• Début août – Demeure de Gunther Kessler

    Ce matin-là, Lucrèce s’était installée chez son parrain pour profiter de son accès internet car le branchement n’avait pas encore été fait dans la maison de ses parents. La jeune femme trépignait d’impatience devant la page qu’elle rafraichissait toutes les deux minutes. Son avenir se jouait aux résultats qui allaient apparaître ou non sur le site.

    Chapitre 11 : Troubles

     De l’autre côté, dans le salon, Gunther était tranquillement assis sur le canapé et buvait son thé. De temps en temps, il jetait un coup d’œil vers la porte où derrière se trouvait sa filleule. Il attendait lui aussi.

    Chapitre 11 : Troubles

     Et puis, il y eut un grand cri de joie et Gunther se permit un léger sourire. Lucrèce sortit en trombe de son ancienne chambre et enlaça vivement Gunther qui s’était levé.

    Chapitre 11 : Troubles

    - Je suis admise, je suis admise !

    - Félicitations ma chérie. Mais je n’en doutais aucunement tu sais.

    Gunther l’embrassa légèrement sur la joue et l’invita à s’asseoir sur le canapé à côté de lui. Lucrèce s’exécuta mais la joie qui l’habitait la faisait tressauter sur place. Elle accepta en souriant la tasse de thé que lui servit son parrain. Le regard de Gunther, toujours empreint de fierté, se fit un peu plus grave.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - Je suis vraiment content et fier de toi, Lucrèce. J’espère que ces 7 ans d’études te seront gratifiantes.

    - Je l’espère aussi, Gunther. Mon premier objectif est d’arriver à avoir le diplôme d’aide-vétérinaire dans quatre ans. Ensuite, je verrais.

    - Tu sais aussi que tu vas devoir faire un effort de discrétion quand tu seras à Strasbourg…

    Gunther haussa un sourcil en la regardant et elle se mordit la lèvre. Elle savait que c’était son point faible : elle avait beaucoup de mal à retenir son affinité en présence des animaux, même s’il y avait des êtres humains normaux à proximité. Mais elle sentait tellement de souffrances animales qu’elle ne pouvait s’empêcher de réagir. S’en était suivi dans son enfance quelques scènes pénibles et gênantes dont Gunther avait fait au mieux pour la protéger.

     

    - Je le sais bien Gunther. Mais c’est tellement dur parfois. Je me demande comment faisaient mes parents.

    - En fait, si tes parents sont souvent partis en Afrique, c’est pour cette raison. Car là-bas, ils ont trouvé des personnes qui sont plus enclins à accepter nos particularités qui sortent de l’ordinaire que dans nos pays occidentaux. Et puis, ils étaient un peu plus vieux que toi et plus enclins à l’auto-discipline.

    Lucrèce hocha la tête mais son esprit était ailleurs. A l’énoncer du mot « Afrique », elle s’était tout de suite mise à rêvasser.

    Chapitre 11 : Troubles

    - Dis, Gunther, tu crois que moi aussi je pourrais aller en Afrique ?

    Gunther fixa sévèrement sa filleule du regard.

    - Ne te disperses pas, Lucrèce. Tu es utile ici, à Lenzasen. Pas là-bas. Qu’espères-tu donc y trouver ?

    Une trace de mes parents aurait-elle voulu dire. Mais il n’y avait pas que cela qui trottait dans la tête de la jeune femme. Une autre pensée avait pris son importance depuis bien longtemps. Depuis qu’on avait pressenti son rôle dans la prophétie…

    - Je ne sais pas… Une trace de Gaïa peut-être…

    - Gaïa n’est pas plus en Afrique qu’elle n’est ici. L’Esprit est endormi, tu le sais bien.

    - Arriverons-nous à le réveiller un jour ? Crois-tu que je sois la Mère de celle qui le réveillera ?

    Lucrèce s’était tournée vers Gunther, fébrile. Un désespoir transparaissait dans sa voix et ses lèvres formaient un pli amer.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - En vérité, je n’en sais rien, ma chérie. Ce n’est qu’une légende. Je n’ai jamais vraiment fait confiance aux Augures des jumelles là-dessus. Je préfèrerai que tu te concentres sur autre chose. Et puis, tu n’as peut-être pas de fille, mais tu as un fils, Donatello. Et bien vivant, lui.

    Lucrèce hocha la tête puis se coula dans les bras affectueux de son parrain pour un câlin dont elle avait bien besoin. Elle avait beau être une jeune femme, elle avait toujours autant besoin d’affection. Il lui caressa doucement les cheveux et l’embrassa sur le front, un rituel qui avait pris racine dans son enfance.

    La jeune femme profita un instant de ce moment puis se ressaisit et se leva du canapé.

    - En parlant de Don, il faut que j’y ailles. Aurèle veut travailler au Verger aujourd’hui. Moi, j’en profiterai pour commencer l’inscription à l’Ecole Vétérinaire. C’est fou ce qu’il faut comme paperasse…

    - A propos d’Aurèle… Comment cela se passe avec lui ?

    Chapitre 11 : Troubles

     Lucrèce était arrivée à la porte d’entrée. Elle retourna vers son parrain en fronçant légèrement les sourcils.

    - ça va… Il s’occupe bien de Don et prend son rôle de père à cœur. Plus que je ne le pensais.

    - Mais avec toi je voulais dire…

    - … Ha ! Eh bien, honnêtement, nous avons du mal à reprendre notre relation d’avant, lorsque j’étais à Padoue. En même temps, les enjeux ne sont pas les mêmes…

    - Tu peux encore dire non à cette union. Tu ne dois rien à Macha ni à personne d’autre. Je m’arrangerais avec la Grande-Maître au besoin.

    - Non, Gunther. Ce n’est pas la peine. Cela va aller. Il nous faut juste du temps.

    - Lucrèce, je ne veux que ton bonheur.

    - Je le sais bien Gunther. Mais laisses-nous une chance.

    - Si tu le dis…

    Lucrèce eut une petite moue puis fit un petit geste de la main et sortit de la maison. Gunther poussa un léger soupir et se renfonça dans le canapé. Les Enfants de Gaïa étaient décidément très doués pour saborder leur propre bonheur.

    Un tintement se fit soudain entendre derrière lui. Il se retourna et trouva Audren en train de fouiller dans son frigidaire.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - Audren ! Combien de fois t’ai-je dit d’entrer par la porte comme tout le monde ?

    - Ho, plein de fois, plein de fois. Mais c’est plus drôle de te voir sursauter.

    La petite blonde sortit sa tête du frigidaire et eut un sourire malicieux envers le vieil homme. Puis elle referma la porte, un morceau de gâteau à la main. Gunther fronça les sourcils.

    - Tu sais que tu peux demander avant de te servir…

    Chapitre 11 : Troubles

     

    Audren haussa les épaules en finissant de manger le gâteau et en s’installant tranquillement à côté de lui. Ce n’était pas la première fois qu’il réagissait ainsi vis-à-vis des jumelles mais elles n’en faisaient qu’à leur tête. Gunther remarqua alors qu’Audren ne portait plus son sempiternel costume masculin démodé mais un tee-shirt à motifs et un short de tout ce qu’il y a de plus actuel.

    - Tiens, tu as changé de vêtements ?

    - Ouaip ! Comme nous allons grandir, je me suis dis qu’un petit changement de look ne ferait pas de mal.

    - Ah oui… Au fait, pourquoi es-tu ici ? Certainement pas pour venir manger le gâteau au chocolat que j’avais préparé, hein ?

    - Cela aurait pu. Tu cuisines bien. Aussi bien que Macha.

    - J’ai été à bonne école…. Bon alors ?

    Audren avala sa bouchée puis reporta son regard vers Gunther, un air plus sérieux sur le visage.

    - Tu ne devrais pas essayer de dissuader Lucrèce d’épouser Aurèle, Gunther. Cette union doit être consommée.

    Gunther ne dit rien mais son visage se ferma brusquement.

    - Je ne peux donc rien dire ? Encore une fois ?

    - Tu ne peux pas rendre les gens heureux malgré eux, malgré leur destin, Gunther. Il faut que tu apprennes à lâcher prise à ce sujet.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    Audren le regarda sérieusement, mais une pointe d’inquiétude avait surgi dans son regard. Elle posa sa main sur la sienne en un geste de réconfort. Elle savait combien le vieil homme aspirait à une tranquillité et à une vie sereine après ce qu’il avait vécu étant enfant. Mais pour autant, il ne pouvait pas aller contre ce qui devait être.

