude. La petite Moïra se développe bien ?

    - Ho oui, il n'y a pas de soucis. C'est une enfant enjouée et facile.

    - Tant mieux.... Son affinité a t-elle été découverte ?

    - Pas encore.... La cérémonie aura lieu dans 3 ou 4 ans.

    - Si tard ! .... Bon, il est vrai qu'ils ne font pas pareil que nous, c'est ainsi. Mais et toi, n'as-tu rien senti, rien décelé en elle ?

    - Je... Je ne suis pas sûre.. Mais je la sens parfois réceptive à l'eau ... Et aux élémentaires....

    - Aïe ! J'espère qu'elle ne sera pas comme toi alors...

    - Maman... Quand est-ce que ma punition sera levée et pourrais-je revenir à la Nouvelle-Orléans ?

    - ... Tu n'as pas encore compris, Amanda ? Tu vas devoir rester à Lenzasen toute ta vie.

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    - Mais.... mais c'est injuste !

    - Injuste ?!!! Et ce que tu as fait alors ? Tu en savais les conséquences et tu as préféré quand même agir, rien que pour tester les limites de ton pouvoir… Rappelles-toi ce qui est arrivé à Tom...

    - Mais je ne l'avais pas fait exprès...

    - Avec le pouvoir qui était le tien, tu avais une responsabilité importante mais tu n'as pas décidé d'en tenir compte. La punition a été à la hauteur de ta faute.

    - Maman... Je ... Je ne m'entends pas avec Hendrick... Il n'est pas agréable avec moi.

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    - Ce n'est pas mon  problème ! Tu es une Mayfair, Amanda. Tu devrais savoir manœuvrer les hommes... Et puis, sinon, prends un amant, cela te fera du bien.

    - Je ne suis pas comme toi !

    - Eh bien tu as tort. Laisses-toi donc gouverner par ce petit roquet, alors. Mais ne viens pas pleurer dans mes jupons.

    - Et mon pouvoir ? Est-ce que je vais le récupérer un jour ?

    - Non. Ou alors pas avant longtemps. Lorsque tu auras acquis un peu de sagesse. Ce que je t'ai laissé te suffit amplement là où tu es. Je n'ai pas envie que tu provoques un autre désastre. Surtout à Lenzasen.

    - Maman...

    - Amanda, ce n'est pas comme si nous n'avions pas eu cette conversation de multiples fois. Tu dois accepter ce qui t'as été échu. C'est ainsi.

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    - Mais... Et les Matriarches ?

    - Quoi les Matriarches ?

    - Qui va te succéder ? Je suis ta seule fille... Tu laisseras le Convent de la Nouvelle-Orléans sans Mayfair à sa tête ?

    -... Rien n'est éternel ma fille. .. Et puis, je suis encore en âge de procréer... Mais non. C'est Laurier, ta tante qui aura des enfants pour assurer la lignée. Il faut que tu te mettes en tête que tu n'appartiens plus aux Matriarches Mayfair. Ta vie est à Lenzasen, auprès de ta fille et de ton mari. Ou de quelqu'un d'autre si vraiment tu le trouves trop insupportable. Essaies d'avoir un peu d'imagination. Tu pourrais être très influente là où tu es.

    - Je n'ai plus de pouvoirs maman ! Comment veux-tu que je sois influente ?

    - Il n'y a pas que le Don de Gaïa ! Regarde donc les humains normaux. Ils n'ont pas de pouvoirs, eux, mais certains arrivent très bien à avoir plus ascendant sur les autres. Réfléchis donc ! Sur ce, je te laisse, j'ai à faire. Bonne soirée ma fille.

     

    Et Andromaque Mayfair raccrocha. Amanda resta un instant immobile le téléphone dans la main, en ayant brusquement une forte envie de le balancer contre le mur. La conversation avec sa mère se finissait toujours ainsi. Frustrante et énervante. Elle aurait aimé que sa mère soit plus compréhensive et plus douce mais il ne fallait pas trop en demander à Andromaque Mayfair.

     

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    Amanda se leva de la coiffeuse et alla se coucher. Demain serait une autre journée. Peut-être serait-elle un peu plus satisfaisante.

     

    Lundi matin - Bibliothèque municipale de Lenzasen

     

    Une fois Hendrick parti à son cabinet médical, Amanda emmena Moïra à la garderie où travaillait Helen Bergshein à mi-temps, ainsi que les sœurs Engelfrau, Sarah et Capucine. Amanda les appréciaient beaucoup toutes les trois, même si elle avait plus d'affinités avec Helen. Elles étaient toujours douces avec les enfants et Moïra avait l'air d'apprécier le lieu.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    Quelques mots aimables, une dernière caresse à sa fille et Amanda se rendit à la bibliothèque où l'attendait Gunther.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

      

    Celui-ci lui indiqua de monter à l’étage, dans la salle où se tenaient les réunions du Convent. Le regard d’Amanda se tourna tout de suite vers la statue de Gaïa.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    Elle eut une brève prière puis reporta son attention vers Gunther. Celui-ci lui sourit gentiment.

     

    - Je suppose qu’Hendrick t’as fait part de la décision du Convention sur le fait que tu sois mon assistante ?

    - Heu… oui. Enfin, on ne peut pas dire qu’il était très content de cette décision…

     

    Gunther fronça les sourcils puis posa doucement sa main sur le bras d’Amanda.

     

    - Amanda… Si vraiment cela doit te poser problème avec Hendrick, je peux me débrouiller seul. Je ne voudrais pas causer le moindre problème dans la relation avec ton mari.

     

    Pour toute réponse, Amanda eut un rire sec. Elle leva le menton et posa un regard déterminé dans celui du vieil homme.

     

    - Non, Gunther, ça va aller. Je veux t’aider, je veux être utile ici… Pour tout te dire, je m’ennuie chez moi. J’aime beaucoup ma toute petite fille, mais je n’ai pas assez de stimulations dans la journée. J’aurai pu seconder Hendrick dans sa paperasse administrative, mais il ne souhaite pas que je l’aide là-dessus. C’est un peu frustrant de ne rien avoir à faire…

    - Bien, bien… Alors, cela me va. Et ne t’inquiète pas, tu vas en avoir du travail par ici… Prends un siège, on va commencer par un peu d’histoire.

     

    Amanda prit donc place à côté de Gunther et attendit sagement que celui-ci se remette à parler.

     

    - Que sais-tu sur l’origine des Convents, Amanda ?

    - Heu…. Ils sont très vieux ?