    - Cela veut donc dire que Lucrèce ne sera pas heureuse avec Aurèle, c’est cela ? Alors, je m’y oppose sérieusement.

    Audren eut un geste d’agacement.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - Ce n’est pas ça ! Je ne sais pas si Lucrèce sera heureuse avec ce jeune homme. Et pour tout te dire, je m’en fiche un peu. Le bonheur ! Vous n’avez que ce mot à la bouche, vous les humains. Mais c’est si fugace comme sensation, cela ne reste pas. Mais ce que je peux te dire, c’est que Lucrèce doit avoir un autre enfant avec Aurèle…

    - La Source !

    Gunther avait craché ce mot avec dégoût. Mais Audren haussa les épaules, révélant ainsi son incertitude.

    -  On ne sait pas vraiment.  Mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il y a un fort  potentiel, un faisceau de possibilités dans le fruit de cette union.

    - Cela fait quand même beaucoup d’incertitude tout cela et vous jouez avec l’avenir de ma filleule.

    - Gunther !

    Audren se rapprocha du vieil homme et lui prit le visage entre les mains.

    - Je t’en prie ! Nous devons au moins essayer ! Ne sens-tu pas qu’il faut agir maintenant ? Gaïa s’est tellement plongée sous la terre que nous ne la sentons plus. Oui. MÊME NOUS ! C’est désastreux pour l’avenir de la planète. NE LE SENS TU PAS ?

    Chapitre 11 : Troubles

    Audren avait crié ses mots et ses yeux étaient remplis de larmes. Gunther sentit que qu’elle était à bout. Et malgré lui, des larmes coulèrent sur ses joues.

    Car lui aussi avait senti le changement. Dans le chant des courants telluriques, dans le murmure des Elémentaires. La biodiversité de la planète était en train de changer en quelque chose d’instable…

    Il posa sa main sur l’épaule de la « petite fille » et la serra fortement.

    - Pardon : J’oublie à chaque fois que vous êtes plus que votre apparence. Et combien l’absence de l’Esprit-Mère vous pèse. Très bien. Qu’il en soit ainsi et que cette union soit célébrée.

     Audren opina de la tête et se blottit dans les bras du vieil homme pour obtenir un peu de réconfort.

    Après le départ d’Audren, Gunther resta un instant songeur puis il alla vers le buffet de son salon et une sortit une Ménorah. Il la posa sur la table basse et l’alluma. Il ferma les yeux et se pencha d’avant en arrière, en un geste mécanique et ancien. Des paroles lointaines et presque oubliées refirent surface au bout de ses lèvres. Gunther priait. Il priait un Dieu lointain. Il priait parce qu’il n’avait plus que ça.

     

    Chapitre 11 : Troubles

    Demeure Steiner – L’après-midi.

    Le soleil caressait le dos d’Aurèle pendant qu’il berçait tendrement son fils. Les grands yeux verts de Don l’observaient avec attention et confiance. A cet instant, Aurèle se sentait heureux. Sa place était là, avec son fils dans les bras.

    Chapitre 11 : Troubles

     Mais cet instant ne dura pas et il reposa tendrement le bébé qui s’endormait doucement. Il resta là un instant à le regarder puis sortit de la chambre. Lucrèce se trouvait en bas, en train de s’occuper des papiers pour son admission à l’Ecole Vétérinaire de Strasbourg. Cela ne lui plaisait toujours pas mais il n’avait aucun choix là-dedans non plus. Sauf à refuser son union avec Lucrèce et il en avait vaguement caressé l’idée. Après tout, son père et lui étaient maintenant citoyens de Lenzasen, son but depuis le début. Mais un reste de conscience avait chassé cette idée. Et puis, Lucrèce était une belle femme, malgré un caractère rigide sur certaines choses, la vie serait quand même agréable à ses côtés, non ?

    Le jeune homme descendit et vint la retrouver au salon. Elle leva la tête vers lui.

    Chapitre 11 : Troubles

    - Il s’est endormi. Il avait juste besoin d’un petit câlin en fait.

    Lucrèce sourit.

    - Tu vois que tu ne te débrouilles pas si mal en tant que père.

    - Ho heu. Oui. Hum, je peux te laisser maintenant ? Je dois retourner au Verger, il y a une tâche que je n’ai pas fini ce matin.

    - Mais bien sûr, Aurèle, pas de soucis. Je n’avais pas l’intention de bouger de la maison cet après-midi.

    - Ok alors. A ce soir.

    Chapitre 11 : Troubles

     Aurèle déposa un léger baiser sur la joue de Lucrèce puis sorti. Dix minutes plus tard, le bus le déposait à l’entrée du Verger. Il resta là un instant, savourant le calme ambiant ainsi que l’énergie de la végétation qui se dégageait alentour. Puis il entra. Il savait qu’à cette heure-ci, il y aurait peu de monde. Le plus souvent, Les Enfants travaillaient les matins avant d’aller à d’autres occupations l’après-midi, tel que le couple Muller qui s’occupait également de la pharmacie-herboristerie de la ville. Cela convenait à Aurèle, cette solitude. Il pouvait ainsi se connecter davantage à son Affinité et sentir le murmure et le bruissement de la végétation entre les paumes de ses mains.

    Le jeune homme se dirigea vers l’entrepôt où étaient stockées les semences qui devaient partir dans d’autres Convents. Il revenait parce qu’il avait oublié de mettre les pousses de bambou dans la caisse en partance pour la Chine. Il avait encore été distrait par les Elémentaires. Il faudrait qu’il fasse attention la prochaine fois. Il ne tenait pas à ce que son travail soit dénigré.

    Il s’émerveillait à chaque fois de l’influence de Lenzasen vis-à-vis des autres Convents. Il ne pensait pas avant de venir ici que son importance était aussi grande et aussi essentielle pour tous les Enfants de Gaïa. Mais, en même temps cette importance était inquiétante : il avait appris, en côtoyant les autres Enfants dans le Verger, qu’il y avait de moins en moins de Convents fonctionnels à travers le globe. Et, de moins en moins d’Enfants de Gaïa avec une Affinité fonctionnelle ou une Affinité tout court. Est-ce que cela était lié au changement climatique, la pollution ou l’éloignement de Gaïa ? Ils n’en savaient rien mais ils continuaient quand même car il n’y avait que cela à faire. Aurèle se demandait jusqu’à quand Lenzasen pourrait supporter cette charge aussi considérable avant de s’effondrer. Mais lui aussi apportait sa part. Parce qu’il était un Enfant qui respectait le Pacte.

    Aurèle prit les pousses de bambous et s’assura que tout était en ordre. Il effleura une feuille et sentit que la plante n’était pas très forte. Il mit sa main sur la tige et ferma les yeux. Son esprit plongea au cœur de la plante et il recalibra quelques cellules végétales afin d’apporter un surcroît de résistance à la plante.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    Voilà l’essentiel de leur travail au Verger : semer, faire pousser et s’assurer que les végétaux soient assez forts et résistants à toutes sortes de contraintes. C’était souvent juste un petit coup de pouce qu’ils donnaient mais cela était d’une importance capitale lorsque ces végétaux étaient plantés dans un écosystème perturbé. Et on pouvait dire qu’actuellement le travail ne manquait pas.

    Une fois qu’Aurèle eut tout vérifié et mis les végétaux dans le container, il passa au potager et s’assura qu’aucune plante n’avait besoin de ses soins.

    Puis, il s’octroya une petite pause dans un coin un peu reculé du Verger. Aurèle n’avait pas envie de rentrer trop tôt à la maison. Il appréciait le calme de l’endroit et la présence des Elémentaires. Cela lui permettait de se ressourcer et également d’être plus en paix avec lui-même.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    Un bruissement soudain à ses côtés lui fit tourner la tête. Une jeune femme brune s’était assise sur le banc et tenait un mouchoir devant sa figure et ses épaules tressautaient à chaque sanglot. Elle sentit alors qu’elle n’était pas seule et tourna la tête vers lui. Elle eut un sursaut en voyant Aurèle.

    - Ho pardon ! Je pensais qu’il n’y avait personne.

    - Il n’y a pas de mal. Voulez-vous que je m’en aille ?

    - Heu.. Ho, non, non. Restez. Je suis désolée que vous me voyiez ainsi. Ce n’est pas mon genre d’habitude.

    - Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ?

    Chapitre 11 : Troubles

     

    La jeune femme resta silencieuse un instant tout en le jaugeant du regard. Aurèle put l’observer tout à loisir. De grands yeux noisette, une bouche pulpeuse qui attirait les baisers, un teint mat, des cheveux noir brillant, une silhouette voluptueuse… Mais une expression très triste sur le visage.