    - Ha, ha. Oui, en effet…. Le tout premier Convent a été instauré en Afrique, à Quazdeh plus exactement. Là où se serait tenu le Pacte, il y a de cela très, très longtemps… D’ailleurs, celle qui préside le Convent, on l’appelle « Mater ». Et non pas Grande-Maître.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

    A l’origine, les Convents servaient juste de lieu de ressourcement pour les Enfants de Gaïa. Un endroit pour reprendre des forces et faire une pause après avoir parcouru la Terre. C’est pour cela qu’on trouve les courants telluriques en dessous des Convents… Tout allait bien au début, et puis, au fur et à mesure que la population humaine s’est agrandie, les Convents se sont de plus en plus structurés. Au début, les gens « normaux » utilisaient les services des Enfants de Gaïa et écoutaient leurs conseils, leurs avis pour utiliser au mieux les ressources environnementales. Et puis, lorsque les religions monothéistes se sont bien implantées, le regard des personnes à notre égard a changé. Il est devenu hostile et haineux petit à petit…. On nous a appelé « sorciers, sorcières »….  Les Enfants de Gaïa ont dû se protéger. C’est ainsi que les Convents sont devenus des refuges et des abris pour notre communauté. Et, au lieu d’interagir avec la population alentour, nous nous en sommes coupés. C’est une erreur que je déplore profondément.  Notre rôle n’est pas de nous tenir à l’écart mais bien de partager notre savoir et nos dons avec toute l’humanité… Enfin, nous ne pouvons guère changer le passé…

    - Mais… à Lenzasen, pourtant, vous êtes mêlés à une population sans affinité, normale. Cela m’a d’ailleurs étonnée quand je suis arrivée ici. Ce n’est pas le « ghetto » que je m’attendais à voir..

     

    Gunther, au mot ghetto, tiqua  et sa figure s’assombrit un peu. Mais il retrouva bientôt le sourire.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    - Ah, Lenzasen… C’est un cas particulier en effet. Notre petite ville est très ancienne. C’est l’ancêtre de Viviane Fydren qui a fondé la ville en tant que telle, dans la période du Haut Moyen-âge. Mais avant cela, cet endroit était déjà un carrefour d’échanges importants… Mmmh… Viens, lèves-toi, je vais te faire faire un petit exercice.

     

    Amanda suivit Gunther jusqu’à la statue de Gaïa. Le vieil homme lui demanda de s’asseoir sur le petit tabouret qui se tenait devant la statue. Amanda obtempéra puis leva son visage vers Gunther avec une mine interrogative.

     

    - Bien… Je vais te demander de fermer les yeux de chercher les courants telluriques. Tu me diras ensuite ce que tu as vu.

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     

    Amanda ferma les yeux et se concentra. Son esprit dériva un instant puis elle sentit le léger picotement du courant énergétique. Elle plongea son esprit dans la terre et trouva le flot qui circulait sous Lenzasen.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    Cette fois-ci, elle décida de suivre le courant et de voir jusqu’où il l’emmènerait. Son chemin s’arrêta bien vite et elle eut une exclamation de surprise : un gros nœud énergétique se trouvait à quelques mètres sous la ville et brillait puissamment. Cela suffit à la déconcentrer et elle rouvrit les yeux. Gunther hocha la tête d’un air entendu.

     

    - Ce… Ce nœud est là depuis quand ?

    - Je pense depuis toujours… Mais il n’était pas aussi puissant que maintenant. Je le sentais à peine quand je suis arrivé ici il y a une trentaine d’années.  Mais avec tous les Convents qui se ferment actuellement, les courants qui circulaient dessous se dispersent et la majorité de l’énergie tellurique revient par ici…. Pour tout t’avouer, je n’arrive pas à comprendre pourquoi elle revient ici spécifiquement. La seule pensée qui me vient à l’esprit, c’est que Lenzasen était un endroit spécial pour Gaïa… Elle a du venir ici souvent dans le passé et l’endroit en a gardé la mémoire… Jusqu’où peux-tu suivre les courants, Amanda ?

    - Ho… Un peu plus loin que la ville de Lenzasen, dans les plaines. Mais ma vision s’arrête là. Je sens un léger picotement, je sais qu’ils vont plus loin mais je ne peux les suivre.

    - Ce n’est déjà pas si mal. Peu d’Enfants arrivent à voir tout cela. C’est étonnant d’ailleurs que tu arrives à sentir si fortement les courants telluriques et que ton affinité, à contrario, soit si restreinte… Mais bon, il y a tellement eu d’autres bizarreries dans les Affinités que plus rien ne m’étonne…

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     

    Amanda eut un léger sourire gêné mais ne répondit pas. Elle ne pouvait quand même pas lui dire que son pouvoir avait été en grand partie étouffé par sa mère. Non, personne ne devait savoir. Elle se releva et fit quelques pas dans la pièce. Elle survola du regard les ouvrages qui étaient rangés, le fauteuil de la Grande-Maître puis revint sur Gunther.

     

    - En quoi vais-je t’aider exactement, Gunther ?

    - Hmmm… Le travail que je vais te demander d’effectuer en premier lieu sera de trier les archives des anciens convents, scellés depuis très longtemps. Je ne m’en suis jamais occupé jusqu’à présent, mais il serait quand même temps de s’y mettre. Je souhaiterai que tu tries tous les papiers par ordre chronologiques et que tu regardes s’il y a des choses qui sortent de l’ordinaire.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     

    - Tu cherches quelque chose de précis ?

    - Pas vraiment… Enfin,.. plus ou moins. Mais je ne t’en parlerai pas car je ne veux pas t’influencer dans ce que tu liras. Bon, on va en rester là pour aujourd’hui. On se retrouve demain matin à la même heure ici ?

     

    Amanda hocha la tête. Cela lui convenait très bien. Elle dit au revoir à Gunther puis sortit de la bibliothèque et flâna quelques instants au bord du canal. Un léger sourire s’étirait au coin de ses lèvres. Malgré ses études avortées en Histoire à cause de sa « faute », elle revenait quand même dans son domaine de prédilection. Savoir qu’elle allait remuer des vieux papiers poussiéreux l’enchantait déjà.

    Chapitre 9 : Des courants contraires

    La jeune femme repartit chez elle en sifflotant gaiement, le poids de ses soucis allégés pour un temps.

     

     

    *******************************

     

    La maison d'Hendrick et d'Amanda est de Fonsine. Vous pouvez la trouver sur la galerie sous le nom "Victorian Elegance". 

     

    Voilà, je vous ai posté tout ce que j'avais écrit jusqu'à présent. Il me faut maintenant continuer à écrire le reste. On se dit donc à l'année prochaine ;)

     

    Petit cadeau : je vous partage les soeurs Engelfrau sur la galerie. Vous pouvez les trouver sous mon ID Origin : Agathe2013.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     

    J'espère que ce chapitre vous aura plu. N'hésitez pas à commenter ou à aimer, cela fait toujours plaisir d'avoir un retour !

     

    A bientôt. 

     

     


    8 commentaires
  • (ce message ne s'adresse pas à ceux qui commentent régulièrement wink2)

    Oui, à toi qui viens par ici, et qui je sais lis ce qu'il y a sur mon blog.

    Qu'en penses-tu ? Est-ce que cela te plaît ? Est-ce que je dois continuer mes histoires ?