    - Non vous ne pouvez rien faire… Mais, j’oublie tout, je ne me suis pas présentée. Je m’appelle Amanda Mayf… Amanda Gotshein.

    - Aurèle Lothario !

    - Ha ! Vous êtes le nouveau membre qui vient d’Italie ! Enchantée !

    Amanda se leva pour lui serrer la main, Aurèle fit de même. Au moment où le bout de leurs doigts se touchèrent, ils ressentirent comme une décharge électrique. Ils sursautèrent tout les deux puis se regardèrent. Il y eut comme une évidence, une sensation de retrouver une partie de soi-même, une complétude. Aurèle et Amanda se rapprochèrent sans vraiment réfléchir et s’enlacèrent. Mais au moment où les lèvres d’Aurèle allaient toucher celles de la jeune femme, celle-ci eut un sursaut et se dégagea.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - Non, non ! On ne peut pas ! …  Je suis mariée !

    En disant cela, Amanda porta la main à sa bouche et se mit à pleurer. Aurèle lui tendit la main mais elle se détourna et se mit à courir en direction de l’entrée du Verger. Elle se retourna un instant vers lui, un dernier regard qui fit chavirer le cœur du jeune homme. Puis elle disparut.

    Il resta là, sans mot dire, laissant le bruit léger des abeilles parvenir jusqu’à lui. Et puis, il se ressaisit et se leva non sans avoir donner un coup de pied rageur dans une motte de terre.

    Chapitre 11 : Troubles

     

    - BORDEL !!! Pourquoi maintenant ? !!!


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  • Coucou à vous !

    J'ai crée la nouvelle rubrique pour parler un peu de tout et rien. Et aussi pour pouvoir discuter quand j'enlève twitter à cause d'un prochain pack de jeu he.

    Alors, oui, je ne m'attendais pas vraiment à cet EP sur les îles tropicales, mais après avoir vu le trailer je suis sous le charme. Et comme j'en avais parlé il y a quelque temps, j'ai déjà le sim tout trouvé pour aller sur cette île, à savoir Ludwig Faust-La Louve. Mais il faut attendre qu'il soit jeune adulte ^^. En attendant, ma simself Agathe ira tester pour moi les nouveautés. 

    Tout me plaît dans ce que j'ai vu : des maisons aux métiers qui ont l'air assez sympathique à faire. J'ai vu qu'il y avait le petit job de pêcheur. Je me demande si c'est reservé à cette map ou si on pourra faire également le job sur d'autres map. Cela serait intéressant mais sinon tant pis, on fera avec.

    Quand aux sirènes, ce n'est pas du tout ma créature préférée mais j'arriverai bien à en faire quelque chose.

    bon, par contre, là où j'ai le plus hâte, c'est le prochain Gamepack, "le royaume de la magie". j'aimerai qu'ils nous montrent au moins une image, pour nous faire saliver et avoir une idée de ce qui nous attend. Mais je ne me fais pas d'illusions, il est encore trop tôt pour avoir des infos là-dessus. 

    Et le kit Moschino ?... Beeeeehhhh, tant que je n'ai rien vu, je n'ai pas d'avis. La carrière me rend curieuse par contre (et ce n'est certainement pas anodin qu'ils aient rajouté une carrière dans un kit intello). Et si elle est bien foutue, je pense que je prendrai le kit rien que pour elle. Car je n'ai jamais assez de carrières pour mes sims^^.

    Bon, et vous, vous en pensez quoi de tout cela ? Venez donc papoter smile


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  • Quelques semaines après – Fin juillet – Maison de la Veuve Becker

    La route avait été longue : ils étaient partis aux aurores de Padoue et arrivaient enfin à Lenzasen en cet fin d’après-midi. Aurèle, qui avait conduit toute la journée, poussa un soupir de soulagement en s’arrêtant devant la maison qui leur était concédée. Ernesto, lui, sortit de la voiture avec un grand sourire émerveillé.

    - Cette verdure ! Tous ces arbres… Quelle splendeur ! Cela va être un vrai bonheur de vivre ici.

    - Papa… Je crois que l’on nous attend…

    En effet, devant la maison se tenaient Macha Goetz et Gunther Kessler. Ils se dirigèrent donc vers eux et se présentèrent. Macha leva un léger sourcil ironique devant Aurèle puis se départit d’un sourire chaleureux en serrant la main d’Ernesto.

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    - Bienvenu à Lenzasen, Messieurs. J’espère que vous vous sentirez bien ici. Ce n’est certes pas votre foyer en Italie, mais je pense qu’avec le temps vous arriverez à apprécier cet endroit.

    - Nous vous remercions déjà d’avoir bien voulu nous accueillir dans votre Convent.

    - C’était tout à fait normal. En ces temps compliqués, les Enfants de Gaïa doivent rester soudés. Et de plus, votre Affinité à tous les deux avec les plantes nous est très précieuse. Viviane sera très contente de vous intégrer à l’équipe qui travaille dans le Verger. Il n’y a jamais assez de bras pour le travail à accomplir. Mais bon… Venez, je vous invite à entrer dans votre nouvelle maison.

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    La maison était simple mais chaleureuse et les deux hommes sentirent tout de suite que c’était un endroit où il ferait bon vivre. Les meubles n’étaient certes pas aussi luxueux que leur ancienne demeure, mais ils étaient robustes et fonctionnels. Et puis, Ernesto aurait bien vite de la place dans la maison car Aurèle avait l’intention d’habiter avec Lucrèce d’ici quelque temps.

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    La visite faite, Ernesto papota un peu avec Gunther. Il le trouva tout de suite sympathique et chaleureux. Comme il était convenu, il lui remit les Archives du Convent de Padoue que lui avait confié Vésuvio. Il se tourna ensuite vers la Grande-Maître qui avait été plutôt mutique depuis leur entrée dans la maison et fit allusion à la Relique et au grimoire. Mais celle-ci l’arrêta net.

    - Je ne souhaite pas en entendre parler. Vous voudrez bien remettre ces… objets à Viviane Fydren. Ils seront plus en sécurité dans sa maison… Bien, nous allons vous laisser vous installer tranquillement. Un repas vous attend dans le réfrigérateur. Demain, Viviane passera vous chercher pour vous emmener au Verger. C’est elle qui verra comment utiliser vos capacités au mieux pour le Convent.

     

     

    Ernesto et Aurèle hochèrent la tête de concert et Macha eut un sourire satisfait. Avoir encore plus d’Enfants dans le Convent n’était pas pour lui déplaire. Et elle avait senti que l'Affinité d'Ernesto était plus importante qu'il n'en laissait paraître. 

    - Bien. Bonne nuit messieurs. A bientôt.

    Gunther leur souhaita aussi bonne nuit puis le père et le fils se retrouvèrent seuls. Ils se regardèrent un instant. Aurèle s’approcha de son père et lui serra tendrement l’épaule.

    - Cela va aller papa ? Tu penses arriver à t’y faire ici ?

    - Il le faudra bien, mon garçon, non ? … Enfin, le plus important, c’est que j’ai ramené les cendres de ta mère avec nous.

    - Que… Quoi ?!!! Mais pourquoi ?

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    - Je n’allais certainement pas les laisser là-bas. Sa tombe aurait sûrement été profanée après notre départ. Et puis, j’ai juré à Maria de reposer auprès d’elle à ma mort.

    Ernesto prit un air buté et Aurèle sut qu’il ne fallait pas insister. Dès qu’il s’agissait de sa femme, Ernesto n’entendait plus raison. Aurèle trouvait cela aussi touchant qu’agaçant. S’il y avait bien eu un couple, dans les Enfants de Gaïa, qui avait été heureux, c’était bien ses parents. Il se souvenait encore dans son enfance, de leurs câlins et de leurs embrassades. Il poussa un léger soupir. Ce n’était certes pas ce genre de sentiments qu’il y avait entre lui et Lucrèce. Du désir, oui. Une légère affection. Mais certainement pas le grand amour. Et il ne le vivrait sûrement jamais. Mais à quoi bon se morfondre ? C’est lui qui avait voulu cela, il devrait en supporter la responsabilité. 

    Ils dînèrent tranquillement puis après s’être souhaité bonne nuit, les deux hommes gagnèrent leur chambre respective. Si Aurèle s’endormit rapidement du fait de sa fatigue, ce ne fut pas le cas d’Ernesto. Celui-ci avait sorti la Relique et le grimoire de sa valise et les avait posés sur la commode de sa chambre, à côté de l'urne de sa femme.  Il les contemplait d’un air soucieux. La dernière conversation qu’il avait eue avec Vésuvio, son Grand-Maître, lui revint en mémoire… 

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    - Faut-il absolument que je les emmène, Vésuvio ? Ne peut-on pas faire autrement ?

    - Nous en avons déjà parlé, Ernesto. Oui, il faut que tu les prennes avec toi. Il est important que Le Convent de Lenzasen les garde…. Mais, dis-moi, mon ami, pourquoi es-tu si mal à l’aise avec ces objets ? Serait-ce à cause de Maria ?

    - En partie… Ce genre d’objets me rappelle qu’elle n’est plus et c’est toujours une grande souffrance pour moi comme tu le sais. Mais il n’y a pas que cela…. J’ai toujours été une personne très terre à terre. L’Affinité que m’a octroyé Gaïa n’y est pas pour rien d’ailleurs. Cultiver, faire pousser les plantes, remuer la terre, tout cela m’enchante totalement…. Mais quand je vois ce grimoire et cette relique, cela me dérange. Ce genre de force me dépasse et je n’y comprends rien. Cela me fait peur aussi...

    - Et pourtant, tu étais uni à Maria, une des Enfants de Gaïa qui était le plus douée dans les Arts Ésotériques.

    - Oui, mais Maria a toujours été discrète sur l’usage de ses pouvoirs… Elle ne les a jamais étalés en ma présence car elle savait que je n’aimais pas cela.

    - Et pourtant, il va te falloir les emmener à Lenzasen. T’en sens-tu capable ou souhaites-tu que je confie cette tâche à Aurèle ?

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    - Non !!! …. Ah ! Je te prie d’excuser ma véhémence. J’ai beau adoré mon fils, je sais combien il peut être nonchalant, même pour les tâches les plus importantes.

    - Tu sais, un peu plus de responsabilités ne lui ferait pas de mal non plus. Je trouve que tu es parfois trop derrière lui. Lâche-lui un peu la bride…

     - Certes, certes… Mais pas sur cela. Je préférerai qu’il ne sache rien de ce savoir-là. C’est tellement facile d’être tenté par l’Obscurité…

    - Hmmm… Il est vrai que nous avons eu quelques sorciers noirs, ici autrefois…

    Vésuvio le regarda d’un air scrutateur et pénétrant. Oui, le nom des Lothario n’avait pas toujours été synonyme de gloire et de puissance, mais aussi de peur et de souffrance. En cela, Ernesto aimerait l’oublier. Il baissa le regard vers le sol.

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    Le silence se fait quelques instants entre les deux vieux amis, chacun perdu dans ses pensées, dans un passé plus sombre mais aussi plus mouvementé qu'actuellement.  Puis finalement, Ernesto relève la tête, une question se bouscule soudain derrière ses lèvres.

    - Vésuvio, une question me vient… Que vas-tu faire, une fois que le Convent sera scellé ?

    - Tu t’inquiètes encore de cela ?

    - Je t’en prie, mon ami. Cela m’importe beaucoup. J’ai du mal à t’imaginer ici tout seul, alors que nous savons tous les deux que les villageois ne nous aiment guère. Je ne supporte pas de partir et de savoir qu’en restant ici, tu risques le bûcher !

    - Ha ! Oui, c’est vrai que c’est une chose qui pourrait arriver. Mais je te rassure tout de suite. Une fois que le Convent sera scellé, j’irai finir mes vieux jours dans un monastère au nord de l’Italie. Je sais déjà qu’ils seront heureux de m’accueillir avec tous mes savoirs. Certes, il faudra que je me conforme à la règle religieuse, mais cela n’est pas un problème en soi. Je peux tout à fait prier Dieu et être un Enfant de Gaïa.

    Ernesto se détendit d’un coup. Savoir son ami à l’abri et entouré lui enlevait un poids des épaules. Il se leva et se permit de l’étreindre amicalement.

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    Le vieil homme revint au moment présent et eut une petite grimace amère. Tout quitter à son âge et recommencer à zéro, c’était un peu dur au niveau du moral. Et puis il se rappela une phrase de sa femme chérie : « Arrête de dire que tu es trop vieux ! Tout est dans la tête mon chéri…. Et puis quand tu seras tout ridé et tout avachi, je t’aimerai quand même. Reste optimiste, Ernesto. Je serai toujours à tes côtés. » Il sourit malgré lui. Il se rappelait encore de sa voix chaude et rauque, de son parfum, de des baisers.

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    Il était tellement amoureux de sa femme. Mais le cancer avait tout ravagé. Et Maria n’avait pu adopter le positivisme qu’elle prônait tant et s'était suicidé , ne pouvant supporter la douleur et la dégradation de son corps. Elle les avait laissés, lui et Aurèle, à leur immense peine.Il reposa son regard sur l’urne qui trônait sur la commode.

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    - Ma chérie, j’aurai vraiment souhaité que tu restes avec nous un peu plus longtemps. J’aurai vraiment besoin de tes conseils et de ta sagesse en ces temps troublés. Enfin, nous ferons avec ce que Gaïa nous donne, comme nous l’avons toujours fait… 

    Il posa tendrement ses doigts sur l’urne comme il le faisait chaque soir. Puis il se déshabilla, se mit en pyjama et se coucha dans son nouveau lit avec un soupir de contentement. La journée avait été longue pour lui aussi.

    Le lendemain, après un réveil tardif mais régénérateur, les deux hommes prirent tranquillement leur petit déjeuner. Et ensuite, ils firent le tour du jardin qu’ils n’avaient pas eu le temps de voir hier soir. Ils sentirent tout de suite que la précédente occupante était une Enfant de Gaïa douée pour la flore.

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    - Hmmm, je crois que cette personne aimait beaucoup les carottes. Il y a encore quelques plants qui restent en terre. On pourrait s’en f

    aire un petit plat, qu’en dis-tu papa ?

    - Pourquoi pas ? Tu es meilleur cuisinier que moi. Dis-moi, ne trouves-tu pas étonnant qu’il y ait autant d’Enfants de Gaïa qui aient le Don de la Flore, ici ?

    - Je… Je ne sais pas. Cela te parait bizarre à toi ?

     - Pas vraiment bizarre mais j’ai l’impression qu’il y a une sorte de convergence ici. D’abord le fait que notre Convent ne soit plus viable et notre arrivée ici à Lenzasen, un lieu qui prend de plus en plus d’importance depuis quelques années…

    - Bah, l’important, c’est qu’on puisse avoir un autre endroit où vivre…

    Ernesto fit la grimace devant la réponse encore une fois, nonchalante, de son fils.

    - Il y a des fois où j’aimerai vraiment que tu réfléchisses un peu plus mon garçon… Je crois qu’on n’aurait jamais dû t’appeler Aurèle...

    - Papa…

    - Hello, hello. Il y a quelqu’un ?

    Ils se tournèrent vers la voix qui venait de se faire entendre. Une femme rousse d’une quarantaine d’années, vêtue d'un veste et d'un pantalon en jean, fit son apparition et leur sourit. C’était évidemment Viviane Fydren qui venait les saluer. Elle leur serra la main à tous les deux et Ernesto apprécia la poignée de main ferme et énergique de Viviane.

    - Alors, êtes-vous bien installés ? Cela ne sent pas trop la poussière ? Nous avons fait le ménage mais pas aussi à fond que nous l’aurions voulu.

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    - Non, non c’est très bien. Nous allons prendre nos marques au fur et à mesure. Enfin, cela sera moi surtout. Puisque Aurèle  ne devrait pas tarder à s’installer avec Lucrèce.

    Viviane tourna son regard vers le jeune homme et le fixa dans les yeux.

    - Je compte sur vous, Aurèle, pour prendre soin de ma petite Lucrèce.

    - « Votre petite Lucrèce ? »

    - Oui, je suis sa marraine.

    Aurèle retint une grimace. Il n’avait point pensé à ce détail : les liens familiaux et amicaux de Lucrèce à Lenzasen. Et, vu comment le regardait Viviane, il n’avait pas vraiment sa sympathie. Mais, elle tourna rapidement son attention vers son père.

    - Bien. Pensez-vous être disponible cet après-midi pour venir voir le Verger ?

    - Oui, bien sûr. J’ai hâte de voir l’endroit où nous allons travailler. Je souhaite être utile à la Communauté de Gaïa.