    Je l'avoue, je suis un peu dépitée par cette non-réaction de ta part...

    Oui, car je me nourris également de tes commentaires ou de tes "j'aime" sur twitter... J'aimerai que tu participes un peu plus.

    Bien sûr, je ne te demande pas de commenter dans la minute qui suit la diffusion de mon post ni tout le temps... Mais de temps, une appréciation, même une critique fait toujours  plaisir. Cela prouve que mon "travail" ne sert pas à rien. Et ce que j'écris plait..

    Et, tiens, parce que je suis gentille, je te mets 3 autres adresses de blog de copines, qui je trouve n'ont pas non plus beaucoup de commentaires par rapport au travail fourni :

    Eulaline : http://eulalinelami.eklablog.com/

    Lamé : http://les-ames-immortelles.eklablog.com/

    Ggo : https://ggof19.blogspot.com/

    Le travail de création a besoin de reconnaissance, d'un retour, sinon à quoi bon ? Je n'écris pas que pour moi.... Sinon, j'aurai écrit dans un journal intime..

    Alors,

    Je te dis à très bientôt ? oops


    6 commentaires
  • La même nuit - Dans le château-musée de Lenzasen

    Des petits pas se firent entendre dans le silence du Musée, s'orientant vers le piano, pièce maîtresse de la collection Lorelei. C'étaient Ulrike, la brune et Audren, la blonde, sœurs jumelles et sœurs esprits, guides de Macha Goetz. Elles restèrent un instant à contempler l'instrument de musique puis Ulrike se tourna vers Audren et eut un petit rire. 

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    - Quand même... Nous n'avons pas dit toute la vérité à Macha. 

    - Tu veux dire sur la Source ? 

    - Oui, évidemment.  C'est ce qu'ils attendent tous ici... 

    - ... Hmmf ! Ils n'ont qu'à réfléchir un peu par eux-mêmes. On ne va pas tout leur apporter sur un plateau d'argent. 

    - Nous sommes quand même "les filles devineresses".

    Ulrike eut un sourire railleur en disant cela et Audren renifla de mépris.

    - Enfin, ça, c'est Macha qui nous a présenté ainsi. Alors que nous ne sommes pas limité à cela. Elle aussi, elle a un peu oublié ce que nous étions vraiment. 

    Ulrike hocha la tête puis se mit à rire. 

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    - N'empêche que nous devons une fière chandelle à Gunther. Nous allons enfin quitter cette forme enfantine.

    - Pas trop tôt. J'en ai un peu assez d'être aussi limitée.... Je savais bien que Gunther était une personne sensée. Je l'apprécie encore plus maintenant.

    - Oui... bon, et sinon, est-ce qu'on dit la vérité à Macha ? 

    - Non. Ce n'est pas nécessaire. On voit bien que les rouages se mettent en place, d'ailleurs nous l'avons bien remarqué avec les courants telluriques  qui ont changé d'intensité. Et puis surtout... tu sais combien Macha ne supporte pas d'être utilisée...

    - .... Etonnant comme des humains peuvent être différents entre eux... Rappelle-toi donc de Loreileï. Elle aussi a été utilisée. Nous l'avons poussé à venir à Lenzasen. Elle le savait très bien et cela ne l'a jamais dérangé. 

    A ce nom, Audren poussa un léger soupir puis s'approcha de la fenêtre et laissa son regard se perdre dans le jardin du château.

    - Ha, Loreileï.... Quelle femme puissante ! Elle ne s'est jamais laissé emporté par ses émotions et elle a toujours agi dans l'intérêt de Gaïa. 

    - L'époque n'était pas non plus la même. La planète n'était pas du tout ravagée comme maintenant. Et puis, elle n'a pas eu le vécu de Ti... de Macha...

    - Il est vrai que lorsque nous l'avons trouvée, elle n'était pas au mieux de sa forme... 

    Les deux sœurs se rappelèrent un bref instant leur rencontre avec celle qui n'était pas encore Macha, il y a de cela très longtemps, sur un autre continent. 

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    A cette époque, elles avaient une forme adulte, libres de parcourir la terre comme elles l'entendaient. 

    C'est l'esprit de Macha qui les avait fait s'arrêter dans leur errance sans fin. Son pouvoir rayonnait comme un phare à travers la nuit. De la vieille femme perclus de rhumatisme, faible et désespérée, elles en avaient fait une femme mûre, forte et avec enfin un but dans la vie, celui de trouver la Source : la jeune fille qui réveillerait Gaïa de son sommeil millénaire et renouvellerait le Pacte...

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    Les deux fillettes revinrent au présent. Après un bref instant de silence, Ulrike fronça les sourcils et reprit la parole. 

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    - Depuis quand n'as-tu pas senti l'esprit de Gaïa, Audren ?

    Audren fronça les sourcils à son tour puis ferma les yeux et se concentra. Elle rouvrit les yeux quelques minutes plus tard et posa un regard grave sur sa jumelle. 

    - Je... Je le sens... Mais le contact est si ténu... Son Esprit est si éloigné, si profond à l'intérieur du noyau... 

    Pour mieux appuyer sa vision, Audren prit la main de sa sœur et lui transmit ce qu'elle voyait. Les yeux d'Ulrike s'agrandirent un instant. 

    - Ho ! .... Oui, je le sens aussi... Mais... Elle est si insérée dans le noyau... Comment allons-nous pouvoir l'atteindre ? 

    Audren ne dit rien et plissa les lèvres, le regard angoissé. Ulrike lui pressa la main plus fort.

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    - Nous n'avons pas le choix, nous devons continuer ce que nous avons décidé. Mais cela va prendre beaucoup plus de temps que prévu... Peut-être plus que cette génération-là... 

    - Et si cela ne marche pas ? 

    - Ulrike ! Arrête !!!

    - Quoi ? On ne doit pas se voiler la face, Audren. Nous n'avons jamais eu une configuration pareille sur la planète : Gaïa est en stase, la terre est ravagée par les humains, l'écosystème est en train de dégénérer... Il se pourrait que tout soit perdu.. 

    - Tu sais ce que si la planète meure, nous devrons alors tout abandonner... 

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    - Oui... Et nous ne pouvons pas appeler un autre Esprit... Nous sommes si éloignés dans ce bras de la galaxie, et nous même sommes si faibles.. 

    Audren se prit alors la tête entre les mains en gémissant.

    - Non, non !! ! Je ne veux pas. Je ne veux pas retourner dans le vide du cosmos, dans ce silence sans conscience... Il faut y arriver... 

    Elle s'arrêta soudain de parler. Les jumelles tournèrent vivement la tête vers la fenêtre, leur regard attiré au-delà des montagnes. Ulrike eut une moue agacée. 

    - Il a fallut qu'il se réveille maintenant celui-là.

    Audren toucha le bras de sa jumelle et Ulrike se retourna vers elle, la mine interrogative.