    - C’est tout à votre honneur… Vous aviez la même occupation à Padoue, j’imagine ?

    - Eh bien… Oui. Enfin, plus pour être autosuffisant finalement que pour aider les territoires voisins… Notre Convent a vu son influence fortement baissée depuis de nombreuses décennies.

    - J’ai cru comprendre cela… Donc aucune aide n’était apportée aux habitants qui n’appartenait pas à votre Convent ?

    Viviane haussa un sourcil perplexe et Ernesto fut quelque peu mal à l’aise quand il dut répondre.

    - Non. La bienveillance dont faisaient preuve les villages alentour à notre égard a très rapidement diminué… Il faut dire aussi qu’il y eut quelques incidents dans notre Convent qui ont terni l’image extérieure…. Je suppose bien évidemment que ce n’est pas le cas ici.

    - Non, en effet. Mais Lenzasen a toujours eu une aura particulière. Tout comme le Convent de Quafzeh d’ailleurs… Bon, je vais vous laisser. Et je vous attends donc cet après-midi au Verger.

    Un dernier sourire, un geste de la main et Viviane était partie. Aurèle et Ernesto se jetèrent un coup d’œil puis reprirent leurs occupations.

    Après leur déjeuner, Ernesto et Aurèle partirent donc voir le Verger de Viviane. Il se trouvait en pleine campagne mais ils n’eurent aucun mal à trouver le chemin car ils sentirent tous les deux l’énergie assez importante des plantes qui les attiraient. C’était une sensation qu’ils n’arrivaient pas à décrire, mais ils savaient reconnaître tout de suite les végétaux qui avaient été touchés ou plantés par un Enfant de Gaïa. Il y avait une vibration particulière. Et du fait de cette particularité, ils sentirent le Verger bien avant d’y arriver.

    Ils arrivèrent bientôt devant une clôture en bois qui longeait la route. Ils étaient arrivés à destination. La première chose qu’ils remarquèrent ce furent les grands arbres qui se tenaient aux deux bouts du terrain. Ils étaient plus « verts », plus « brillants » que les autres arbres et ils avaient une énergie si puissante qu’ils en sentaient le picotement sur le visage. Aurèle pressa son père à l’épaule .

    - Papa. Ces arbres…

    - Oui, j’ai vu et senti… On dirait qu'il y a un Elémentaire...

    - Des Elémentaires ? Mais c’est très rare !

    - Je le sais bien… Allez, viens. Nous en saurons plus en y entrant.

    Dès qu’ils eurent franchis le portail du Verger, Aurèle et Ernesto furent accueillis par Viviane, qui les attendait. Elle leur sourit avec bienveillance.

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    - Bienvenue au Verger de Lenzasen. Si cela ne te fait rien, Aurèle, tu vas directement commencer à travailler avec Helen Bergshein qui œuvre aussi ici. Elle va te faire voir les semences à récolter ainsi que ce qu’il y a à entretenir. Quand à moi, je me charge de ton père.

    Aurèle eut un sourire un peu crispé sur cet accueil un peu cavalier mais ne dit rien et suivit donc la femme blonde, typée scandinave, au visage un peu triste qui lui montra un côté de potager. Quant à Viviane, elle entraîna Ernesto un peu plus loin à l’intérieur du verger, près d’un alignement d’arbres. Il remarqua alors les ruches à leur base.

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    - Vous avez également des abeilles !

    - Oui. Nous ne pouvons guère travailler sans elle. Elles nous assurent la pollinisation de la plupart de nos plantes. Lucrèce m’est d’une grande aide pour maintenir les ruches en bonne santé.

    - Lucrèce ?... Ha oui, elle a l’Affinité avec les animaux. Mais… Les Abeilles ?... C’est quand même assez rare.

    - Oui. Mais Lucrèce est une Enfant prometteuse. La plupart des Enfants qui ont l’Affinité avec la faune ne vont pas sentir les insectes. Lucrèce, si. Comme son père…. Vous avez une belle-fille qui a un grand pouvoir.

    - Hmmmm. J’avoue qu’en contrepartie, mon fils n’est pas aussi doué.

    - Chacun a ses limites, Ernesto. Et Gaïa ne donne que ce qui peut être supporté. Venez, je vais vous montrer quelque chose.

    Viviane l’entraîna vers un coin du muret là où se tenait l’arbre gigantesque qu’il avait vu en arrivant.

    - Touchez le tronc s’il vous plait, Ernesto.

    Le vieil homme s’exécuta et posa sa main sur l’écorce. Aussitôt un doux murmure et une sensation de fraîcheur l’envahit. Il retira sa main et eut un regard interrogateur vers Viviane. Elle eut un petit rire.

    - Devinez-donc ce que c’est...

    - Je... Un élémentaire ? Un Élémentaire de la Flore ?

    - Oui. Et pas seulement un. Mais également trois autres. Ils protègent le Verger.

    Viviane se retourna et pointa le doigt sur chaque arbre-gardien qui se tenaient à chaque coin du terrain. Ernesto eut un sifflement admiratif.

    - 4 Élémentaires dans un même lieu, vous avez vraiment fait fort. Je ne sais pas comment vous y êtes parvenus.

    - Avec de la patience et des personnes exceptionnelles. Ces Élémentaires sont là depuis très longtemps. Je pense qu’on les a fait venir au tout début de la Renaissance, mais les Archives ne sont pas très claires là-dessus.

    Ernesto regarda le Verger et Viviane avec un respect renouvelé ainsi qu’un peu de crainte. Tout cela était bien au-dessus de ce qu’il pouvait faire et de ce qu’il pouvait imaginer.

    - Et vous arrivez à leur parler ?

    - Parfois. Pas toujours. Je suis douée dans mon Affinité, mais ceci est un cran au-dessus. L’important est de savoir qu’ils sont là et qu’ils protègent le Verger.

    - Hmmm, que de choses exceptionnelles ici, j'en suis impressionné… Au fait, j’ai 2 choses à vous remettre. Votre Grande-Maître, Macha Goetz, a du vous en parler, non ?

    Viviane regarda Ernesto en fronçant les sourcils avec une expression plus sombre mais opina de la tête.

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    - Oui. Macha m’en a parlé en effet. Pour tout vous avouer, je ne suis pas très contente d’avoir ces « objets » en ma possession. Ce n’est pas ma tasse de thé non plus les savoirs ésotériques.

    - Je ne comprends pas… Pourquoi devez-vous les garder alors ?

    - Ha ! C’est compliqué… Parce que je descends d’une lignée très ancienne. Et cette lignée a engendré des « sorcières » dans le sens que les humains l’entendent. Donc, même si je suis réticente à tous ces savoirs, j’ai quand même quelques expériences là-dessus. Et puis ma maison a toujours été protégé contre des attaques autant physiques que « mentales ». C’est donc l’endroit idéal pour garder ces objets. Enfin… Ces objets sont chez vous ?

    - Non, ils sont dans le sac que j’ai apporté avec moi.

    - Bien. Je les prendrai avec moi tout à l’heure. Bon, je vais vous présenter à Helen Bergshein, la femme avec qui j’ai laissé votre fils. Elle saura vous épauler pour vos débuts ici.

    Viviane l’emmena donc dans le coin potager et le laissa aux bons soins d’Helen, qui sourit gentiment à Ernesto. Il se sentit tout de suite à l’aise avec elle et il apprit bien vite ce qu’il y avait à faire. Il se sentait tout à fait dans son élément, et il découvrit avec étonnement, que même en si peu de temps, il était mieux qu’à Padoue. Il est vrai que la ville de Lenzasen avait plus de moyens que leur pauvre Convent moribond. Et, tout en passant son après-midi à trier des graines de plantes potagères pour d’autres Convents, il papota avec Helen. Il apprit qu’elle était arrivée ici depuis une vingtaine d’années, lors de son mariage avec Piotr. Ils venaient tous les deux de Hongrie, un Convent scellé, lui aussi. Et, derrière le sourire placide d’Helen, il apprit également qu’un grand drame avait bouleversé sa vie, à savoir le décès de son fils aîné, celui qui aurait dû épouser Lucrèce. Mais il vit dans ses yeux qu’elle refusait toute compassion. Son respect pour elle n’en fut que plus fort. 

    Chapitre 10 : Installations

     

    Il fit également la connaissance de Dora et Joseph Muller qui participaient eux aussi aux bons soins du Verger. Dora lui proposa même la tisane qu’elle avait préparé et il fut agréablement surpris par le goût ainsi que par le souvenir qui se révéla à lui. La tisane avait l’odeur de celles que prenaient Maria avant de se coucher.