    - C'est le renforcement des courants telluriques qui l'a réveillé. Et puis tu sais bien qu'ici, il y a toujours eu plus d'énergie qu'ailleurs. Allons voir. 

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    La petite brune hocha la tête et elles disparurent soudainement, laissant juste un petit chuintement d'air là où elles se tenaient auparavant.

    Elles réapparurent quelques kilomètres plus loin, au milieu d'une petite vallée encaissée dans les montagnes, un endroit qui était oublié depuis longtemps. Et pourtant, se tenaient là quelques habitations humaines, d'une architecture qui dataient du 19eme siècle. Les deux fillettes se tenaient au milieu de la place centrale de ce minuscule bourg. Elles avaient toutes les deux une moue dégoûtée en regardant aux alentours. Ce n'était pas la première fois qu'elles venaient ici et cela ne serait certainement pas la dernière, mais elles ne l'appréciaient toujours pas. 

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    - Rappelle-moi pourquoi cet endroit n'a jamais été détruit Ulrike ? Cela sent l'Ombre à plein nez ici. 

    - Parce qu'il a toujours son utilité Audren. Enfin, moi, je lui trouve toujours un usage... Et puis nous ne l'avons pas détruit parce que le corps de Loreileï repose ici.

    - Ah oui, c'est vrai... Bon, on y va ? 

    Elles quittèrent la place et se dirigèrent vers une maison qui se situait un peu plus en hauteur. C'était une grande demeure sombre, un manoir gothique qui surplombait le bourg de sa masse imposante et sinistre. 

    Les grilles pourtant verrouillées s'ouvrirent d'un seul coup devant Ulrike et Audren  et elles se dirigèrent d'un seul mouvement vers la grande porte d'entrée qui s'ouvrit elle aussi toute seule. Un air d'orgue se fit aussitôt entendre.

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

     

    Ulrike eut un ricanement sec et s'avança plus avant. Dans le salon, elles découvrirent le personnage qui jouait ainsi de l'instrument en plein milieu de la nuit : un homme de taille haute, aux longs cheveux bruns vêtu d'un vêtement ancien. Cet homme appuyait fortement sur les touches de l'orgue, déversant sa rage et sa colère dans la musique qui résonnait  à travers la pièce.

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    Ulrike s'avança encore d'un pas et s'exclama : 

    - Eh bien ! Le Comte Louis de Lormont est donc sorti de son tombeau ? 

    A ces mots, l'homme se retourna soudain et eut un cri de rage en voyant les deux fillettes. Il feula et révéla deux longues canines de sa mâchoire supérieure. Il pointa un doigt vers elles.

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    - Vous ! Vous... C'est vous qui m'avez enfermé dans ce tombeau... Espèce de ... 

    Il voulut s'avancer pour les frapper mais il se heurta à un mur invisible. Les jumelles avaient des pouvoirs que bien peu auraient deviné derrière leur apparence frêle. Audren restait silencieuse, tout en ne perdant pas le vampire du regard tandis qu'Ulrike continuait de l'asticoter. 

    - Si tu y as été enfermé, c'est bien pour une bonne raison, Louis de Lormont. Nous ne pouvions pas te laisser faire des ravages parmi les Enfants de Gaïa.

    - Ils m'écoutaient !!! Ils étaient prêts à me rejoindre !!!

    - Oui, oui, oui... Mais nous n'avons pas besoin d'une cohorte de vampires sur Terre. Allez, mon grand, va te recoucher, ce n'est pas encore l'heure de ton réveil. 

    D'un mouvement de la main, Ulrike prit le contrôle du corps du vampire et le força, malgré ses récriminations vociférantes, à descendre dans la crypte sous le manoir, où l'attendait un cercueil ciselé d'or. Malgré lui, il s'y installa et le couvercle se referma d'un coup sec. Ulrike eut un autre mouvement de la main et une brume mauve apparut autour du cercueil, indiquant un sortilège d'emprisonnement.

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    Les jumelles remontèrent dans le salon et s'installèrent dans les fauteuils du salon. Et là, Audren laissa cours à son inquiétude concernant la créature emprisonné en dessous d'elle. 

    - Penses-tu qu'il va rester longtemps enfermé ainsi ? 

    - Humm, non... Je dirais 15 à 20 ans au maximum, si les courants ne se renforcent pas encore... Nous aviserons à ce moment-là.

    - Quand même... Ne pouvais-tu pas le détruire ?

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    - Non, Audren... Il peut toujours avoir son utilité. Sait-on jamais... 

    - Quelle idée quand même que ces vampires... 

    - C'est la contrepartie de la lumière, Audren, tu le sais bien. Gaïa est de nature bienveillante mais elle a aussi une partie noire. Le juste équilibre, ma sœur, le juste équilibre.

    - Mmoui.... En fait, je ne sais pas ce qui m'hérisse le plus  des sorciers noirs ou des vampires... C'est décidément plus ta tasse de thé que la mienne, Ulrike.

    - Hmmm.... 

    Ulrike était plongée dans ses pensées puis eut une exclamation joyeuse.

    - Ha ! J'ai une idée !

    - Ulrike ! Tu ne peux pas faire ça, enfin !

    - Et pourquoi pas ? De toute façon, cela va prendre du temps... Mais cela pourrait peut-être sortir un peu Gaïa de sa stase et donner un peu plus d'énergie à l'écosystème. 

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles

    - Il va y avoir des dommages collatéraux.. 

    - Il y en a toujours de toute façon... Allez viens, on rentre. 

    Ulrike prit sa sœur par la main et elles sortirent de la demeure.

    Le silence se fit. Mais si on tendait l'oreille, on entendait vaguement de sourdes malédictions énoncées d'une voix lointaine et étouffée...  

    Chapitre 8 : Les Augures des Jumelles


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  • Fin de semaine - Bibliothèque du Centre-ville

    Tous les membres du Convent s'étaient réunis ce jour-là suite à la convocation de la Grande-Maître. 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    Hendrick Gotshein, le médecin de la ville, toisait tout le monde de haut comme à son habitude. Et Piotr Bergshein, le maître-nageur et conseiller municipal sur la gestion de l'eau lui rendait son regard avec autant d'animosité que lui.  Les autres membres n'en faisaient guère cas,  trop habitués à ces manies.  

    Macha se racla la gorge puis prit la parole. 

    - Bien, si je vous ai réunis ici aujourd'hui, c'est pour vous annoncer que nous allons accueillir deux nouveaux membres à Lenzasen le mois prochain : Ernesto et Aurèle Lothario. Ils viennent du Convent de Padoue.

    Face à cette nouvelle, les autres membres restèrent un instant sans voix, puis ce fut Dora Muller qui prit la parole en premier. Cela n'étonna guère Macha car la vieille herboriste était celle qui s'intéressait le plus à la vie sociale de la ville  ainsi qu'aux ragots de toutes sortes. Sans malveillance aucune, c’était surtout pour satisfaire sa grande curiosité.