    Et puis, il fut temps de rentrer. Le sourire d’Aurèle le réchauffa. Il avait l’air à sa place ici et il avait même l’air content du travail qu’il venait d’effectuer. Finalement, malgré ses réticences, c’était une bonne chose leur départ de Padoue.

     

    Domaine Fydren – le soir

    De retour dans sa maison, Viviane poussa un soupir et posa son sac sur la table basse et le fixa du regard. Elle avait senti le poids des objets, leurs présences et leurs auras pendant tout le trajet qu’elle avait fait jusqu’à chez elle. Et elle n’aimait pas ça.

    Elle les sortit doucement du sac. La Relique. Le Grimoire.

    Viviane ouvrit en premier le livre et fit la grimace. Des mots lui sautèrent aux yeux : Vampires. Sortilèges. Ombre. Malédiction. Elle sut tout de suite que ce livre n’avait pas sa place dans cette maison. C’était risqué de le laisser ici. Elle savait que ses deux filles, Siobhan et Morwenna, étaient sensibles à ces savoirs ésotériques. Ce n’était donc pas la peine de tenter le diable. Viviane décida d’emmener le grimoire au Domaine Lormont. De toute façon, plus personne ne connaissait l’endroit, ni ne savait ce qu’il y avait dans cette vallée encaissée. Elle reposa le livre puis prit la relique entre les mains.

    - Eh bien ! Tu as l’air de venir de loin, toi…. Je me demande quelle est ton histoire…

    Viviane l’observa plus attentivement et s’aperçut alors que la relique n’était pas complète. Il manquait un élément.

    - C’et bizarre… Pourquoi garder cette relique si elle n’est pas entière ? Et où est l’autre morceau ?... Bon, j’en parlerai à Ernesto. Peut-être pourra t’il me dire pourquoi elle est ainsi. Bon, en tout cas, tu vas aller dans ma bibliothèque en attendant. Tu y seras à l’abri.

    La bibliothèque de Viviane se trouvait au sous-sol de la maison et elle seule y avait accès. C’était l’endroit où elle entreposait ce qui lui avait été légué par ses ancêtres. Et certains objets remontaient à très loin dans le temps. Un livre d’Heures de l’époque médiévale était même supposé avoir appartenu à Loreilei, leur ancêtre. Même si Viviane avait  de gros doutes sur ce point.  Elle posa la relique sur une étagère. Au moment où elle s'avançait vers l'escalier elle cru voir du coin de l’œil une silhouette d’un homme, mais quand elle se retourna franchement, il n’ y avait rien.

    Chapitre 10 : Installations

    Elle resta un instant sur le qui-vive puis secoua la tête et referma la porte à clé.

    Dans les ténèbres de la bibliothèque un son tenu et rauque se fit entendre :

    - Gaïa…

    Chapitre 10 : Installations

     

     

    ****************************************

     

    Sinon, j'ai pris le parti de ne pas tout montrer en image, parce que certaines scènes ne sont pas possibles à jouer avec des sims et, aussi parce qu'ils m'ont énervé à d'autres moments :mrgreen: . On en parle des cos(tumes qui ne sont pas raccord ? Ou de l'envie subite de s'asseoir alors que je ne l'ai pas demandé ? Bref...
    J'espère que ce chapitre vous plaira quand même. A bientôt pour un nouveau chapitre :kissing_heart:

    (ah aussi : par rapport au forum sim, ll y a une phrase que j'ai modifié. Cela ne porte pas à conséquence, mais cela vous donne une explication supplémentaire sur les personnage). 

     


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  • Samedi soir – Maison d’Hendrick et Amanda

     Chapitre 9 : Des courants contraires

     Au pas lourd qu’Hendrik fit peser sur le plancher en rentrant dans la maison, Amanda sut qu’il était contrarié. La jeune femme brune poussa un soupir. Cela allait sûrement lui retomber dessus. Comme tous ces derniers jours. Elle finit quand même de mettre la table et se retourna avec un sourire forcé quand son mari entra dans la pièce.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     - Bonsoir Hendrick. La journée s’est bien passée ?

     

    Il la toisa un instant, silencieux, le regard noir puis il posa sa sacoche sur un fauteuil. Il vint lentement jusqu’à elle, la mine de plus en plus revêche. Amanda se tordit les mains, nerveuses. Finalement, il s’arrêta devant elle et eut un bref ricanement sec.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    - Tu allais me le dire quand ?

    - Heu… Te dire quoi ?

    - Ne fais pas l’innocente ! Ta fonction auprès de Gunther !

    - Ho ! …. Cela a donc été accepté ?

    - Bien sûr que cela a été accepté !!! Je suis passé pour le dernier des imbéciles en ne sachant pas ce qui se passe dans ma propre maison…

    - Mais… Je … Je ne pensais pas du tout que cela se ferait… J’en avais juste parlé comme cela avec Gunther…

    - Et cela fait combien de temps d’ailleurs que tu le fréquentes ainsi, Gunther ?

    - … Depuis deux ou trois mois. Je m’ennuie un peu maintenant que Moïra est moins dépendante de moi et qu’elle marche. Je lui avais juste proposé de l’aider à trier ses papiers..

    - Et cette histoire de courants telluriques ?

    - J’en suis la première étonnée, Hendrick ! Crois-moi ! … Mais c’est fascinant de sentir l’énergie  circuler ainsi en dessous de la ville.

    - Et donc, tu es finalement plus puissante que tu ne me l’as dit ? De quoi m’as-tu menti encore ?

    - Mais non ! Sentir les courants n’a rien à voir avec mon pouvoir. Ce n’est pas la même chose. Je suis toujours au même point avec mon « pouvoir », mon  Affinité de Séduction…

    - Ouais, ouais… Et ce fils, quand est-ce que nous allons le faire ?

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     Amanda se figea et devint pâle. Elle eut un sourire hésitant.

     

    - Je… Pas maintenant, Hendrick. Je suis dans ma période…

    - Il y a toujours quelque chose qui ne va pas… Là, c’est tes règles, la dernière fois c’était la migraine. Je vais finir par perdre patience, Amanda.

     

    Il se rapprocha d’elle et lui prit le menton d’un geste brusque, la fixant dans les yeux. Elle déglutit nerveusement.

     

    - Moïra a maintenant un an et demi. Il est temps de mettre en route notre héritier !

    - Mais, et Moïra, cela ne peut pas être ton héritière ?

    - Non ! Les filles ne comptent pas…. La prochaine fois, je n’accepterai pas de refus de ta part, tu as compris ?

    Sa main était descendue contre son bras et le serrait fortement, très fortement. Amanda grimaça sous la douleur. Ses yeux dérivèrent soudain vers la porte et elle vit que Moïra se tenait là et les regardait fixement. Depuis combien de temps se tenait-elle là ? Et qu’avait-elle entendu ? … Et compris ?

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

      - Ho Moïra ! Ma chérie. Tu as besoin de quelque chose ?

    - Papa fâché ?

     

     La toute petite fille avait parlé d’une voix tremblante et craintive et regardait son père d’un air apeuré. Amanda se dégagea des bras d’Hendrick et vint prendre Moïra dans ses bras. 

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     - Mais non ma chérie. Papa parlait juste un peu fort.

    - Hmmfff !

     

    Hendrick renifla dédaigneusement puis prit sa sacoche et sortit de la pièce non sans un dernier regard froid vers sa femme. Elle savait que la conversation n'était pas terminée et qu'ils la reprendraient bientôt. Elle reposa son regard sur sa fille et sourit doucement. Leur union lui avait quand même apporté un point satisfaisant : la naissance de Moïra.

     

    - Tu as faim ma chérie ?

    - Oui !!!

     

    Amanda porta sa fille dans la chaise haute puis lui donna à manger.

     Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    Elle s'assit à côté d'elle et laissa son regard dériver dans la pièce. Cela faisait deux ans et demi qu'elle était arrivée ici maintenant, mais cela était encore bien difficile pour elle. Le choc entre la culture américaine et la culture française avait été rude. Elle n'avait que peu d'amis ici, à part Gunther Kessler et Helen Bergshein. Mais il faut dire que c'était également un choix de sa part. Elle ne souhaitait pas qu'on la connaisse trop intimement. Derrière son apparence fade et lisse, le feu couvait encore.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    La jeune femme secoua la tête pour chasser les pensées qui menaçaient de l'envahir et se tourna vers Moïra qui était en train de se laver les mains dans la purée.