    - Pourquoi viennent-ils ici ? Ils ont eu des problèmes dans leur Convent ?

    Chapitre 7 : réunion du Convent

     - Non... En fait, le Convent de Padoue va être prochainement scellé.

    Quelques exclamations fusèrent parmi les membres mais ils attendirent  que Macha continue ses explications.

    - ... Et ils viennent aussi ici parce qu'Aurèle Lothario va se lier avec Lucrèce Steiner.

    Hendrick eut alors une exclamation ironique. 

    - Tiens donc ! Est-ce que cela serait dû au fait que ta chère Lucrèce n'ait pas accouchée de la fille, La Source escomptée ? Penses-tu forcer le destin, Macha Goetz ? Mais peut-être est-ce aussi parce que La Source n'existe pas, hein ?

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    Macha retint une exclamation agacée et allait lui répliquer vertement mais Piotr réagit plus vite qu'elle  et s'en prit violemment à Hendrick. 

    - Et toi, comment peux-tu toujours douter de tout, Hendrick ?!!!  Tu empoisonnes les séances avec ton scepticisme. 

    - Ha mais si cela ne te plaît pas, tu n'es pas non plus obligé de rester ici ! Tu n'as qu'à rester à la piscine municipale et draguer ceux que tu aimes tant, les hommes ! 

    - Espèce de ... 

    - Messieurs cela suffit !

    Gunther avait haussé le ton et les regardait sévèrement. C'était toujours lui le plus souvent qui remettait de l'ordre lorsque les paroles commençaient à devenir venimeuses. Il était le plus souvent respecté par son poste de Gardien des Mémoires, qui lui conférait une position en retrait et neutre par rapport aux différents sujets abordés. 

    Piotr renifla un instant puis se calma et reporta son attention sur Macha.

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    - Je ne comprends pas Macha. Si Lucrèce a accouché d'un garçon, qui n'est donc pas La Source, comme nous l'avons bien compris, pourquoi doit-elle alors se lier avec ce Lothario ? 

    Macha eut un bref soupir puis ferma un instant les yeux, le temps de rassembler ses pensées. Elle savait que peu de membres avaient confiance en ses "filles" jumelles, les trouvant trop étranges pour leur tranquillité... Et ce qu'elle allait leur dire n'allaient pas vraiment leur plaire. Mais ce n'était pas la première fois qu'elle les dérangeaient ainsi…

    - Mes filles, Ulrike et Audren.. m'ont conseillées fortement cette union. Apparemment, c'est de cette union qu'il y a le plus fort taux de probabilité pour l'arrivée de La Source.  J'ai toujours fait au mieux pour la communauté.

    - Mmouais... Et si cette histoire de La Source n'était que du pipeau, hein ? Si c'était juste pour que tu gardes le pouvoir ici ? 

    Hendrick. Toujours Hendrick. Macha le regarda directement dans les yeux, faisant fi des réactions outrées des autres membres.

    - Si tu trouves que je ne suis pas la plus qualifiée pour diriger cette Communauté, je t'en prie, prends ma place... Nous verrons si tu fais mieux que moi.. 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    Piotr répliqua aussitôt les sourcils froncés et les yeux pleins de colère. 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    - Ha non ! Si vous acceptez que ce soit ce tueur d'enfant qui siège au Convent, vous vous passerez de nos pouvoirs, à moi et ma famille !

    - Tueur d'enfant ? Non mais cela ne va pas ? Christian était condamné !

    - Tu l'as laissé mourir !

    - Que voulais-tu que je fasse de plus ? La leucémie ravageait son corps... 

    - Et ton pouvoir alors ? N'as-tu pas déclaré que tu étais le meilleur médecin de ce territoire ?

    - Non. Mon pouvoir est de constater la maladie et de choisir le meilleur traitement pour l'éradiquer. Mais je ne réalise pas l'impossible. Je ne suis pas Dieu.

    - Alors à quoi nous sers-tu ? Médecin de pacotille !

    - Inverti !

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    Les deux hommes s'étaient levés et allaient en venir aux mains. Mais Joseph Muller s'interposa aussitôt entre eux. 

    - Cela suffit maintenant !

    Joseph n'avait jamais été le membre le plus loquace du Convent mais il agissait toujours de manière égale et impartiale. Il était respecté pour cela et également pour le Don des Plantes qu'il avait aussi puissant que Viviane Fydren. 

    Ce qui fit que Piotr et Hendrick baissèrent un peu la tête et se calmèrent rapidement. Joseph se tourna d'abord vers Piotr.

    - Piotr, ce qui est advenu de ton fils, nous ne pouvons, hélas, plus rien y faire. Et j'en suis désolé. Christian était un jeune homme charmant et prometteur. Son décès m'attriste beaucoup. Mais Hendrick n'est pas fautif de sa mort. Nous avons beau être des Enfants de Gaïa, nous ne pouvons pas réaliser l'impossible. 

    - Il me manque tellement, Joseph. Si tu savais.. 

    - Je comprends bien ta douleur, Piotr. Mais tu n'es pas tout seul non plus. Tu as ta famille qui est là également et qui as besoin de toi à ses côtés. 

    Piotr opina de la tête et revint s'asseoir sur son fauteuil. Joseph se tourna vers Hendrick avec une lueur irritée dans le regard. 

    - Hendrick, mon ami, je trouve que tu dépasses les bornes parfois. Je sais bien que tu ne crois pas à la légende de La Source mais Macha a toujours été honnête avec nous et à donné le meilleur pour le Convent de Lenzasen. Il faut lui reconnaître cela. 

    - Je n'ai pas confiance en ses sorcières de filles... 

    Joseph eut une moue amusée.

    - Sorcières ? Et nous sommes quoi nous alors ? 

    - Ce n'est pas pareil. Ces... ces "enfants" sont vraiment bizarres. Je ne crois même pas qu'elles soient humaines. 

    - Nous parlerons d'Ulrike et d'Audren une autre fois si vous le voulez bien. Maintenant retournez vous asseoir s'il vous plaît, messieurs. 

      Macha avait repris la parole et fixait sévèrement les deux hommes. Joseph hocha la tête et retourna vers son fauteuil. Mais Hendrick jeta un regard de défi à la Grande-Maître. Macha poussa un soupir. Avec celui-là, il fallait toujours employer la manière forte pour se faire comprendre. 

    - R-E-T-O-U-R-N-E-T'A-S-S-E-O-I-R - H-E-N-D-R-I-C-K ! 

    Macha n'avait ni forcé sa voix ni évoqué quelques sortilèges mais Hendrick obéit aussitôt et tel un automate s'assit sur son fauteuil. Il eut quand même un regard écœuré envers elle. 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    - Si tu pouvais éviter d'utiliser tes pouvoirs, Macha, cela m'arrangerait. 

    - Et toi, Hendrick, si tu étais un tant soit peu plus mature dans tes agissements, je n'en arriverais pas là...