     

    - Holà, holà petite coquine ! On va arrêter là, je crois !

     

    Elle eut un petit rire et sortit sa fille de la chaise haute. Il était temps de la mettre au lit. Amanda la prit dans ses bras et monta à l'étage. Une fois lavée, déshabillée et mise en pyjama, la petite fille fit un gros câlin à sa maman.

     

     Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    - Que veux-tu que je te raconte comme histoire ce soir, ma puce ?

    - D'agon, D'agon !!

    - Encore ? Mais nous l'avons déjà lu hier !

    - Si, si ! En'ore, En'ore !

     

    Amanda haussa les épaules et sourît. La fascination de sa fille pour les histoires de dragons et de dinosaures l'amusait. Elle prit sa place sur le petit lit bleu et commença à lire l'histoire. Cinq minutes plus tard, sa fille dormait à poings fermés. Amanda resta un instant à regarder son visage paisible et innocent, vierge de tout tracas.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     

    Elle espérait que la vie lui épargnerait bien des chagrins et qu'elle aurait son lot de bonheur. Elle poussa un soupir puis se leva  et regagna sa chambre. Elle savait qu'Hendrick était dans son bureau et qu'il en aurait sûrement pour longtemps avant qu'il la rejoigne. C'était toujours du temps de gagné. Elle entreprit de se déshabiller puis une fois devant sa coiffeuse et démaquillée, elle plongea son regard dans le reflet de son visage nu.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    Ce n'était pas l'avenir qu'elle avait espéré étant plus jeune, cela en était même bien loin. Elle n'avait pas rencontré le grand amour tant espéré. Et son rôle influent dans la communauté de la Nouvelle-Orléans n'existerait jamais. Elle ne serait jamais une Matriarche.  A cette dernière pensée elle eut envie d'appeler sa mère. Elle regarda sa montre. Il devait être le matin outre-Atlantique. Sa mère décrocha à la troisième sonnerie.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     
     - Bonjour ma fille. Ou plutôt, bonsoir.

    - Bonjour maman. Comment vas-tu ?

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

      

    - Très bien, très bien. Comme d'habitude. La petite Moïra se développe bien ?

    - Ho oui, il n'y a pas de soucis. C'est une enfant enjouée et facile.

    - Tant mieux.... Son affinité a t-elle été découverte ?

    - Pas encore.... La cérémonie aura lieu dans 3 ou 4 ans.

    - Si tard ! .... Bon, il est vrai qu'ils ne font pas pareil que nous, c'est ainsi. Mais et toi, n'as-tu rien senti, rien décelé en elle ?

    - Je... Je ne suis pas sûre.. Mais je la sens parfois réceptive à l'eau ... Et aux élémentaires....

    - Aïe ! J'espère qu'elle ne sera pas comme toi alors...

    - Maman... Quand est-ce que ma punition sera levée et pourrais-je revenir à la Nouvelle-Orléans ?

    - ... Tu n'as pas encore compris, Amanda ? Tu vas devoir rester à Lenzasen toute ta vie.

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    - Mais.... mais c'est injuste !

    - Injuste ?!!! Et ce que tu as fait alors ? Tu en savais les conséquences et tu as préféré quand même agir, rien que pour tester les limites de ton pouvoir… Rappelles-toi ce qui est arrivé à Tom...

    - Mais je ne l'avais pas fait exprès...

    - Avec le pouvoir qui était le tien, tu avais une responsabilité importante mais tu n'as pas décidé d'en tenir compte. La punition a été à la hauteur de ta faute.

    - Maman... Je ... Je ne m'entends pas avec Hendrick... Il n'est pas agréable avec moi.

    Chapitre 9 : Des courants contraires

      

    - Ce n'est pas mon  problème ! Tu es une Mayfair, Amanda. Tu devrais savoir manœuvrer les hommes... Et puis, sinon, prends un amant, cela te fera du bien.

    - Je ne suis pas comme toi !

    - Eh bien tu as tort. Laisses-toi donc gouverner par ce petit roquet, alors. Mais ne viens pas pleurer dans mes jupons.

    - Et mon pouvoir ? Est-ce que je vais le récupérer un jour ?

    - Non. Ou alors pas avant longtemps. Lorsque tu auras acquis un peu de sagesse. Ce que je t'ai laissé te suffit amplement là où tu es. Je n'ai pas envie que tu provoques un autre désastre. Surtout à Lenzasen.

    - Maman...

    - Amanda, ce n'est pas comme si nous n'avions pas eu cette conversation de multiples fois. Tu dois accepter ce qui t'as été échu. C'est ainsi.

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    - Mais... Et les Matriarches ?

    - Quoi les Matriarches ?

    - Qui va te succéder ? Je suis ta seule fille... Tu laisseras le Convent de la Nouvelle-Orléans sans Mayfair à sa tête ?

    -... Rien n'est éternel ma fille. .. Et puis, je suis encore en âge de procréer... Mais non. C'est Laurier, ta tante qui aura des enfants pour assurer la lignée. Il faut que tu te mettes en tête que tu n'appartiens plus aux Matriarches Mayfair. Ta vie est à Lenzasen, auprès de ta fille et de ton mari. Ou de quelqu'un d'autre si vraiment tu le trouves trop insupportable. Essaies d'avoir un peu d'imagination. Tu pourrais être très influente là où tu es.

    - Je n'ai plus de pouvoirs maman ! Comment veux-tu que je sois influente ?

    - Il n'y a pas que le Don de Gaïa ! Regarde donc les humains normaux. Ils n'ont pas de pouvoirs, eux, mais certains arrivent très bien à avoir plus ascendant sur les autres. Réfléchis donc ! Sur ce, je te laisse, j'ai à faire. Bonne soirée ma fille.

     

    Et Andromaque Mayfair raccrocha. Amanda resta un instant immobile le téléphone dans la main, en ayant brusquement une forte envie de le balancer contre le mur. La conversation avec sa mère se finissait toujours ainsi. Frustrante et énervante. Elle aurait aimé que sa mère soit plus compréhensive et plus douce mais il ne fallait pas trop en demander à Andromaque Mayfair.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

      

    Amanda se leva de la coiffeuse et alla se coucher. Demain serait une autre journée. Peut-être serait-elle un peu plus satisfaisante.

     

    Lundi matin - Bibliothèque municipale de Lenzasen

     

    Une fois Hendrick parti à son cabinet médical, Amanda emmena Moïra à la garderie où travaillait Helen Bergshein à mi-temps, ainsi que les sœurs Engelfrau, Sarah et Capucine. Amanda les appréciaient beaucoup toutes les trois, même si elle avait plus d'affinités avec Helen. Elles étaient toujours douces avec les enfants et Moïra avait l'air d'apprécier le lieu.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    Quelques mots aimables, une dernière caresse à sa fille et Amanda se rendit à la bibliothèque où l'attendait Gunther.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

      

    Celui-ci lui indiqua de monter à l’étage, dans la salle où se tenaient les réunions du Convent. Le regard d’Amanda se tourna tout de suite vers la statue de Gaïa.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    Elle eut une brève prière puis reporta son attention vers Gunther. Celui-ci lui sourit gentiment.

     

    - Je suppose qu’Hendrick t’as fait part de la décision du Convention sur le fait que tu sois mon assistante ?

    - Heu… oui. Enfin, on ne peut pas dire qu’il était très content de cette décision…

     

    Gunther fronça les sourcils puis posa doucement sa main sur le bras d’Amanda.

     

    - Amanda… Si vraiment cela doit te poser problème avec Hendrick, je peux me débrouiller seul. Je ne voudrais pas causer le moindre problème dans la relation avec ton mari.

     

    Pour toute réponse, Amanda eut un rire sec. Elle leva le menton et posa un regard déterminé dans celui du vieil homme.

     

    - Non, Gunther, ça va aller. Je veux t’aider, je veux être utile ici… Pour tout te dire, je m’ennuie chez moi. J’aime beaucoup ma toute petite fille, mais je n’ai pas assez de stimulations dans la journée. J’aurai pu seconder Hendrick dans sa paperasse administrative, mais il ne souhaite pas que je l’aide là-dessus. C’est un peu frustrant de ne rien avoir à faire…

    - Bien, bien… Alors, cela me va. Et ne t’inquiète pas, tu vas en avoir du travail par ici… Prends un siège, on va commencer par un peu d’histoire.

     

    Amanda prit donc place à côté de Gunther et attendit sagement que celui-ci se remette à parler.

     

    - Que sais-tu sur l’origine des Convents, Amanda ?