    Les autres membres regardaient ailleurs ou faisaient semblant d'inspecter leurs ongles. Ils avaient également l'habitude du conflit entre Macha et Hendrick et évitaient de s'en mêler. Seul Gunther se permit un petit toussotement. Macha haussa un sourcil en le regardant.

    - Si nous reprenions le cours de la séance ? Il y a encore des éléments à évoquer.

    - Merci Gunther... Bien... Donc, je disais qu'Aurèle Lothario et son père viendraient s'installer ici puisque le Convent de Padoue va être scellé. Ces deux personnes ont un Don des Plantes. Ils viendront donc seconder Viviane Fydren dans les vergers. Ils s'installeront en premier lieu dans l'ancienne maison de la Veuve Becker. Est-ce que quelqu'un y voit une objection ? 

    Personne ne dit mot et la décision fut donc entérinée par Gunther. Celui-ci regarda Macha qui opina de la tête. Ils allaient devoir aborder le second point qui n'allait certainement pas faire plaisir à un membre du Convent. 

    - Bien. Je tenais également à vous informer que Gunther va être secondé par un autre Enfant de Gaïa pour tenir les Mémoires du Convent ainsi que sur l'étude des courants telluriques. 

    Cette nouvelle fut d'abord accueillit par le silence. Ce fut Piotr, en premier, qui prit la parole pour exprimer son étonnement. 

    - Mais pourquoi ? 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    Gunther sourit amicalement à Piotr.

    - Parce que je vieillis, voilà tout, mon ami. Et puis aussi parce que les Archives deviennent conséquentes. Vous devez savoir que je recueille également les archives des Convents scellés. Cela commence à faire du volume. Et pourtant, nous devons garder la trace de tout cela. Et pour m’aider, j’ai trouvé une personne tout à fait prédisposée à cette tâche, à savoir Amanda Gotshein. 

    Au nom de sa femme, Hendrick se leva de sa chaise en protestant bruyamment. 

    - Ha non ! Je refuse que ma femme entre dans le Convent. 

    - Assieds-toi, Hendrick !

    Macha avait parlé d’un ton égal mais ferme. Elle fixa le médecin avec un peu plus d’attention. Dès qu’on prononçait le nom de sa femme, Amanda, elle s’était aperçue qu’il était encore plus exécrable que d’habitude. 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    - Et pourquoi pas Amanda, Hendrick ? Si elle est venue ici, c’est également pour participer à la vie de notre communauté et du Convent. Aucun d’entre nous n’est oisif, tu le sais bien. 

    - Encore faudrait-il que ma femme soit bonne à quelque chose. Même au lit, elle est nulle ! 

    - Ho !!!

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    C’était Dora qui venait de s’offusquer. Elle regarda Hendrick avec colère. Contrairement à son mari Joseph, la vieille femme n’était aucunement intime avec le médecin. Elle le tolérait parce qu’elle avait besoin de lui, étant l’Herboriste-Pharmacienne de la ville et que leur métier étaient imbriqués, mais sinon, elle n’appréciait guère ses façons de faire. Mais avant qu’elle ne s’emporte plus, Gunther leva une main apaisante et elle s’abstint. Le Gardien des Mémoires regarda Hendrick dans les yeux et se permit un petit sourire. 

    - Ta femme n’est aucunement nulle, bien au contraire… Amanda sent les courants telluriques. 

    Hendrick fronça les sourcils devant ce venait de lui révéler Gunther. 

    - Ce n’est pas possible ! Amanda n’a jamais été une Enfant de Gaïa très puissante. Elle n’a qu’un petit Don en Charisme. 

    - Et pourtant, Hendrick… J’ai vu Amanda réagir aux Courants. J’ai besoin d’elle pour me seconder dans les archives des Convents.

    - Je ne sais pas… Je n’ai pas l’impression qu’elle en soit capable… 

    - Tu la sous-estimes beaucoup trop, Hendrick. N’oublies pas qu’avant de t’épouser, Amanda était une Mayfair. Ce n’est pas n’importe quelle famille dans notre communauté. 

    Hendrick garda un air buté mais ils savaient tous les deux que le médecin céderait à la demande de Gunther. S’il y avait une seule personne à qui il ne pouvait rien refuser, c’était bien au Gardien des Mémoires du Convent. Hendrick avait toujours eu du respect pour lui, malgré ses liens avec Macha Goetz. Il était toujours attentif à ses propos et à ses idées pour Lenzasen. Et puis, surtout, il savait ce que sa famille lui devait : ils n’auraient jamais vécu ici si Gunther n’avait pas intercédé en leur faveur. 

    - Je dois donc accepter ce que tu me demandes ? 

    - Oui, Hendrick. Amanda est celle qui est le plus à même de m’épauler dans ma tâche. Cela ne coûte rien d’essayer.

    - Si tu le dis… 

    Macha poussa un soupir. Ils allaient pouvoir continuer la séance un peu plus sereinement. Les membres votèrent donc la nomination d’Amanda Gotshein comme assistante auprès de Gunther. Le reste de l’ordre du jour fut plus commun et sans anicroche. Ce ne fut qu’à la fin, au moment de clore la séance qu’Hendrick releva la main. Macha haussa un sourcil mais l’autorisa à prendre la parole.

    - Oui, Hendrick ? 

    - Je souhaiterai savoir où en est ma demande concernant l’arrivée d’un deuxième médecin ici. 

    Le visage de la Grande-Maître s’assombrit un instant à cette demande. Ce n’était pas qu’elle ne voulait pas aider Hendrick, mais il s’avérait que cela était plus compliqué que prévu de trouver une personne qualifiée, avec le Don d'Hippocrate et Enfant de Gaïa pour venir s’installer à Lenzasen. 

    - Hendrick, nous n’avons pas toujours pas trouvé de personnes correspondant à nos attentes et aux tiennes. 

    - Pourtant, il va bien falloir que nous trouvions quelqu’un. J’ai besoin de vacances, cela fait un an que je n’en ai pas pris. 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    - Je comprends bien. Mais il est difficile de trouver un Enfant de Gaïa versé dans le Don d'Hippocrate… Mais si tu ne peux attendre, nous pouvons chercher dans la population ordinaire…

    A ces mots, les autres membres eurent des exclamations bruyantes de dénégation. Ils ne souhaitaient pas qu’un être humain ordinaire pénètre ici. Leurs familles avaient bien trop sacrifiés, des générations précédentes gardaient encore la trace dans leur chair, pour risquer de nouveau une chasse aux sorcières. Ils regardèrent la Grande-Maître avec mécontentement. Celle-ci haussa les épaules. 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    - Il faut bien trouver une solution, non ? Et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Nous choisirions bien évidement un sympathisant plutôt qu’un humain « normal ». Qu’en penses-tu Hendrick ? 

    Le médecin haussa lui aussi les épaules, quelque peu agacé. 

    - Faute de mieux, oui. Mais je préfèrerai quand même un Enfant de Gaïa. Il est toujours plus enclin à comprendre nos problèmes et nos particularités…. Il n’y avait pas un jeune homme qui avait fait des études de médecines au Convent de Brême ? 

    - Il est parti pour le Convent de Madrid qui en avait bien plus besoin que nous… Peut-être que le Convent de Bruges peut nous aider là-dessus. Ils avaient quelques jeunes prometteurs. Je ne peux rien te promettre d’autre pour l’instant, Hendrick. Mais, et toi, de ton côté, n’as-tu pas quelques condisciples d’Affinités à contacter ? 

    - Tu penses bien que je l'ai déjà fait. Mais non. Ils sont tous occupés avec d’autres Convents… Et nous ne sommes pas non plus des centaines dans cette Affinité. 

    - Sinon, ce que je peux te proposer pour le moment, c'est de demander à Garance Whitern de venir te remplacer quand tu voudras prendre des vacances. Elle l’a déjà fait il y a deux ans, si je me souviens bien ? 

    - Oui, en effet. Elle est très compétente même si ce n’est pas une Enfant de Gaïa. 

    - Bien. On va donc utiliser cette solution provisoire le temps de trouver enfin une personne qui t’épaulera. 

    Hendrick hocha la tête. Ce n’était pas ce qu’il aurait voulu mais c’était mieux que rien. 

    Macha put enfin clore la séance avec un soupir de lassitude maîtrisé. 

    Après la réunion, Macha et Gunther restèrent un moment pour faire la synthèse de tout ce qui avait été dit. Le vieil homme avait également envie de partager ses inquiétudes avec la Grande-Maître.

    - Je me demande si finalement c’est une bonne idée qu’Amanda  devienne mon assistante. Hendrick était farouchement contre. 

    Macha claqua la langue, agacée. 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    - Oui et ? D’habitude, tu ne te soucies pas des avis d’Hendrick… 

    - Mais là, il s’agit de sa femme. Je ne voudrais pas porter ombrage à leur relation que je sais fragile.

    Elle eut un bref ricanement. 

    - Encore faudrait-il qu’ils aient eu une union satisfaisante. Et je ne crois pas que cela soit le cas. Rappelle toi qui a organisé ce mariage ? Le père d’Hendrick et les Mayfair outre-Atlantique. Et Hendrick a toujours manifesté son opposition là-dessus. 

    - Oui, oui, je m’en souviens. Amanda essaie de faire des efforts avec lui, mais apparemment c’est difficile. Je ne voudrais pas que sa nouvelle fonction entame encore plus sa relation.

    Macha poussa un soupir. Encore une autre histoire de ménage à gérer. Elle n’avait jamais aimé se mêler de la vie des couples et puis, elle n’était pas spécialement à son aise là-dessus, elle qui ne s’était jamais mariée. 

    - Gunther… D’autres unions à Lenzasen ne sont pas spécialement bien accordées. Mais cela ne les empêche pas de vivre en bonne intelligence. Pourquoi cela ne serait pas le cas ici ? 

    -… Pourquoi devrions-nous  suivre ces préceptes vieux de plusieurs siècles ? Ne serait-il pas temps de les changer ? 

    Macha resta un instant interdite devant la sortie de son vieil ami. Il n’avait pas l’habitude de s’opposer aux décisions du Convent, même quand elles étaient douloureuses pour les personnes. Et puis elle comprit. 

    - Ah ! C’est à cause de Lucrèce c’est ça ? 

    - Bien sûr que c’est à cause de Lucrèce ! Cela me désole de la voir s’engager dans une relation qui n’est pas totalement satisfaisante… Tu l’as dit toi-même que tu n’étais pas sûre pour La Source.. Pourquoi ne pas laisser ma filleule vivre sa vie ? 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

    - Parce qu’il y a une petite chance qu’elle engendre cette enfant. Je ne peux pas laisser s’échapper. 

    - Macha… Audren et Ulrike se sont déjà trompées… Plus d’une fois. Qui sait si ce n’est pas le cas ici aussi ? 

    Gunther la regarda dans les yeux, suppliants, mais elle détourna le regard et ne dit mot.

    Après quelques instants de silence, il poussa un soupir et sortit de la pièce. La Grande-Maître le savait un peu fâché, mais elle savait également qu'il reviendrait vers elle une fois ses émotions calmées. Avec l'âge elle avait remarqué qu'il devenait de plus en plus sentimental. 

    Macha se retourna vers le fond de la pièce puis vint au plus près de la statue de Gaïa et murmura ses quelques mots : 

    -  J'espère ne pas me fourvoyer dans cette voie. Nous avons besoin de ton retour, Gaïa... 

    Chapitre 7 : réunion du Convent

     


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  • Mardi

    Ce jour est un jour de repos pour Macha et Gunther. Mais ce matin, Gunther ne l'apprécie pas de trop. Ses nausées, au levé du lit, sont encore plus violentes qu'hier. Il n'a même pas envie de petit-déjeuner ce matin.

    Jour 10

    Et puis, machinalement, il baisse la tête vers ses pieds... et hurle !

    - Aaaaah !!!!

    Vite, il va dans la salle de bain où Macha finissait de se brosser les dents. Elle se retourne vers Gunther en fronçant les sourcils.

    - Mais enfin Gunther qu'est-ce qu'il...

    Elle pose les yeux sur le ventre de Gunther et hurle aussi.

    - Aaah ! Par Gaïa, qu'est-ce que c'est que ça ?

    Jour 10

    Le ventre de Gunther est gonflé et fait une bosse sous son tee-shirt. Gunther pose des yeux éperdus vers Macha. Après un instant d'affolement, elle se reprend vite. Après tout, elle est toujours connue pour son sang-froid.

    - Du calme, Gunther. On va trouver ce que tu as... Tu n'as rien mangé qui sorte de l'ordinaire ? 

    - Mais non ! Et puis j'ai mangé et bu la même chose que toi. Et, pourtant, toi, tu n'as pas le ventre gonflé... 

    Macha fronce les sourcils un instant et puis l'idée lui vient. Aélie ! La Grande-Maïtre ! Elle pourra les aider.

    - Bon, j'appelle Aélie. Elle en saura sûrement plus sur ce qui t'arrive.

    - Aélie qui ?

    - La Grande-Maître de cet endroit. Elle est venue cette nuit me parler.

    - QUOI ?!!!! Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ?

    - Je n'ai pas eu le temps. Chut ! Je lui parle.

    Jour 10

    La conservation dura dix minutes. Gunther ne put entendre guère ce que l'autre femme disait à Macha. Mais une fois que la conversation fut terminée, celle-ci prit les mains du jeune homme entre les siennes.

    - Gunther... Ce que je vais te dire est particulièrement bizarre mais... Tu attends un enfant !

    Jour 10

    - HEIN ?!!!!.... mais mais non ce n'est possible...