    - Heu…. Ils sont très vieux ?

    - Ha, ha. Oui, en effet…. Le tout premier Convent a été instauré en Afrique, à Quazdeh plus exactement. Là où se serait tenu le Pacte, il y a de cela très, très longtemps… D’ailleurs, celle qui préside le Convent, on l’appelle « Mater ». Et non pas Grande-Maître.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

    A l’origine, les Convents servaient juste de lieu de ressourcement pour les Enfants de Gaïa. Un endroit pour reprendre des forces et faire une pause après avoir parcouru la Terre. C’est pour cela qu’on trouve les courants telluriques en dessous des Convents… Tout allait bien au début, et puis, au fur et à mesure que la population humaine s’est agrandie, les Convents se sont de plus en plus structurés. Au début, les gens « normaux » utilisaient les services des Enfants de Gaïa et écoutaient leurs conseils, leurs avis pour utiliser au mieux les ressources environnementales. Et puis, lorsque les religions monothéistes se sont bien implantées, le regard des personnes à notre égard a changé. Il est devenu hostile et haineux petit à petit…. On nous a appelé « sorciers, sorcières »….  Les Enfants de Gaïa ont dû se protéger. C’est ainsi que les Convents sont devenus des refuges et des abris pour notre communauté. Et, au lieu d’interagir avec la population alentour, nous nous en sommes coupés. C’est une erreur que je déplore profondément.  Notre rôle n’est pas de nous tenir à l’écart mais bien de partager notre savoir et nos dons avec toute l’humanité… Enfin, nous ne pouvons guère changer le passé…

    - Mais… à Lenzasen, pourtant, vous êtes mêlés à une population sans affinité, normale. Cela m’a d’ailleurs étonnée quand je suis arrivée ici. Ce n’est pas le « ghetto » que je m’attendais à voir..

     

    Gunther, au mot ghetto, tiqua  et sa figure s’assombrit un peu. Mais il retrouva bientôt le sourire.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    - Ah, Lenzasen… C’est un cas particulier en effet. Notre petite ville est très ancienne. C’est l’ancêtre de Viviane Fydren qui a fondé la ville en tant que telle, dans la période du Haut Moyen-âge. Mais avant cela, cet endroit était déjà un carrefour d’échanges importants… Mmmh… Viens, lèves-toi, je vais te faire faire un petit exercice.

     

    Amanda suivit Gunther jusqu’à la statue de Gaïa. Le vieil homme lui demanda de s’asseoir sur le petit tabouret qui se tenait devant la statue. Amanda obtempéra puis leva son visage vers Gunther avec une mine interrogative.

     

    - Bien… Je vais te demander de fermer les yeux de chercher les courants telluriques. Tu me diras ensuite ce que tu as vu.

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     

    Amanda ferma les yeux et se concentra. Son esprit dériva un instant puis elle sentit le léger picotement du courant énergétique. Elle plongea son esprit dans la terre et trouva le flot qui circulait sous Lenzasen.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

    Cette fois-ci, elle décida de suivre le courant et de voir jusqu’où il l’emmènerait. Son chemin s’arrêta bien vite et elle eut une exclamation de surprise : un gros nœud énergétique se trouvait à quelques mètres sous la ville et brillait puissamment. Cela suffit à la déconcentrer et elle rouvrit les yeux. Gunther hocha la tête d’un air entendu.

     

    - Ce… Ce nœud est là depuis quand ?

    - Je pense depuis toujours… Mais il n’était pas aussi puissant que maintenant. Je le sentais à peine quand je suis arrivé ici il y a une trentaine d’années.  Mais avec tous les Convents qui se ferment actuellement, les courants qui circulaient dessous se dispersent et la majorité de l’énergie tellurique revient par ici…. Pour tout t’avouer, je n’arrive pas à comprendre pourquoi elle revient ici spécifiquement. La seule pensée qui me vient à l’esprit, c’est que Lenzasen était un endroit spécial pour Gaïa… Elle a du venir ici souvent dans le passé et l’endroit en a gardé la mémoire… Jusqu’où peux-tu suivre les courants, Amanda ?

    - Ho… Un peu plus loin que la ville de Lenzasen, dans les plaines. Mais ma vision s’arrête là. Je sens un léger picotement, je sais qu’ils vont plus loin mais je ne peux les suivre.

    - Ce n’est déjà pas si mal. Peu d’Enfants arrivent à voir tout cela. C’est étonnant d’ailleurs que tu arrives à sentir si fortement les courants telluriques et que ton affinité, à contrario, soit si restreinte… Mais bon, il y a tellement eu d’autres bizarreries dans les Affinités que plus rien ne m’étonne…

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     

    Amanda eut un léger sourire gêné mais ne répondit pas. Elle ne pouvait quand même pas lui dire que son pouvoir avait été en grand partie étouffé par sa mère. Non, personne ne devait savoir. Elle se releva et fit quelques pas dans la pièce. Elle survola du regard les ouvrages qui étaient rangés, le fauteuil de la Grande-Maître puis revint sur Gunther.

     

    - En quoi vais-je t’aider exactement, Gunther ?

    - Hmmm… Le travail que je vais te demander d’effectuer en premier lieu sera de trier les archives des anciens convents, scellés depuis très longtemps. Je ne m’en suis jamais occupé jusqu’à présent, mais il serait quand même temps de s’y mettre. Je souhaiterai que tu tries tous les papiers par ordre chronologiques et que tu regardes s’il y a des choses qui sortent de l’ordinaire.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     

    - Tu cherches quelque chose de précis ?

    - Pas vraiment… Enfin,.. plus ou moins. Mais je ne t’en parlerai pas car je ne veux pas t’influencer dans ce que tu liras. Bon, on va en rester là pour aujourd’hui. On se retrouve demain matin à la même heure ici ?

     

    Amanda hocha la tête. Cela lui convenait très bien. Elle dit au revoir à Gunther puis sortit de la bibliothèque et flâna quelques instants au bord du canal. Un léger sourire s’étirait au coin de ses lèvres. Malgré ses études avortées en Histoire à cause de sa « faute », elle revenait quand même dans son domaine de prédilection. Savoir qu’elle allait remuer des vieux papiers poussiéreux l’enchantait déjà.

    Chapitre 9 : Des courants contraires

    La jeune femme repartit chez elle en sifflotant gaiement, le poids de ses soucis allégés pour un temps.

     

     

    *******************************

     

    La maison d'Hendrick et d'Amanda est de Fonsine. Vous pouvez la trouver sur la galerie sous le nom "Victorian Elegance". 

     

    Voilà, je vous ai posté tout ce que j'avais écrit jusqu'à présent. Il me faut maintenant continuer à écrire le reste. On se dit donc à l'année prochaine ;)

     

    Petit cadeau : je vous partage les soeurs Engelfrau sur la galerie. Vous pouvez les trouver sous mon ID Origin : Agathe2013.

     

    Chapitre 9 : Des courants contraires

     

     

    J'espère que ce chapitre vous aura plu. N'hésitez pas à commenter ou à aimer, cela fait toujours plaisir d'avoir un retour !

     

    A bientôt. 

     

     


    8 commentaires
  • (ce message ne s'adresse pas à ceux qui commentent régulièrement wink2)

    Oui, à toi qui viens par ici, et qui je sais lis ce qu'il y a sur mon blog.

    Qu'en penses-tu ? Est-ce que cela te plaît ? Est-ce que je dois continuer mes histoires ?

    Je l'avoue, je suis un peu dépitée par cette non-réaction de ta part...

    Oui, car je me nourris également de tes commentaires ou de tes "j'aime" sur twitter... J'aimerai que tu participes un peu plus.

    Bien sûr, je ne te demande pas de commenter dans la minute qui suit la diffusion de mon post ni tout le temps... Mais de temps, une appréciation, même une critique fait toujours  plaisir. Cela prouve que mon "travail" ne sert pas à rien. Et ce que j'écris plait..

    Et, tiens, parce que je suis gentille, je te mets 3 autres adresses de blog de copines, qui je trouve n'ont pas non plus beaucoup de commentaires par rapport au travail fourni :

    Eulaline : http://eulalinelami.eklablog.com/

    Lamé : http://les-ames-immortelles.eklablog.com/

    Ggo : https://ggof19.blogspot.com/

    Le travail de création a besoin de reconnaissance, d'un retour, sinon à quoi bon ? Je n'écris pas que pour moi.... Sinon, j'aurai écrit dans un journal intime..

    Alors,

    Je te dis à très bientôt ? oops


    11 commentaires