    - Eh bien si... Dans ce monde, ce sont les hommes qui portent les enfants. Et même si nous venons d'une autre réalité, cette réalité-ci s'applique aussi à nous...

    - Mais enfin ce n'est quand même pas possible, je n'ai pas eu de relation avec une fem...

    Gunther se retourna vers Macha qui se mit soudain à rougir.

    Le souvenir qui cherchait péniblement à revenir à la mémoire surgit soudain devant les yeux de Gunther.

    Ho !

    Ho, cette soirée-là !!!

    Et les mots qu'il pensait avoir oublié dans une overdose de jus de fruits refirent leur apparition :

    "Gunther, je sais que tu m'aimes, je.... Pour cette nuit et cette seule nuit seulement, je suis entièrement à toi... "

    .

    ..

    ...

    Jour 10

     

    Jour 10

    Jour 10

     

    Gunther reposa les yeux sur Macha qui eut un petit sourire contrit. Pourquoi la seule fois où il pouvait enfin avoir un peu d'amour de la part de Macha, il y avait un os ? Et en même temps, quelque part, cela ne l'étonnait pas. On ne goûtait pas au fruit défendu sans impunité...

    - ... Mais quand même... Nous avions pris nos précautions...

    - Il faut croire qu'aucune contraception n'est fiable à 100 %... Enfin, nous en saurons un peu plus tout à l'heure. Nous avons rendez-vous chez Aélie cet après-midi.

    - Hmmm.... Tu peux me dire pourquoi dans tout l'Univers il a fallut que nous tombions sur un monde qui a également des Enfants de Gaïa ?

    - Qui nous a emmené dans ce monde ? 

    - Ulrike.

    - Tu as ta réponse.. C'est une enfant malicieuse... Je suppose qu'elle l'a fait exprès. Bon, et si on s'occupait de nos tâches respectives pour demain en attendant ? 

    Et ainsi fut fait. Macha était devant l'ordinateur à essayer d'écrire des blagues pour sa carrière d'artiste (il y eut force soupir de sa part. Faire rire n'était pas dans sa nature) et Gunther se plongea dans un livre, oubliant ainsi pour quelques temps ses ennuis et ce qui grandissait en lui. 

    Jour 10

    L'après-midi arriva vite. Et ils partirent bientôt chez Aélie Wonbat. Ils n'eurent pas à chercher bien loin sa maison. C'était celle qui était la plus bizarre par rapport aux habitations alentours et chez qui il y avait le plus de verdures. Preuve en était des pouvoirs importants de cette Grande-Maître. 

    Jour 10

    Celle-ci les accueillit avec un grand sourire.

    - Bienvenue, bienvenue chez moi... Venez, on va s'asseoir pour discuter un peu.

    Jour 10

    Gunther et Macha traversèrent des pièces bien encombrées de toute sorte de chose.Ils froncèrent le nez tous les deux. Cela ressemblait trop à une caricature de maison de sorcière avec tous les poncifs du genre, ce qu'ils avaient en horreur. Mais ils ne dirent rien. Après tout, ils avaient besoin de la jeune femme.

    Celle-ci se tourna vers Gunther et lui fit un grand sourire tout en admirant son ventre bien rond.

    - Ah bah il n'y a pas de doute, vous êtes bien enceint. C'est formidable !

    Jour 10

    - formidable ? Je ne trouve pas !

    - Vous portez la vie !!! Vous ne vous rendez pas compte ? non ?.... Ah oui, c'est vrai que vous n'êtes pas de notre monde... Les naissances sont très rares maintenant par ici. Donc que vous portez la vie si rapidement c'est fabuleux. 

    - Mais comment est-ce possible ? .. Gunther s'est... avait un moyen de contraception. 

    - Ils ne marchent pas ici. Toute la nourriture, l'eau , l'air que vous respirez ont des phéromones de fertilité... Tout pour rendre possible la fécondation.

    - Comment osez-vous ? Sans le consentement des gens ?

    Aélie se rembrunit sous le commentaire de Macha et un éclair de colère traversa ses yeux. 

    Jour 10

    - Comment osons-nous ? Parce que nous n'avons pas le choix. Le consentement des gens on s'en tape quand la survie de l'espèce est en jeu. La fin justifie les moyens, ma chère. 

    - Mais... comment vas t'on faire ? 

    La Grande-Maître reprit un visage souriant.

    Jour 10

    - Ne vous inquiétez pas. La grossesse ne dure que 4 jours. Alors, évidemment c'est très éprouvant pour le corps cette gestation ultra-rapide mais vous pourrez ensuite vaquer à vos occupations comme avant. 

    - Et l'enfant ? 

    - Nous verrons au moment venu. S'il n'a pas de pouvoirs, vous pourrez l'emporter dans votre monde. Mais si il a des pouvoirs, il restera ici. Et c'est non négociable mes très chers. Vous êtes peut-être important chez vous mais ici vous obéirez à ma loi. 

    Et c'est sur ces derniers mots, assommés, que Macha et Gunther sortirent de la maison d'Aélie. D'un commun accord, ils décidèrent de finir la journée à leur bar attitré. 

    A peine assis que Macha s'acquis auprès de son ami pour savoir comment il allait après toutes ces révélations.

    - Je ne sais pas. Cela me fait encore bizarre de savoir que je porte un enfant en moi, alors que je suis normalement pas conçu pour ça... Et pourtant, je le sens grandir dans mon ventre... Et dire que je voulais juste prendre quelques jours de vacances avec toi. 

    - Il faut toujours faire attention à ses souhaits, mon ami... 

    Gunther opina puis reprit une mine grave.

    Jour 10

    - Ce qu'elle a dit... Aélie.. qu'elle nous prendra cet enfant... Je... Je ne sais pas si je pourrais... Te rappelles-tu maman ?... Elle portait mon petit frère... Elle est morte avant de pouvoir lui donner le jour... 

    - Ho Gunther... 

    Macha lui décocha un regard navré. Elle lui prit la main tendrement et la serra fort. Elle ne pouvait pas modifier le passé mais elle pouvait faire en sorte que le futur se passe bien. 

     

    ..... 

     

    Bon, et sinon, dans le cabanon, ils ont pu mettre un parquet he (histoire de terminer cette histoire sur une note plus gaie). 

    Jour 10

     

    ***********************************

    Emplois 

    Macha : Carrière artiste - 3 jours - Mercredi/jeudi/vendredi

    Gunther : 2/4 jours - Dimanche/lundi/Mecredi/Vendredi

    Chance : 9 - vieille dette - 100 simflouzes en plus.

    Fonds du foyer : 356 simflouzes.

     

    Et promis, la prochaine fois, le ton sera plus léger ! 

     

    Edit : la maison de sorcière est de Sihu. Vous pouvez la retrouver par ici : https://forums.thesims.com/fr_FR/discussion/777484/studio-sihu-maison-de-sorcieres/p15 ♥

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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